Gagner la finale de la Coupe Davis, ce week-end à Paris contre la France, permettrait de clore en beauté la carrière du meilleur joueur russe de l’histoire, Yevgeny Kafelnikov, et par là même une décennie marquée par l’explosion du tennis en Russie. Kafelnikov, 28 ans, a déclaré que le Saladier d’argent constituait pour lui le plus beau des trophées et a annoncé qu’il mettrait un terme à sa carrière, riche notamment de deux titres du grand chelem (Roland-Garros en 1996 et les Internationaux d’Australie en 1999) s’il parvenait à l’emporter. Jusque-là, son plus beau titre constitue la médaille d’or aux Jeux olympiques de Sydney car il l’a remportée « au nom de la Russie », assure-t-il. Premier Russe à gagner un tournoi du grand chelem, « Kafel » est passé professionnel en 1992 et, durant dix ans, a tiré vers le haut le tennis national, remportant 26 titres et devenant le premier Russe à dominer le classement ATP (1999). À deux reprises, il a déjà permis à la Russie d’atteindre la finale de la Coupe Davis, mais s’est incliné à chaque fois, face à la Suède en 1994 et aux États-Unis en 1995. Amusement pour capitalistes À l’époque de l’URSS, le tennis était considéré par le Parti communiste comme « un amusement pour capitalistes ». Et les rares succès des joueurs soviétiques, y compris la victoire d’Andreï Chesnokov à Monte-Carlo en 1990, ne recevaient aucun écho particulier dans un pays où chaque victoire de la sélection de hockey sur glace était au contraire fêtée comme une victoire du régime. Mais suite à l’effondrement de l’URSS et sous l’impulsion du président Boris Eltsine, véritable passionné de ce sport et qui sera présent ce week-end à Paris, le tennis est très vite devenu extrêmement populaire parmi l’élite économique et politique du pays. Preuve de l’engouement de la Russie pour le tennis, la dotation de la Coupe du Kremlin, premier tournoi ATP du pays, est passée de 330 000 dollars pour sa première édition en 1990 à 2,24 millions de dollars (environ autant d’euros) en 2002. Entre-temps, le tournoi est également entré au calendrier de la WTA (circuit féminin, ndlr). Saint-Pétersbourg accueille aussi un tournoi ATP doté de 1 million de dollars. Parallèlement, la Russie a connu ces dix dernières années une éclosion de joueurs et de joueuses de premier plan. Chez les hommes, outre Kafelnikov, il y a surtout Marat Safin qui, à 22 ans, a déjà remporté 11 titres dont l’US Open 2000. Mikhaïl Youzhny, 20 ans, pointe également le bout de sa raquette et fait partie de l’équipe de Coupe Davis après sa première victoire ATP cette saison à Stuttgart. Entraîneur d’Eltsine Les joueuses russes ne sont pas montées aussi haut au classement WTA que leurs compatriotes à l’ATP, mais elles sont mieux représentées en nombre. Elena Dementieva, médaillée d’argent aux JO de Sydney, Tatiana Panova, Anastasia Myskina et Nadia Petrova font honneur aux couleurs russes. Sans oublier évidemment Anna Kournikova qui, même si elle se fait désormais plus remarquer par son physique de vedette que par ses victoires, a été la première Russe à atteindre le Top 10 de la WTA (8e en 2000). Ce succès, le tennis russe le doit en grande partie à Shamil Tarpishev, président de la fédération (RFT) depuis 1991, capitaine de l’équipe de Coupe Davis depuis 1997 et ancien entraîneur personnel de Boris Eltsine, dont il a été le conseiller sportif de 1993 à 1997. Tarpishev, qui a été capitaine de l’équipe soviétique demi-finaliste de la Coupe Davis en 1974 et 1976, a beaucoup fait pour son sport notamment en mettant en place une filière qui permet de détecter les jeunes talents et de les mener au plus haut niveau.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Gagner la finale de la Coupe Davis, ce week-end à Paris contre la France, permettrait de clore en beauté la carrière du meilleur joueur russe de l’histoire, Yevgeny Kafelnikov, et par là même une décennie marquée par l’explosion du tennis en Russie. Kafelnikov, 28 ans, a déclaré que le Saladier d’argent constituait pour lui le plus beau des trophées et a annoncé qu’il mettrait un terme à sa carrière, riche notamment de deux titres du grand chelem (Roland-Garros en 1996 et les Internationaux d’Australie en 1999) s’il parvenait à l’emporter. Jusque-là, son plus beau titre constitue la médaille d’or aux Jeux olympiques de Sydney car il l’a remportée « au nom de la Russie », assure-t-il. Premier Russe à gagner un tournoi du grand chelem, « Kafel » est passé professionnel en 1992 et, durant dix ans, a...