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Le marin anglais le plus célèbre depuis Nelson

Depuis l’amiral Nelson, jamais la marine anglaise n’avait eu un marin aussi dominateur, qui plus est pacifique, que la jeune Ellen MacArthur. En s’imposant dans la Route du Rhum dans la nuit de vendredi à samedi à Pointe-à-Pitre, elle a confirmé tout le bien que l’on pensait d’elle. Ellen MacArthur, depuis qu’elle se mesure aux hommes sur les mers du monde, s’est plus souvent imposée qu’elle n’a été défaite. À elle seule, elle est un phénomène de société. C’est à la fois « la femme est l’égal de l’homme » et « la femme restée femme ». À chaque circonstance, un trait du caractère s’impose, marin en mer, camarade au bistrot, businesswoman pour effectuer sa part de travail dans Offshores Challenge, la société qui fait courir les bateaux d’Ellen et de ses camarades l’Australien Nick Moloney (en tête des monocoques classe 2 de la Route du Rhum) ou Mark Turner. Ce dernier, véritable Pygmalion, bien souvent honni mais injustement, a fait Ellen. Mais cette dernière a des capacités qui dépassent largement la moyenne et Mark Turner sait admirablement les mettre en relief. La passion Ellen MacArthur est dévorée par la passion de la mer. À peine à quai elle n’a qu’une envie, c’est de repartir. Jusque-là ce n’est pas très original. Ce qui fait la différence, c’est sa capacité à endurer la souffrance, c’est sa capacité à analyser les situations, c’est sa capacité à être courageuse sans être téméraire. C’est une travailleuse. Lorsqu’elle a compris que la météo était la clé de toutes les victoires, elle s’est mise à étudier les cartes, les fichiers de vent. À chaque fois elle a choisi des professeurs patentés comme Yves Parlier où Alain Gautier. Des marins anglais femmes il y en a deux autres qui émergent actuellement, Miranda Merron (skipper de UUDS dans la Route du Rhum) et Emma Richards (skipper de Pindar dans Around Alone le tour du monde en solitaire avec escales). Elles sont adorables, mais il leur manque quelque chose qu’Ellen possède. Le phénomène MacArthur est à contre-courant dans la voile anglaise. Même si c’est Francis Chichester, sir Francis, qui a inventé les courses transatlantiques en solitaire à la voile. La culture de la voile britannique est celle de la course en équipage. C’est pourquoi elle a traversé la Manche pour écumer la Bretagne et mieux s’y imprégner de cette folie des marins français, la course en solitaire. Le plaisir C’est plus difficile, mais cela permet aussi d’acquérir une notoriété qu’elle n’aurait pu avoir en se fondant dans des équipages britanniques, qui n’aurait sûrement pas voulu de ce petit bout de femme d’à peine 26 ans. Dans cette Route du Rhum, Ellen n’était pas apparue au mieux de sa forme dans les premiers jours. Que n’entendait-on pas. Elle en fait trop. Elle se disperse. Ellen se bornait à appliquer le premier principe de la marine, ramener le marin et le bateau au port en bon état. Difficile de savoir si c’est de la chance, de la science, ou de l’intuition... féminine, toujours est-il qu’elle a réussi à trouver la limite des vents sans être prise dans la tempête. Il s’en est fallu de peu, mais dans cette course désastreuse pour les multicoques (15 abandons sur 18 partants) elle était du bon côté. À l’écouter c’est tellement facile qu’on en oublie que c’est exceptionnel. Lorsque dans des images embarquées on la voit manger une pâté sans nom dans sa petite bassine bleue avec sa cuillère, alors que dehors cela va très mal, cela fait bizarre. À l’arrivée, Ellen rassure tout le monde avec son mot le plus usité lorsqu’elle arrive à quai : « Plaisir ».
Depuis l’amiral Nelson, jamais la marine anglaise n’avait eu un marin aussi dominateur, qui plus est pacifique, que la jeune Ellen MacArthur. En s’imposant dans la Route du Rhum dans la nuit de vendredi à samedi à Pointe-à-Pitre, elle a confirmé tout le bien que l’on pensait d’elle. Ellen MacArthur, depuis qu’elle se mesure aux hommes sur les mers du monde, s’est plus souvent imposée qu’elle n’a été défaite. À elle seule, elle est un phénomène de société. C’est à la fois « la femme est l’égal de l’homme » et « la femme restée femme ». À chaque circonstance, un trait du caractère s’impose, marin en mer, camarade au bistrot, businesswoman pour effectuer sa part de travail dans Offshores Challenge, la société qui fait courir les bateaux d’Ellen et de ses camarades l’Australien Nick...