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Actualités - Chronologie

CONCERT À l’église Saint-Joseph (USJ)

Romantisme absolu avec l’Orchestre symphonique national libanais Encore une prestation réussie de l’Orchestre symphonique national libanais, placée cette fois sous le signe du romantisme. En l’église Saint-Joseph, illuminée et remplie jusqu’aux derniers bancs, ont résonné deux admirables partitions de Schumann et Bruckner conduites de main de maître par Wojceich Czepiel. Ouverture d’un lyrisme frémissant avec le concerto pour violoncelle et orchestre en A mineur (trois mouvements) de Robert Schumann. Aux commandes de l’archet, Olga Miziuk, interprète talentueuse et inspirée, qui a donné toutes les couleurs et les nuances d’une œuvre aux ténébreuses teintes d’un romantisme tourmenté. Reflètant un peu l’état de folie et de débâcle qui dominait la vie de l’auteur de Kreisleriana, ce concerto fait la part belle surtout à un violoncelle d’une particulière éloquence, sans jamais toutefois lui céder le brio de la bravoure ou de la virtuosité. Dialogue intense et grave entre l’archet, exigeant dans sa véhémence, et l’orchestre prêt à toutes les répliques, avec quelques échappées belles pour une narration portée insidieusement vers un certain tragique tout en sauvegardant des passages, comme des accalmies dans une tempête, d’une radieuse transparence. Sensibilité d’écorché vif pour dire ces indomptables remous intérieurs d’un compositeur hanté par la mort et que même la rédemption de l’amour d’une femme n’a pu sauver. Après l’entracte, révélation au public d’une œuvre puissante et d’une singulière beauté, celle de la Symphonie n4 en mi bémol majeur, connue sous le titre Romantique d’Anton Bruckner. Une des neuf symphonies écrites par ce musicien né à Ansfelden, en Haute Autriche, cette œuvre foisonnante de richesse sonore, attachante et presque wagnérienne par ses déferlements tumultueux, demeure sans nul doute l’aboutissement des recherches de Bruckner dans l’amplification des thèmes et l’élargissement des cadres. Premières mesures évoquant les bruissements de la nature d’où jaillit insensiblement un appel du cor au milieu des cordes qui emportent le tout dans une déferlante qui se répand en un volume allant fortissimo. Quatre mouvements (allegro, andante, scherzo et finale) pour traduire toute l’exaltation romantique dans une orchestration magistrale aux effets grandioses. Méditative, mystique, contemplative, éruptive, cette symphonie décline en toute majesté la palette de timbres multiples où fusionnent admirablement emploi subtil des dissonances et l’enchaînement des accords. Développements amples et variation audacieuse pour traduire en somptueuses chatoyances orchestrales la part secrète de toute agitation humaine devant l’infini et terrifiant mystère de l’au-delà. Pour le final, comme une fulgurance d’éclair, un souffle orageux et, dans une tension extrême, se rejoignent tous les thèmes pour conclure triomphalement sur un ton d’harmonieuse apothéose. Houleuse ovation debout dès que les dernières notes meurent sous la baguette suspendue encore dans l’air d’un maestro au visage ruisselant. Oui, maintenant le public peut applaudir tout son saoûl et non au beau milieu de l’œuvre de Bruckner d’une électrique tension (que les pressés pour le marathon de l’applaudimètre se retiennent un peu et qu’on le sache, la patience est une grande vertu chez les mélomanes), leur effort, en fin de prestation, n’en est que plus apprécié. Edgar DAVIDIAN
Romantisme absolu avec l’Orchestre symphonique national libanais Encore une prestation réussie de l’Orchestre symphonique national libanais, placée cette fois sous le signe du romantisme. En l’église Saint-Joseph, illuminée et remplie jusqu’aux derniers bancs, ont résonné deux admirables partitions de Schumann et Bruckner conduites de main de maître par Wojceich Czepiel. Ouverture d’un lyrisme frémissant avec le concerto pour violoncelle et orchestre en A mineur (trois mouvements) de Robert Schumann. Aux commandes de l’archet, Olga Miziuk, interprète talentueuse et inspirée, qui a donné toutes les couleurs et les nuances d’une œuvre aux ténébreuses teintes d’un romantisme tourmenté. Reflètant un peu l’état de folie et de débâcle qui dominait la vie de l’auteur de Kreisleriana, ce concerto fait la...