Des enquêteurs américains ont interrogé pendant deux heures hier un terroriste présumé dans un camp de Malaisie en liaison avec les attentats du 11 septembre, ont rapporté des témoins. Trois hommes, vraisemblablement des agents du FBI (Sûreté américaine), sont arrivés au camp de Kamunting (300 km au nord de Kuala Lumpur), à bord d’une voiture portant des plaques d’immatriculation diplomatiques américaines. Aucune déclaration n’a été faite aux journalistes présents. Les agents américains devaient interroger le Malaisien Yazid Sufaat, soupçonné d’avoir été en contact avec le Français d’origine marocaine Zacarias Moussaoui, seul accusé à avoir été traduit devant la justice américaine à la suite des attentats du 11 septembre. Saiful Izham Ramli, l’avocat du suspect, a déclaré que cet ancien capitaine de l’armée avait décidé de collaborer avec les enquêteurs américains. Âgé de 38 ans, Yazid Sufaat est titulaire d’un diplôme de biochimiste obtenu à l’Université de Californie. Il est soupçonné d’avoir accueilli Zacarias Moussaoui lorsque ce dernier est venu en Malaisie un an avant les attentats du 11 septembre 2001. L’appartement de Yazid Sufaat aurait également accueilli, au début 2000, deux des pirates de l’air du 11 septembre 2001, Khalid al-Midhar et Nawaf al-Hazmi, qui se trouvaient à bord de l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone. Bachir fait appel devant la Cour suprême indonésienne Les avocats du religieux musulman indonésien Abou Bakar Bachir, soupçonné de terrorisme, ont déposé hier un appel devant la Cour suprême à Djakarta pour contester la légalité de l’arrestation de leur client. En première instance, la justice indonésienne avait confirmé la légalité de l’arrestation, le mois dernier, de M. Bachir, 64 ans, soupçonné par plusieurs services de renseignements d’être le chef spirituel de la Jamaah Islamiyah, un réseau régional qui serait lié à el-Qaëda. Aucune date n’a été fixée par la Cour suprême pour rendre son verdict, selon un des avocats de Bachir. Abou Bakar Bachir n’est pas considéré comme suspect dans l’attentat de Bali, qui a fait plus de 190 morts le 12 octobre. La seule personne arrêtée dans l’enquête, Amrozi, un Indonésien de 40 ans environ, qui a notamment acheté une partie des explosifs ayant servi à l’attaque, a expliqué avoir suivi les prêches du religieux. La police n’a pas établi une implication directe du religieux à ce stade. Les écoles internationales à Djakarta restent fermées par crainte d’attentats Les principales écoles internationales de Djakarta sont restées fermées hier dans la crainte d’attentats, et dans l’attente d’un renforcement des mesures de sécurité par la police. L’école internationale de Djakarta (JIS), la plus importante, qui accueille notamment de nombreux élèves américains, l’école australienne et l’école britannique ont décidé de rester fermées au moins jusqu’à aujourd’hui mardi. La plupart des écoles avaient fermé vendredi après qu’une « information crédible » eut fait état de possibles attaques contres des écoles fréquentées par des étrangers, selon les ambassades américaine et australienne. L’école française internationale, qui accueille plus de 300 élèves, était quant à elle ouverte. Des « patrouilles musulmanes » à Anvers pour surveiller la police Une petite organisation islamique d’Anvers (nord de la Belgique), la Ligue arabe européenne (LAE), a lancé des patrouilles pour « surveiller l’action de la police » et « traquer les discriminations envers la communauté musulmane », a rapporté la presse belge. Ces patrouilles sont constituées de « citoyens bénévoles, non armés, habillés en civil, qui surveillent les forces de l’ordre », a expliqué le secrétaire général de la LAE, Arkob Khalid, cité par le journal Le Soir. Les premières patrouilles ont circulé dans des quartiers à forte présence immigrée de la métropole belge vendredi dernier, a précisé le quotidien. La Ligue arabe européenne est un mouvement comptant une centaine de membres, selon la presse belge, sans rapport avec la Ligue des États arabes. Dirigée par Dyab Abou Jahjah, un Anversois d’origine libanaise âgé d’une trentaine d’années, licencié en sciences politiques, l’association s’est surtout fait connaître depuis les attentats du 11 septembre 2001 par des prises de positioans controversées, comme celle de demander que l’arabe soit reconnu comme quatrième langue officielle en Belgique, aux côtés du néerlandais, du français et de l’allemand.
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