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La prison dont les détenus sont des plantigrades

Churchill: 950 habitants. Population carcérale: 12 ours. Le port canadien de la Baie de Hudson est confronté à une délinquance unique au monde, les ours polaires qui traînent dans les rues de la ville à la recherche de nourriture. L’an dernier, 22 plantigrades ont été incarcérés au cours de l’automne, saison où ils sont de 400 à 500 à attendre autour de la ville que la banquise se forme sur la baie pour y aller chasser le phoque. Cette année, le 15 octobre, ils étaient 12 en prison. Ces détenus particuliers «sont assez calmes, détendus, ils restent couchés la plupart du temps», note Pat Cronin, un responsable du Programme alerte à l’ours polaire mis en place par les services de protection de l’environnement du Manitoba. En pleine saison, les grands ursidés traînent souvent en ville où «ils sentent un tas de bonnes choses», et les sept employés du Programme sont régulièrement appelés pour les éloigner. La nuit, ils sont chassés à coup de fusées éclairantes. Dans la journée, ils sont endormis avec des cartouches d’anesthésiant puis transportés par hélicoptère à près de 100 kilomètres de Churchill, après avoir été tatoués sur la lèvre inférieure, ou bien directement incarcérés. En 2001, 142 ont été appréhendés et cette année, à la mi-octobre, ils étaient déjà 64, selon Pat Cronin. Le Programme alerte à l’ours polaire a été mis en place dans les années 1960 pour «éviter de tracasser inutilement et de tuer les ours polaires» tout en protégeant la population de la ville. Depuis son instauration, le personnel a arrêté et libéré plus d’un millier d’ours. Grâce à son action, «le nombre d’ours tués pour défendre la vie des habitants est passé d’une moyenne de 11 dans les années 1970 à moins de deux aujourd’hui», note le service de l’environnement du Manitoba. La prison, un grand bâtiment en tôle ondulée ouvert en 1981, comporte 23 cellules rudimentaires fermées par des barreaux. «Ils disposent de beaucoup de places pour marcher», souligne Pat Cronin. On leur fournit de l’eau, mais pas de nourriture: c’est l’époque où, à l’état sauvage, ils ne s’alimentent pas. Et ils n’ont droit à aucune visite, pour qu’ils ne s’habituent pas à la présence de l’homme. Les détenus restent incarcérés un maximum de deux semaines avant d’être héliportés au loin ou libérés sur la banquise lorsqu’elle s’est formée. Les contrevenants n’ont droit qu’à trois récidives avant d’être définitivement éliminés: envoyés dans un zoo ou tués, pour les plus dangereux.
Churchill: 950 habitants. Population carcérale: 12 ours. Le port canadien de la Baie de Hudson est confronté à une délinquance unique au monde, les ours polaires qui traînent dans les rues de la ville à la recherche de nourriture. L’an dernier, 22 plantigrades ont été incarcérés au cours de l’automne, saison où ils sont de 400 à 500 à attendre autour de la ville que la banquise se forme sur la baie pour y aller chasser le phoque. Cette année, le 15 octobre, ils étaient 12 en prison. Ces détenus particuliers «sont assez calmes, détendus, ils restent couchés la plupart du temps», note Pat Cronin, un responsable du Programme alerte à l’ours polaire mis en place par les services de protection de l’environnement du Manitoba. En pleine saison, les grands ursidés traînent souvent en ville où «ils sentent un tas...