L’ex-majordome de Diana, Paul Burrell, blanchi de l’accusation d’avoir volé des centaines d’objets de la princesse, demeure une personnalité énigmatique et le gardien de quelques-uns des secrets les plus lourds de la monarchie britannique. Comme dans les meilleurs romans britanniques, ce domestique au physique trapu et à la mâchoire carrée sait tout, mais il ne dira rien. Ce fils de routier devenu confident d’une des personnalités les plus célèbres au monde était poursuivi depuis la saisie à son domicile, en janvier 2001, de 312 objets ayant appartenu à Diana, à son ancien mari le prince Charles et à leur fils aîné William. Le majordome impeccable avait transformé son domicile en un extraordinaire musée privé de la royauté : des disques CD signés par Diana, les fameuses robes de la princesse, plusieurs lettres très personnelles qu’elle avait écrites à William. Paul Burrell, âgé de 44 ans, avait-il développé une passion fétichiste pour Diana, lui qui avait affirmé que « rien ne remplacerait le vide » suscité par la mort de celle-ci en 1997 ? Ou pire, le domestique qui affirmait à l’envi que « la principale qualité est la loyauté » s’apprêtait-il à monnayer les précieuses reliques ? De ces soupçons, Paul Burrell a été blanchi par la reine d’Angleterre elle-même, qui a fait savoir que le domestique lui avait révélé dès 1997 s’être emparé de « certains papiers de la princesse pour les mettre à l’abri ». Les années chaotiques Paul Burrell a toujours affirmé que la plupart des objets lui avaient été donnés par Diana elle-même et qu’il n’avait cherché qu’à mettre à l’abri ceux dont il s’était emparé après la mort de la princesse. Le député travailliste Paul Flynn estime pour sa part que le procès de Paul Burrell a été interrompu pour éviter que ce dernier, qui s’apprêtait à témoigner, « apporte des informations qui auraient porté atteinte à la famille royale ». Rien ne permet de valider une telle hypothèse. Mais une chose est sûre: au service de Charles et Diana depuis 1986, puis à celui exclusif de la princesse de Galles après la séparation du couple princier, Paul Burrell a vécu au plus intime les années noires de la monarchie britannique. Pendant ces années chaotiques, le majordome était devenu confident de la princesse de Galles, qui l’appelait son « rocher ». La fascination de Paul Burrell pour la monarchie remonte à sa première visite aux grilles de Buckingham Palace, à l’âge de huit ans. « Je travaillerai là un jour », lance le gamin à ses parents. Devenu jeune homme, il entre effectivement dans la maison royale en 1976 comme apprenti valet et devient un an plus tard valet personnel de la reine, qu’il sert pendant dix ans avant de passer au service de Charles et Diana. Même sa vie privée ne dépasse pas le périmètre de Buckingham Palace: c’est une des domestiques du duc d’Édimbourg, Maria, qu’il épouse en 1984 et qui lui donne deux fils. Après la mort de la princesse de Galles, Paul Burrell était quasiment devenu une célébrité à part entière. Militant en vue du Fonds Diana, jusqu’à une brouille avec la sœur de cette dernière, il rédige un livre sur les bonnes manières, expliquant par exemple comment manger une banane avec un couteau et une fourchette. Il demande 3 500 livres (5 469 euros) pour raconter certains de ses souvenirs dans des soirées mondaines, mais il se limite, insiste-t-il, à quelques anecdotes « inoffensives ». Ses souvenirs plus délicats, Paul Burrell les gardera pour lui, tout en poursuivant sa nouvelle vie placide, dans le magasin de fleurs et de souvenirs qu’il dirige à Farndon (est de l’Angleterre).
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