La voix émue et le sourire timide comme à ses débuts, Thomas Castaignède a retrouvé le XV de France, hier, deux ans jour pour jour après l’avoir quitté dans la douleur d’un tendon d’Achille brisé. « Le 4 novembre 2000 sera une date à jamais gravée dans ma vie. Le 4 novembre 2002 le sera aussi », a-t-il dit peu après son arrivée au Centre national du rugby de Marcoussis, au sud de Paris, où l’équipe de France prépare les tests de novembre. « Ça fait d’autant plus bizarre que Jo Maso m’a appelé presqu’à l’heure exacte à laquelle je me suis blessé. » Cette blessure était survenue sur la pelouse du Stade de France durant l’échauffement avant un match contre l’Australie. Thomas Castaignède s’était effondré dans un coin du terrain. Il avait été emporté sur une civière et avait plongé dans un calvaire de quatre opérations et de 18 mois de rééducation dont il n’est sorti qu’au printemps dernier. « Il fallait être costaud pour y croire. Je n’ai jamais douté mais je n’étais pas sûr de moi », précise celui que la presse avait surnommé Le Petit Prince au temps de la splendeur de ses 34 sélections lorsqu’il menait le XV de France à ses deux premiers Grands Chelems consécutifs en 1997 et 1998. Entouré de journalistes, le trois-quart aujourd’hui âgé de 27 ans insiste pour rendre un hommage appuyé au Pr Gérard Saillant qui a également permis à Ronaldo de retrouver les terrains de football. « À la quatrième opération, je lui ai dit, docteur cette fois ma vie est entre vos mains, confie-t-il. Après l’opération, j’ai vite senti que c’était fini. Il a fallu aller étape par étape, marcher, courir, jouer... mais physiquement, j’ai récupéré très vite, j’en ai même été étonné. Psychologiquement, je suis prêt ». Il souligne d’ailleurs que son moral est d’autant plus serein qu’est « pratiquement réglé » le différend qui opposait la Fédération française à son club anglais des Saracens sur le paiement de son salaire pendant son indisponibilité. « Sur une autoroute » « Il y aura une réunion le 27 novembre pour officialiser. Tout le monde a fait des efforts et tout le monde est d’accord », précise-t-il. « C’était un gros malentendu. Ça a été difficile mais mon club a été extraordinaire de confiance. » Rappelé en équipe de France en raison d’une blessure de Clément Poitrenaud, le jeune joueur qui lui a succédé au sein de son club d’origine, le Stade Toulousain, Castaignède juge « un peu malheureux de revenir sur une blessure du petit Clément » qu’il a « vu grandir ». Il n’en affiche pas moins son bonheur de retrouver le rugby international. « Je suis heureux de revenir dans une telle équipe, dit-il. Quand on voit des joueurs comme Damien Traille ou David Bory qui sont sans doute les meilleurs du monde à leur poste, plus un meneur de jeu comme Gérald Merceron, plus des avants qui courent presque plus vite que les trois-quarts... » Il reconnaît que depuis qu’il a repris la compétition avec son club anglais des Saracens, il croyait « sans plus » à l’équipe de France. « Je pensais plutôt au Tournoi des VI nations », précise-t-il avant d’ajouter aussitôt : « Je suis là pour réapprendre, regarder, observer mais ce n’est qu’une étape, le plus dur c’est de rester. » Et quand on lui demande si le forfait de Tony Marsh ne risque pas d’accélérer encore plus son retour et de le jeter d’entrée sur la liste des titulaires pour le match de samedi contre l’Afrique du Sud, il répond : « C’est aux sélectionneurs de décider. Laissez-moi m’installer. Tout va un peu trop vite. J’ai l’impression que je viens de prendre une autoroute et qu’il n’y a pas beaucoup de voitures pour ralentir la circulation. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La voix émue et le sourire timide comme à ses débuts, Thomas Castaignède a retrouvé le XV de France, hier, deux ans jour pour jour après l’avoir quitté dans la douleur d’un tendon d’Achille brisé. « Le 4 novembre 2000 sera une date à jamais gravée dans ma vie. Le 4 novembre 2002 le sera aussi », a-t-il dit peu après son arrivée au Centre national du rugby de Marcoussis, au sud de Paris, où l’équipe de France prépare les tests de novembre. « Ça fait d’autant plus bizarre que Jo Maso m’a appelé presqu’à l’heure exacte à laquelle je me suis blessé. » Cette blessure était survenue sur la pelouse du Stade de France durant l’échauffement avant un match contre l’Australie. Thomas Castaignède s’était effondré dans un coin du terrain. Il avait été emporté sur une civière et avait plongé dans...