La Russie à la recherche de financements pour sa lutte antiterroriste
le 31 octobre 2002 à 00h00
La lutte antiterroriste, nouvelle priorité du président Vladimir Poutine, exige une augmentation des financements, mais va se heurter à un budget russe très serré et à la nécessité de mettre en œuvre des réformes économiques indispensables à la croissance. Le Kremlin a désigné son ennemi numéro un : le terrorisme. Et la Russie, qui n’a pas réussi à prévenir l’entrée dans Moscou d’un commando de 50 tchétchènes lourdement armés ni une prise d’otages audacieuse de plus de 800 personnes, va devoir réviser toute sa conception de la sécurité nationale. Il va nécessairement falloir des fonds pour améliorer le fonctionnement des services de sécurité, mais la marge de manœuvre est étroite. Le budget 2003 atteint tout juste les 70 milliards de dollars, une somme correspondant à ce que la France dépense pour l’éducation nationale et la recherche. Les États-Unis, pour leur seule défense, dépensent cinq fois plus. De plus, les urgences de la Russie ne se limitent pas à la seule lutte anti-terroriste. Poutine exige ainsi de ses ministres que les remboursements de la dette extérieure soient payés rubis sur l’ongle, ce qui nécessitera le déboursement d’au moins 17 mds de dollars l’an prochain. Il veut aussi qu’ils assurent une croissance économique d’au moins 5 % à 6 % par an (contre 4 % cette année). La Banque mondiale, dans un rapport publié mardi, a souligné que cette croissance serait en danger si les grandes réformes qui sont à l’agenda du Kremlin n’étaient pas rapidement mises en œuvre. Il est « hors de question » d’accepter un dérapage budgétaire, a d’ailleurs prévenu un haut fonctionnaire du gouvernement russe. La Chambre haute du Parlement a proposé hier de réviser le budget 2003 pour allouer 3 milliards de roubles supplémentaires (90 millions de dollars) à la lutte contre le terrorisme. « Nous envisagions initialement une somme de 7 milliards de roubles, mais le ministère des Finances nous a convaincus qu’il fallait se contenter de 3 mds », a souligné Evgueni Bouchmine, président du comité budgétaire. D’autres fonds pourraient être trouvés hors budget, notamment sur la réserve du Trésor. « Mais au total, rien qui aurait une forte implication sur l’équilibre budgétaire », estime Natalia Orlova, analyste de la banque Alfa. « Ces fonds vont juste permettre de mieux faire face aux actes terroristes qui pourraient se produire. Ils seront insuffisants pour les prévenir », ajoute-t-elle. L’arrêt de la guerre en Tchétchénie permettrait bien sûr d’économiser des milliards de roubles et de réduire les risques liés au terrorisme, mais cette éventualité est moins que jamais à l’ordre du jour.
La lutte antiterroriste, nouvelle priorité du président Vladimir Poutine, exige une augmentation des financements, mais va se heurter à un budget russe très serré et à la nécessité de mettre en œuvre des réformes économiques indispensables à la croissance. Le Kremlin a désigné son ennemi numéro un : le terrorisme. Et la Russie, qui n’a pas réussi à prévenir l’entrée dans Moscou d’un commando de 50 tchétchènes lourdement armés ni une prise d’otages audacieuse de plus de 800 personnes, va devoir réviser toute sa conception de la sécurité nationale. Il va nécessairement falloir des fonds pour améliorer le fonctionnement des services de sécurité, mais la marge de manœuvre est étroite. Le budget 2003 atteint tout juste les 70 milliards de dollars, une somme correspondant à ce que la France dépense pour...
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