Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Combattre l’argent de la peur, plus facile à dire qu’à faire

La lutte contre le financement du terrorisme est une mission difficile, les fonds destinés à des actes terroristes étant souvent trop minimes pour être détectés facilement, estiment des banquiers et des experts réunis au Qatar. « Je ne connais pas ... de formule magique pour lutter contre le financement des groupes terroristes », affirme un expert britannique, Rowan Bosworth-Davies, au cours d’une conférence sur ce sujet et le blanchiment d’argent organisée par les autorités qatariotes avec la participation d’experts de plusieurs pays. Il fait valoir que « la plupart » des attentats « sont peu onéreux », et que le financement pouvait aussi contourner les banques et transiter à travers un vieux système d’envoi d’argent au Moyen-Orient, la « hawala ». « Les sommes destinées au financement des activités terroristes sont du même ordre que celles qui transiteraient dans le cadre de transactions commerciales normales », indique M. Bosworth-Davies, qui a travaillé comme consultant auprès de plusieurs agences américaines de lutte contre le blanchiment. Un représentant de l’agence gouvernementale américaine de lutte contre la criminalité financière, Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), John Cassara, estime à 400 000 dollars le financement des attentats du 11 septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie. Selon lui, des fonds totalisant 115 millions de dollars, soupçonnés d’être liés aux organisations terroristes, ont été gelés à travers le monde grâce aux lois et mesures financières adoptées depuis ces attaques. M. Bosworth-Davies relève cependant la faiblesse de cette somme comparée aux milliards de dollars qui transitent quotidiennement à travers le monde, soulignant la difficulté qui en résulte pour détecter l’argent destiné au terrorisme. Ce montant de « 115 millions de dollars, c’est tellement petit qu’on l’apercevrait à peine à l’échelle du financement international », dit-il. Pour l’attaque début octobre contre le pétrolier français Limburg au large du Yémen, un spécialiste estime que l’embarcation bourrée d’explosifs qui a vraisemblablement servi comme une sorte de torpille n’a pas dû coûter plus de quelques milliers de dollars. « Vous pouvez mettre cette somme dans votre portefeuille et voyager sans que personne ne vienne vous dire quoi que ce soit », ajoute-t-il. En cas d’utilisation de la « hawala », qui signifie en arabe « transfert », aucune somme ne traverse la frontière. En vertu de ce système, dont les fondements sont ancrés dans la tradition, un agent reçoit l’argent d’un client et appelle un correspondant pour donner une somme équivalente au destinataire. « Tout ce qu’il faut à un agent de hawala, c’est la confiance du client et une ligne de téléphone internationale », affirme un banquier du Golfe. « Si vos parents vivent dans une région rurale en Inde ou au Pakistan, où il n’y a pas de banques, la hawala est pratiquement le seul moyen » de leur faire parvenir régulièrement de l’argent, ajoute-t-il. Contrôler la source et la destination d’une « hawala » est quasi impossible pour les gouvernements des monarchies du Golfe, dans la mesure où ils ont affaire à des millions d’expatriés asiatiques, plus nombreux que la population locale dans la plupart de ces pays. « En ce qui concerne la hawala, on ne peut pas faire grand-chose », affirme M. Bosworth-Davies. Il estime que certaines organisations aux États-Unis se trompaient en s’imaginant qu’il existait des « réponses mielleuses » à la question du financement du terrorisme. L’influent centre d’études politiques new-yorkais Council on Foreign Relations a estimé dans un rapport que les efforts entrepris à ce niveau par l’Administration américaine seraient voués à l’échec si elle ne faisait pas pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle réprime le financement présumé du terrorisme à partir de son territoire.
La lutte contre le financement du terrorisme est une mission difficile, les fonds destinés à des actes terroristes étant souvent trop minimes pour être détectés facilement, estiment des banquiers et des experts réunis au Qatar. « Je ne connais pas ... de formule magique pour lutter contre le financement des groupes terroristes », affirme un expert britannique, Rowan Bosworth-Davies, au cours d’une conférence sur ce sujet et le blanchiment d’argent organisée par les autorités qatariotes avec la participation d’experts de plusieurs pays. Il fait valoir que « la plupart » des attentats « sont peu onéreux », et que le financement pouvait aussi contourner les banques et transiter à travers un vieux système d’envoi d’argent au Moyen-Orient, la « hawala ». « Les sommes destinées au financement des activités...