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Actualités - Chronologie

El-Qaëda préparerait une stratégie d’« affrontement global » avec les USA

El-Qaëda, l’hydre terroriste à qui sont imputés les derniers attentats au Yémen, au Koweït et en Indonésie, a professé une stratégie d’« affrontement global » avec l’Amérique, chère à son chef charismatique Oussama Ben Laden, estiment dimanche des analystes. « Après la guerre du Golfe en 1991, Ben Laden a déclaré le jihad (guerre sainte) aux États-Unis qu’il accuse d’avoir occupé sa terre natale, l’Arabie saoudite, en y déployant leurs troupes » au lendemain de l’invasion du Koweït par l’Irak, souligne Saad al-Faqih, porte-parole du Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA), opposition basée à Londres. « Pour galvaniser ses troupes, Ben Laden a pris à son compte le Hadith du Prophète Mahomet (tradition islamique) appelant de son lit de mort les fidèles à “chasser les mécréants de la péninsule arabique”, devenu, depuis, le mot d’ordre des militants et des sympathisants d’el-Qaëda », explique Abdallah al-Nafissi, secrétaire général du « Congrès populaire pour la lutte contre la normalisation avec Israël dans les pays du Golfe ». Selon des experts, Ben Laden a mis a exécution sa vindicte contre les États-Unis d’abord en novembre 1995, avec l’explosion d’une voiture piégée près de locaux militaires américains à Ryad, tuant cinq Américains et deux Indiens et blessant une soixantaine de personnes. Plus spectaculaire, un attentat au camion piégé a visé en juin 1996 un complexe résidentiel de la base aérienne de Dhahran, dans l’Est du royaume, tuant 19 membres de l’armée de l’air américaine et blessant près de 500 autres. « Devant le peu de crédit accordé à l’époque par les Américains aux appels de Ben Laden à chasser les infidèles de la péninsule arabique, le chef d’el-Qaëda a déclaré fin 1997 une guerre ouverte et totale à l’Amérique », poursuit M. Faqih. « Cette métamorphose a été possible grâce à Ayman al-Zawahiri, le fondateur du Jihad islamique égyptien », souligne le rédacteur en chef d’al-Qods al-Arabi, un journal arabe basé à Londres, Abdel Bari Atwan. Cet Égyptien, diplômé de médecine et dont la tête est mise à prix par Washington, serait l’un des cerveaux d’el-Qaëda. « Cette alliance a donné naissance en février 1998 au “Front islamique international, pour mener le jihad contre les croisés et les juifs”, avec pour but de tuer les Américains, civils et militaires, partout où ils se trouvent », rappelle M. Atwan, qui a rencontré ben Laden en 1996 en Afghanistan. El-Qaëda fait sauter en août 1998 deux ambassades américaines en Afrique de l’Est, au Kenya et en Tanzanie, faisant 224 morts, en grande majorité africains. En octobre 2000, une embarcation remplie d’explosifs a endommagé le destroyer américain USS Cole dans le port d’Aden, au Yémen, tuant 17 marins. C’est l’œuvre de cette « internationale » fondamentaliste, regroupée sous le parapluie de Ben Laden, selon Washington. En avril dernier, un camion-citerne explose devant une synagogue sur l’île de Djerba (Tunisie), faisant 19 tués. Mais son « exploit » le plus spectaculaire demeure les attentats du 11 septembre 2001, dont Zawahiri serait l’un des principaux instigateurs. « Cette confrontation totale, qui dépasse désormais l’objectif initial de chasser les mécréants de la péninsule arabique, est destinée à mobiliser tout le monde islamique contre l’Amérique pour flétrir son image de superpuissance », estime M. Faqih. Ces opérations ont été émaillées de déclarations attribuées à Ben Laden ou à ses subalternes, menaçant de frapper de nouveau les secteurs vitaux de l’économie des États-Unis et de leurs alliés, en dénonçant à l’occasion « la croisade » menée contre l’islam. Pour mobiliser les masses arabes et gagner leur sympathie, el-Qaëda s’est tourné vers la cause palestinienne qui constitue désormais l’un des leitmotiv de sa « guerre sainte ». Plus récemment encore, el-Qaëda s’est présenté comme le chantre de la cause irakienne. Aussi, MM. Atwan et Faqih n’excluent pas l’éventualité d’une opération d’envergure d’el-Qaëda en cas de frappe américaine contre l’Irak « pour exacerber la colère des masses contre leurs dirigeants », explique M. Atwan. « Ben Laden profiterait d’une telle frappe pour prouver sa capacité de venger les Arabes et les musulmans dont les régimes sont impuissants ou complices de l’Amérique », approuve M. Faqih.
El-Qaëda, l’hydre terroriste à qui sont imputés les derniers attentats au Yémen, au Koweït et en Indonésie, a professé une stratégie d’« affrontement global » avec l’Amérique, chère à son chef charismatique Oussama Ben Laden, estiment dimanche des analystes. « Après la guerre du Golfe en 1991, Ben Laden a déclaré le jihad (guerre sainte) aux États-Unis qu’il accuse d’avoir occupé sa terre natale, l’Arabie saoudite, en y déployant leurs troupes » au lendemain de l’invasion du Koweït par l’Irak, souligne Saad al-Faqih, porte-parole du Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA), opposition basée à Londres. « Pour galvaniser ses troupes, Ben Laden a pris à son compte le Hadith du Prophète Mahomet (tradition islamique) appelant de son lit de mort les fidèles à “chasser les mécréants...