Discrètement, mais avec obstination, Rafic Hariri, sans doute sermonné par son bon ami Siniora, relance Khalil Hraoui et Élias Murr. Pour tenter de leur faire avaler la pilule d’une compression budgétaire touchant la Défense et l’Intérieur. C’est-à-dire l’armée et les FSI, ces deux bras séculiers du pouvoir. Dont d’autres agents intéressants, comme la Sûreté générale et la Sûreté d’État seraient également pénalisés. Hariri sait donc qu’il marche sur des œufs. Il ajuste donc sa démarche de manière à ne faire sursauter personne. Pour qu’on n’aille pas dire qu’il est contre les services et qu’il rouvre la bataille avec le régime. Il n’empêche qu’au sein même de la grande famille loyaliste, on commence à polémiquer en douce. En échangeant des arguments qui rivalisent d’originalité. Ainsi, aussi ahurissant que cela puisse paraître, certains défenseurs des sous du Trésor font valoir que partout dans le monde les budgets de défense ont été réduits après la fin de la guerre froide (!). D’autres, plus proches de la ligne verte, relèvent que la sécurité se porte bien, grâce au concours syrien, et qu’on peut donc en réduire la note sans peine. Mais des responsables protestent. Ils affirment que la stabilité requiert une présence sur le terrain. Aussi internationalistes que leurs opposants, ils font valoir que la Suisse, petit pays comme le Liban, prend un soin particulier de ses forces armées et leur fournit le meilleur équipement, car elle sait qu’elles en ont besoin pour protéger sa neutralité. Et son indépendance, serait-on tenté d’ajouter. Des politiciens, dont les tendances ne sont pas difficiles à deviner, surenchérissent en affirmant que la scène libanaise est toujours visée. Et qu’elle a besoin de dispositifs sécuritaires solides. Surtout avec la présence, (selon leurs chiffres, plutôt fantaisistes) de plus de 400 000 Palestiniens armés. Qui sont, rappelons-le, dans des camps. Que nul ne songe à investir. Ces mêmes politiciens n’hésitent pas, par ailleurs, à soutenir que les forces régulières doivent être supérieures en capacités à la résistance active. Bien que ces forces ne soient pas actuellement déployées à la frontière. Il faut également compter avec les mouvements islamistes subversifs comme celui de Denniyé, présumé proche d’el-Qaëda. Au jour J, promettent ces sources, l’État établira son autorité partout et tout le monde devra lui remettre son arsenal. C’est pourquoi, concluent-elles, il faut disposer toujours de l’instrument requis. Qui a besoin de fonds. Philippe ABI-AKL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Discrètement, mais avec obstination, Rafic Hariri, sans doute sermonné par son bon ami Siniora, relance Khalil Hraoui et Élias Murr. Pour tenter de leur faire avaler la pilule d’une compression budgétaire touchant la Défense et l’Intérieur. C’est-à-dire l’armée et les FSI, ces deux bras séculiers du pouvoir. Dont d’autres agents intéressants, comme la Sûreté générale et la Sûreté d’État seraient également pénalisés. Hariri sait donc qu’il marche sur des œufs. Il ajuste donc sa démarche de manière à ne faire sursauter personne. Pour qu’on n’aille pas dire qu’il est contre les services et qu’il rouvre la bataille avec le régime. Il n’empêche qu’au sein même de la grande famille loyaliste, on commence à polémiquer en douce. En échangeant des arguments qui rivalisent d’originalité....