Attendu aujourd’hui à Beyrouth, le président français, Jacques Chirac, ne doit pas annoncer, à partir de la capitale libanaise, la date à laquelle Paris II se tiendra. Celle-ci sera fixée une fois que les préparatifs de cette réunion seront terminés et que la France connaîtra le niveau de représentation à ces assises qui doivent regrouper les pays et les institutions susceptibles d’aider le Liban à réduire sa dette. C’est ce que le chef du gouvernement a expliqué hier au terme de la réunion – expéditive – du Conseil des ministres ainsi que dans l’interview qu’il a accordée à l’AFP. M. Rafic Hariri a assuré que le président Chirac suit de près les préparatifs de Paris II et qu’il annoncera à Beyrouth les orientations de son pays à ce sujet. « Les préparatifs de cette réunion vitale vont prendre du temps. Nous y travaillons, notamment avec Michel Camdessus, chargé par la France de préparer ces assises, ainsi qu’avec le FMI et la Banque mondiale », a-t-il indiqué à l’AFP, précisant que « les États-Unis sont plutôt favorables » à cette réunion. « La situation du Liban sera bonne si Paris II est une réussite, a-t-il ajouté. C’est pour cela que l’on compte beaucoup dessus. L’objectif est toujours de lever 5 milliards de dollars avec un taux d’intérêt normal, celui qui est accordé aux États et aux grandes entreprises, soit autour de 2 % à 3 % au lieu des 10 % que nous payons actuellement en raison du risque-pays » attaché au Liban. Le Wazzani M. Hariri s’est par ailleurs félicité de l’intervention de la communauté internationale pour éviter une confrontation entre le Liban et Israël au sujet du pompage des eaux du Wazzani qu’il a souligné être « une victoire de la volonté libanaise et des efforts diplomatiques ». Il a écarté l’éventualité d’une attaque israélienne contre les nouvelles installations, indiquant que le Liban a été « rassuré » sur ce point, avant de réaffirmer que Beyrouth refuse qu’on lui précise l’usage qu’il doit faire de sa part des eaux du Wazzani. « Il y va de notre souveraineté », a-t-il lancé. M. Hariri a en outre qualifié d’« excellente idée » le plan de développement global du Liban-Sud proposé par l’UE. « L’UE est un partenaire et un ami. Est-ce qu’on va dire non ? Ce serait fou », a-t-il dit. Concernant le sommet francophone, M. Hariri a noté que « le fait qu’il se tienne à Beyrouth maintenant est un grand succès par lui-même pour le pays et le gouvernement ». « C’est une preuve de stabilité, a-t-il affirmé. C’est l’illustration que le Liban est un pays où règnent les droits de l’homme, la démocratie et la liberté d’expression. » Il a démenti les rumeurs sur un éventuel changement gouvernemental après le Sommet de la francophonie, ainsi que sur un conflit entre lui et le chef de l’État au sujet des permutations diplomatiques. « Aucun poste ne mérite qu’on se dispute pour lui avec le président », a déclaré M. Hariri. Pour en revenir au Conseil des ministres, notons qu’il n’a duré qu’une heure et qu’il n’a porté que sur des questions techniques dont la plupart ont été reportées à la semaine prochaine, parce que les ministres voulaient se rendre au Wazzani. La réunion a été précédée d’un tête-à-tête de 20 minutes entre MM. Lahoud et Hariri.
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