Après deux ans de violences, la réoccupation de la plus grande partie des Territoires autonomes et la multiplication des raids militaires israéliens ont transformé la vie quotidienne des Palestiniens en un véritable cauchemar. Dans le village d’el-Tireh, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, Nouaïma parle de la pauvreté dans laquelle vit sa famille depuis que son mari ne peut plus travailler en Israël, depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. Nouaïma affirme que son mari « travaillait en Israël, ce qu’il ne peut plus faire, ni là-bas ni ailleurs ». Avec amertume, elle ajoute que la nourriture quotidienne de ses huit enfants se réduit désormais au thé, à l’huile et au thym. Les 1 300 habitants du village d’el-Tireh sont séparés de ceux des villages palestiniens alentour par une « route de contournement » permettant la circulation des colons israéliens, et strictement interdite aux Palestiniens, l’armée ayant pour cela bloqué l’entrée du village avec des blocs de béton. Nouaïma cuisine au feu de bois et fait sa lessive à la main, affirmant « ne pas pouvoir payer les factures d’électricité. » « Nous sommes endettés de 4 000 shekels (850 dollars environ) envers la compagnie d’électricité, et de la même somme envers l’épicier et le vendeur de légumes », dit-elle, précisant que sa facture d’eau a été réglée par « des gens bien ». Elle élève aussi des moutons autour de la maison pour assurer du lait à ses enfants. Parlant de ses enfants, Nouaïma indique que l’aîné, Alaa (22 ans), « réussit parfois à sortir subrepticement, et travaille dans la construction dans le village d’el-Ram, au nord de Jérusalem, chez des Palestiniens ». Ne pouvant plus payer le transport, le mari de Nouaïma a décidé de garder « ses deux filles à la maison » et de les priver d’école. La route tracée par les Israéliens a complètement isolé l’école principale du village devenue un îlot au milieu de la colonie de Beit Horon construite sur les terres des villages d’el-Tireh et de Beit Our. Le gouverneur d’el-Tireh, Issa Amine, indique que les « étudiants vont à l’école de l’autre côté de la route dans des voitures immatriculées en Israël sous l’œil vigilant des patrouilles militaires qui les empêchent souvent d’y arriver ». Quant aux étudiants du cycle secondaire, « ils doivent traverser trois villages et emprunter des pistes pour arriver à leur école », ajoute M. Amine. « Il nous fallait sept minutes pour arriver à Ramallah qui se trouve à environ 10 km d’ici, maintenant il nous faut deux heures pour nous déplacer sur les pistes en fuyant les Israéliens alors que le coût des transports a été multiplié par dix », affirme le responsable du village.
Après deux ans de violences, la réoccupation de la plus grande partie des Territoires autonomes et la multiplication des raids militaires israéliens ont transformé la vie quotidienne des Palestiniens en un véritable cauchemar. Dans le village d’el-Tireh, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, Nouaïma parle de la pauvreté dans laquelle vit sa famille depuis que son mari ne peut plus travailler en Israël, depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. Nouaïma affirme que son mari « travaillait en Israël, ce qu’il ne peut plus faire, ni là-bas ni ailleurs ». Avec amertume, elle ajoute que la nourriture quotidienne de ses huit enfants se réduit désormais au thé, à l’huile et au thym. Les 1 300 habitants du village d’el-Tireh sont séparés de ceux des villages palestiniens alentour par...
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