Alors que se précisent les menaces de guerre brandies par les États-Unis contre l’Irak, Israéliens et Palestiniens s’accusent mutuellement d’utiliser le contexte international à leurs propres fins. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon accuse ainsi les Palestiniens de chercher à intensifier les « attaques terroristes, avant une éventuelle intervention américaine en Irak ». « Ils présument qu’il sera de plus en plus difficile pour Israël de riposter au terrorisme, à mesure que se rapproche l’échéance d’une attaque des Américains contre l’Irak, car ils comprennent qu’Israël ne veut pas causer de difficultés aux États-Unis », a-t-il dit dans une entretien publié jeudi par le Jerusalem Post. Ces propos ont été immédiatement rejetés côté palestinien, où l’on renvoie les mêmes accusations aux Israéliens. « Ce que dit Sharon n’a pas de sens. Il veut détourner l’attention sur les Palestiniens », s’est indigné le ministre du Travail palestinien (démissionnaire), Ghassan al-Khatib. « Ce sont les Palestiniens qui ont peur de l’exploitation que fera Israël d’une éventuelle guerre en Irak », a-t-il dit, estimant que l’armée israélienne tirerait profit d’une telle situation pour « intensifier ses attaques contre les Palestiniens ». M. Khatib balaye également l’argument selon lequel Israël ferait preuve de modération pour ne pas gêner son allié américain dans ses préparatifs de guerre. « Tout ce que fait Israël en ce moment ne fait que rendre les choses plus difficiles pour les Américains », estime-t-il, se référant au siège que l’armée israélienne impose au quartier général du président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à Ramallah, opération critiquée par Washington. Pour le politologue palestinien Ali al-Jerbaoui, une guerre en Irak serait pour M. Sharon « un permis de poursuivre » ses opérations contre les Palestiniens. Le Premier ministre israélien « profite de ce que l’attention internationale est concentrée sur l’Irak pour intensifier ses opérations », estime M. Jerbaoui. En accusant les Palestiniens de profiter de la situation en Irak, Sharon « tente de convaincre le monde que ses propres actions sont légitimes », ajoute-t-il. Nombre de Palestiniens, notamment les responsables des mouvements islamistes, sont d’ailleurs convaincus que le gouvernement israélien lancera une attaque sur la bande de Gaza dès le premier coup de feu tiré en Irak. Contrairement aux grandes villes de Cisjordanie, la bande de Gaza n’a pas été réoccupée par Israël, mais les incursions récentes et de plus en plus rapprochées menées par l’armée constituent « un test » avant une opération d’envergure, estiment-ils. Mais la peur n’est pas que d’un seul côté. Pour l’analyste israélien Mark Heller, « il y a de véritables craintes chez les Israéliens. Ils sont très préoccupés par le soutien que l’Irak apporte aux Palestiniens, et l’utilisation que Saddam Hussein peut faire de ce conflit pour détourner l’attention de son propre pays ». Selon M. Heller, l’argument de Sharon affirmant qu’il sera plus difficile pour Israël de répondre au terrorisme à mesure que se rapproche l’échéance irakienne est à prendre en compte. « Il est vrai que les États-Unis exercent une certaine contrainte. Ils ne veulent pas voir le conflit du Proche-Orient à la une des écrans de télé » pendant qu’ils préparent la guerre contre l’Irak, estime l’analyste.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Alors que se précisent les menaces de guerre brandies par les États-Unis contre l’Irak, Israéliens et Palestiniens s’accusent mutuellement d’utiliser le contexte international à leurs propres fins. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon accuse ainsi les Palestiniens de chercher à intensifier les « attaques terroristes, avant une éventuelle intervention américaine en Irak ». « Ils présument qu’il sera de plus en plus difficile pour Israël de riposter au terrorisme, à mesure que se rapproche l’échéance d’une attaque des Américains contre l’Irak, car ils comprennent qu’Israël ne veut pas causer de difficultés aux États-Unis », a-t-il dit dans une entretien publié jeudi par le Jerusalem Post. Ces propos ont été immédiatement rejetés côté palestinien, où l’on renvoie les mêmes accusations...