Les opposants américains à une guerre se font entendre
le 21 septembre 2002 à 00h00
Encore peu nombreux, les opposants américains à une intervention contre l’Irak commencent à se faire entendre, prenant le contre-pied de l’Administration Bush, prête si besoin à utiliser la force contre Saddam Hussein. Ces voix émanent de parlementaires, de pacifistes, d’universitaires, d’acteurs, de religieux, qui partagent la même crainte d’une attaque préventive contre l’Irak pour la paix du monde. Jeudi, une dizaine de parlementaires démocrates et de représentants locaux se sont ainsi rassemblés sur les marches du Congrès, alors que des centaines d’intellectuels et de personnalités publiaient dans le New York Times un manifeste contre la guerre. « Une guerre injustifiée, injuste et illégale », a affirmé le représentant démocrate de l’Ohio Dennis Kucinich en se raillant du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld promu pour l’occasion « Secretary of Offense ». Le même M. Rumsfeld, l’un des « faucons » de l’Administration, a été interrompu par trois manifestantes alors qu’il entamait mercredi une déposition sur l’Irak au Congrès. « Des inspections, pas la guerre », ont-elles scandé avant d’être expulsées. George W. Bush n’est pas épargné. « Jetez Bush, pas des bombes », affirmaient des pancartes brandies par des manifestants isolés lors de récents déplacements du président dans l’Arkansas, dans l’Oregon et en Californie. Pour Sheila Jackson Lee, une représentante démocrate du Texas (Sud), « ces voix doivent être entendues et le seront. Il s’agit de vrais patriotes, d’anciens combattants aussi ». Elle affirme avoir reçu des centaines de messages électroniques disant « non à la guerre ». « À qui le tour après l’Irak ? » s’insurge une autre démocrate, Barbara Lee (Californie, Ouest). « Le monde sans Saddam sera meilleur. Mais un monde fonctionnant dans le respect de la loi, c’est encore mieux ». Un seul élu, le représentant démocrate de Virginie occidentale Nick Rahall a joint le geste à la parole en se rendant la semaine dernière à Bagdad pour une « mission de paix ». Le manifeste signé dans le New York Times par plusieurs centaines d’intellectuels américains et de personnalités était intitulé « Not in our Name » (pas en notre nom). « Il ne faudra pas que l’on dise que des gens aux États-Unis n’ont rien fait lorsque leur gouvernement a déclaré une guerre sans limite et institué de nouvelles mesures sévères de répression », ont écrit les contestataires parmi lesquels Edward Saïd, Noam Chomsky, Angela Davis, Jane Fonda et l’ancien ministre de la Justice Ramsey Clark.
Encore peu nombreux, les opposants américains à une intervention contre l’Irak commencent à se faire entendre, prenant le contre-pied de l’Administration Bush, prête si besoin à utiliser la force contre Saddam Hussein. Ces voix émanent de parlementaires, de pacifistes, d’universitaires, d’acteurs, de religieux, qui partagent la même crainte d’une attaque préventive contre l’Irak pour la paix du monde. Jeudi, une dizaine de parlementaires démocrates et de représentants locaux se sont ainsi rassemblés sur les marches du Congrès, alors que des centaines d’intellectuels et de personnalités publiaient dans le New York Times un manifeste contre la guerre. « Une guerre injustifiée, injuste et illégale », a affirmé le représentant démocrate de l’Ohio Dennis Kucinich en se raillant du secrétaire à la Défense...
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