L’arrestation à Karachi au Pakistan d’un des principaux suspects dans l’enquête sur les attentats du 11 septembre, Ramzi Ben al-Shaiba, constitue la première de cette importance depuis celle en mars dernier d’Abou Zoubeïda, un des lieutenants d’Oussama Ben Laden. Depuis l’attaque sans précédent perpétrée aux États-Unis par el-Qaëda le 11 septembre 2001, des centaines de personnes ont été arrêtées de par le monde. Mais les principaux chefs de l’organisation terroriste, hormis Abou Zoubeida, se sont évanouis dans la nature quand ils n’ont pas été tués lors de l’intervention militaire américaine en Afghanistan. Les États-Unis continuent à traquer Oussama Ben Laden, chef présumé d’el-Qaëda, mais reconnaissent tout ignorer de son sort tout comme ils ont perdu la trace de son principal lieutenant Ayman al-Zawahiri. L’arrestation de ben al-Shaiba et d’un important dirigeant d’el-Qaëda, qui n’a pas été identifié, constitue dans ce contexte un succès important du Pakistan et des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme. Ramzi ben al-Shaiba s’est vanté devant un journaliste de la chaîne qatariote al-Jazira d’avoir été le « coordinateur du mardi saint », le mardi 11 septembre 2001. Cela fait de lui le troisième suspect arrêté pour son implication dans les attentats de New York et de Washington. Le Français Zacarias Moussaoui a été le premier inculpé en liaison directe avec les attentats du 11 septembre. Arrêté en août 2001 et emprisonné aux États-Unis, il est accusé que de complicité dans leur préparation. L’accusation le considère comme le vingtième kamikaze, empêché de monter à bord d’un des quatre Boeing parce que déjà en prison après avoir été arrêté par les services d’immigration deux semaines avant les attentats. Le deuxième inculpé dans le cadre des enquêtes sur le 11 septembre a été arrêté en novembre 2001 en Allemagne. Mounir el-Motassadeq, 28 ans, est lui aussi accusé de complicité de meurtres pour les attentats aux États-Unis. Selon ses accusateurs, il est entré en contact à Hambourg en « 1995 ou 1996 » avec Mohammed Atta, considéré comme le leader des 19 kamikazes du 11 septembre. Outre ces trois personnes, des milliers d’autres ont été arrêtées dans le monde dans des conditions qui ont suscité parfois la polémique. Quelque 600 combattants présumés, membres du réseau el-Qaëda ou des talibans, sont détenus depuis des mois sur la base américaine de Guantanamo sur l’île de Cuba. Ils n’ont toujours aucune idée de la durée que va prendre leur détention, pas plus qu’ils ne savent sur quelles accusations celle-ci repose. Pour plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, comme Amnesty International, les détenus, issus de 43 pays, ont été mis dans un « oubli légal » et leurs droits humains sont bafoués. En Europe, plusieurs cellules d’el-Qaëda ou soupçonnées de liens avec l’organisation terroriste ont été démantelées et des dizaines d’islamistes arrêtés. Djamel Beghal, arrêté à Dubaï puis extradé en France en octobre, a déclaré préparer un attentat contre l’ambassade américaine à Paris. Il affirme avoir pris ses ordres directement de Abou Zoubeïda. Avec Nizar Trabelsi, arrêté en Belgique, et Kamel Daoudi, arrêté en Grande-Bretagne et extradé vers la France, les enquêteurs estiment avoir démantelé le « noyau dur » d’un réseau islamiste européen qui planifiait des attentats contre des intérêts américains sur le territoire français. En revanche, Abou Qatada, un religieux musulman soupçonné d’être le « chef spirituel » du réseau el-Qaëda, s’est mystérieusement évanoui dans la nature en Grande-Bretagne où il vivait pourtant étroitement surveillé. Un acte d’accusation de la justice antiterroriste espagnole le mentionne comme une pièce maîtresse et l’un des principaux financiers en Europe de l’organisation d’Oussama Ben Laden.
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