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Actualités - Chronologie

Le Sénat US reste divisé sur la nécessité d’une frappe préventive

Les ténors démocrates et républicains du Sénat américain ont salué le discours de George W. Bush sur l’Irak à l’Onu jeudi mais restent divisés quant à la nécessité de lui donner rapidement un feu vert pour un éventuel recours unilatéral à la force contre Bagdad. Qualifiant l’intervention présidentielle de « puissante pour montrer que Saddam Hussein pose un danger réel » pour la région et le monde, Tom Daschle, le chef de la majorité démocrate du Sénat, a néanmoins estimé que George W. Bush « n’avait pas encore démontré la nécessité d’une action militaire préventive » contre Bagdad. « Ce discours a été utile mais pas concluant », a-t-il dit. L’une des incertitudes qui subsistent est celle de « la réaction des Nations unies et du degré de soutien international » que les États-Unis obtiendront pour forcer d’une façon ou d’une autre l’Irak à accepter le retour des inspecteurs de l’Onu et à détruire ses armements de destruction massive, a expliqué le sénateur du Dakota du Sud (Nord-Ouest). « Un grand nombre de parlementaires attendent de voir le degré de soutien que nous pouvons espérer de l’Onu et de la communauté internationale avant d’engager des ressources et des troupes », a insisté Tom Daschle, soulignant que « la réponse de l’Irak à la requête des Nations unies aura un effet déterminant sur les membres du Congrès ». M. Daschle – qui avait voté contre une résolution autorisant l’ancien président Bush père à entreprendre une opération militaire contre l’Irak en 1991 après l’invasion du Koweït – a aussi insisté sur la nécessité d’un débat au Congrès avant de voter et de donner carte blanche au président pour un éventuel recours à la force. « Nous ne voulons pas précipiter les choses », a-t-il déclaré, se refusant ainsi à s’engager sur une date pour la tenue d’un vote sur l’Irak. Tom Daschle contrôle le calendrier des travaux du Sénat en sa qualité de chef de la majorité. Les républicains ont aussitôt insisté pour que le Sénat se prononce rapidement pour afficher un soutien public à George W. Bush. « Nous devons voter pour montrer notre soutien au président sans attendre car c’est une question de leadership face à cette menace sérieuse », a lancé le sénateur Trent Lott (Mississippi, Sud), le dirigeant de la minorité républicaine du Sénat. Son collègue John McCain, un ancien combattant et prisonnier au Vietnam, a ajouté que « le président devrait pouvoir dire à nos alliés que le peuple américain est derrière lui ». Selon ce sénateur, « il est peu probable que George W. Bush attende longtemps, pas plus de quelques semaines », que l’Onu agisse pour forcer Bagdad à respecter ses obligations et ses engagements. « Il y a autant de probabilités que Saddam Hussein se conforme à une nouvelle demande de l’Onu que je devienne astronaute », a ironisé M. McCain. Le sénateur d’Arizona (Sud-Ouest) a aussi noté « qu’une action militaire américaine pourrait avoir lieu avant que le nouveau Congrès ne débute ses travaux au début de janvier » sans que le Congrès actuel ait voté une résolution. M. Bush n’a pas techniquement besoin du feu vert du Congrès pour engager les forces armées américaines en Irak. Le sénateur Lott a même estimé que « les États-Unis n’avaient même pas besoin d’attendre l’Onu pour agir » face à la menace irakienne. Même s’ils s’en défendent, la réticence des démocrates à donner rapidement à M. Bush carte blanche sur l’Irak paraît s’expliquer par l’approche des élections parlementaires de mi-mandat le 5 novembre où l’enjeu est le contrôle des deux Chambres du Congrès.
Les ténors démocrates et républicains du Sénat américain ont salué le discours de George W. Bush sur l’Irak à l’Onu jeudi mais restent divisés quant à la nécessité de lui donner rapidement un feu vert pour un éventuel recours unilatéral à la force contre Bagdad. Qualifiant l’intervention présidentielle de « puissante pour montrer que Saddam Hussein pose un danger réel » pour la région et le monde, Tom Daschle, le chef de la majorité démocrate du Sénat, a néanmoins estimé que George W. Bush « n’avait pas encore démontré la nécessité d’une action militaire préventive » contre Bagdad. « Ce discours a été utile mais pas concluant », a-t-il dit. L’une des incertitudes qui subsistent est celle de « la réaction des Nations unies et du degré de soutien international » que les États-Unis...