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CONCERT - Lucky Peterson au Circus Le « Chanceux du blues »(photo)

Un des grands continuateurs du blues, le vrai, celui qui n’est pas passé à la casserole de la fusion, donne le dernier de ses quatre concerts ce soir, 22h30, au restaurant-bar Circus. Lucky Peterson le bien-nommé, 38 ans, y a installé sa guitare, son orgue et sa voix pour un public de rescapés, amoureux fous d’un rythme, d’une atmosphère aussi inclassables qu’irrésistibles. Les aficionados ont donc découvert un petit bonhomme bedonnant au sourire plein de dents blanches, encastré dans une invraisemblable chemise vert pomme et un chapeau crânement posé sur la tête. Le profil typique. Celui qu’on aime et qu’on attend. Capable d’offrir d’exquis solos de guitare (il faut rappeler combien le blues est authentiquement savoureux), aussi interminables, colorés et sensuels qu’on les espère, tout cela avec l’impeccable soutien de Chadi Nachef (guitare), Roland Ghobril (batterie) et Nadim Abou Chacra (guitare basse). Lucky Peterson sait admirablement s’accrocher un public qui, c’est vrai, ne demande que ça. Il faut dire que James Peterson, son père, est le propriétaire du Governor’s Inn, un des gros clubs de Buffalo, qui a vu passer des pointures comme Muddy Waters, Jimmy Reed et Bill Doggett. Alors, les auditeurs, ça le connaît. Jouer entre les tables, grimper des escaliers, s’asseoir sur des marches ou jouer d’une seule main, rien n’est plus simple pour ce protégé de Jimmy Smith. Qui, en passant, joue aussi de la basse, de la batterie et de la trompette. Sans se soucier le moins du monde de l’horrible rage de dents qui l’a assailli dès son arrivée à Beyrouth. Le leitmotiv d’un timide « Blues is life » est le leitmotiv que ce grand timide répète en boucle, jeté sur un canapé pendant la pause et sirotant un cocktail, l’œil frisotant du côté de sa femme, qui l’a accompagné pendant ses « vacances » libanaises. Difficile d’en savoir plus, à part que sa guitare fétiche, d’un blanc crème très enviable, porte les signatures de Macéo Parker, de Little Milton, de son père et de lui-même (la confiance en soi fait avancer le monde) et de quelques autres qui lui servent de talismans. « Tu te réveilles le matin avec, tu te couches avec, tu ne peux pas vivre sans », confie-t-il avec de brefs coups d’œil obliques en direction de la scène qui l’attend pour une seconde partie pendant laquelle le « Chanceux du blues » s’est installé devant son clavier. Du pur malt de blues distillé selon la tradition et recueilli avec ferveur par le cercle restreint des noctambules, qu’il s’agisse de musiciens amateurs invités par Lucky à le rejoindre sur la scène, tels Kamal Badaro, Fouad Goraieb, Issa Goraëb, Chady Raïdi ou Big Vic, ou des simples mortels, à qui le blues, celui des racines, est indispensable ou familier. Un grand moment, à ne pas rater. D.G.
Un des grands continuateurs du blues, le vrai, celui qui n’est pas passé à la casserole de la fusion, donne le dernier de ses quatre concerts ce soir, 22h30, au restaurant-bar Circus. Lucky Peterson le bien-nommé, 38 ans, y a installé sa guitare, son orgue et sa voix pour un public de rescapés, amoureux fous d’un rythme, d’une atmosphère aussi inclassables qu’irrésistibles. Les aficionados ont donc découvert un petit bonhomme bedonnant au sourire plein de dents blanches, encastré dans une invraisemblable chemise vert pomme et un chapeau crânement posé sur la tête. Le profil typique. Celui qu’on aime et qu’on attend. Capable d’offrir d’exquis solos de guitare (il faut rappeler combien le blues est authentiquement savoureux), aussi interminables, colorés et sensuels qu’on les espère, tout cela avec...