NATIONS UNIES, de Sylviane ZEHIL Il semble bien loin le panache de la session sur le terrorisme du 10 novembre 2001 et du sommet du millénaire. Le même dispositif de sécurité extraordinaire a été mis en place à New York, mais l’esprit a changé. Cinquante-huit présidents et chefs de gouvernement, une cinquantaine de ministres des Affaires étrangères et chefs de délégation de 190 pays (y compris la Confédération helvétique qui vient de faire son entrée au sein de la communauté internationale), se sont retrouvés au siège de l’Organisation pour cette session présidée par M. Jan Kavan, ministre des Affaires étrangères de la République tchèque. Cette année, l’Assemblée générale compte, certes, d’importants chefs d’État et de gouvernement, mais l’absence du président français Jacques Chirac, de son homologue russe Vladimir Poutine et du Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que des rois, princes et présidents arabes a donné moins d’éclat à ce débat. Les pays arabes se sont contentés de se faire représenter par leurs ministres des Affaires étrangères, notamment Mahmoud Hammoud pour le Liban, Farouk el-Chareh pour la Syrie, Ahmed Maher pour l’Égypte et l’émir Saoud el-Fayçal pour l’Arabie saoudite. L’Irak, quant à lui, était représenté par son délégué permanent auprès des Nations unies, Mohammed al-Douri, et l’OLP par Farouk Kaddoumi. Habillé d’un costume sombre, chemise blanche et cravate rouge, le président Bush, accompagné de Colin Powell et de Condoleezza Rice, a été accueilli au siège de l’Onu par le chef adjoint du protocole, Igor Novichenko, et par le représentant permanent des États-Unis aux Nations unies, John Negroponte. Après avoir eu un entretien avec le secrétaire général, Kofi Annan, et un autre avec le président de l’Assemblée générale, Jan Kavan, il a attendu son tour pour prendre la parole. Le président de l’Assemblée a ouvert rapidement le débat général, interrompu par les sonneries des cellulaires et des flashs des photographes. Jan Kavan a rappelé aux différents orateurs de limiter le temps de leurs déclarations à 15 minutes et de parler lentement afin de permettre aux interprètes de traduire. Il a aussi vivement découragé les félicitations ostentatoires aux orateurs, qui doivent quitter la salle juste après leurs discours pour regagner ensuite leur place. Soucieux sans doute de communiquer son message à la communauté internationale, George W. Bush a largement dépassé les quinze minutes allouées (le voyant rouge signifiant la fin du délai est longuement resté allumé). Faisant fi du temps qui lui était imparti, il est allé jusqu’au bout de son plaidoyer contre l’Irak. En marge de cette session, de multiples réunions formelles et informelles sont prévues. L’agenda est bien chargé pour le président américain, le secrétaire d’État Colin Powell et les autres officiels, qui devront avoir une série de pourparlers bilatéraux avec nombre de chefs d’État, Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères. Le secrétaire général de l’Onu devait par la suite offrir un grand déjeuner en l’honneur des présidents, ministres et chefs de délégation. En fin d’après-midi, son épouse réunissait les femmes des hôtes étrangers autour d’un thé. Il convient enfin de signaler que pendant que le président Bush exposait ses griefs contre l’Irak, des manifestations pacifiques se tenaient en dehors du bâtiment des Nations unies. Une barque arborant des ballons rouges et blancs faisait en outre la navette sur l’East River, dans le but d’envoyer un message pour la protection de l’environnement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats NATIONS UNIES, de Sylviane ZEHIL Il semble bien loin le panache de la session sur le terrorisme du 10 novembre 2001 et du sommet du millénaire. Le même dispositif de sécurité extraordinaire a été mis en place à New York, mais l’esprit a changé. Cinquante-huit présidents et chefs de gouvernement, une cinquantaine de ministres des Affaires étrangères et chefs de délégation de 190 pays (y compris la Confédération helvétique qui vient de faire son entrée au sein de la communauté internationale), se sont retrouvés au siège de l’Organisation pour cette session présidée par M. Jan Kavan, ministre des Affaires étrangères de la République tchèque. Cette année, l’Assemblée générale compte, certes, d’importants chefs d’État et de gouvernement, mais l’absence du président français Jacques Chirac, de son...