Contenant à grand-peine son chagrin comme des millions de ses compatriotes, le président George W. Bush a guidé hier l’Amérique dans une solennelle commémoration des 3 025 victimes des attentats du 11 septembre, puisant dans cette émouvante journée patriotique du souvenir une détermination redoublée à éradiquer le terrorisme. « Aujourd’hui, nous nous souvenons de chaque vie (...), nous renouvelons notre engagement de gagner la guerre qui a commencé ici », a déclaré M. Bush sur un ton grave et résolu devant quelque 13 500 personnes rassemblées devant la façade ouest, couverte d’une grande bannière étoilée, au Pentagone, le siège du département de la Défense à Washington. Son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a rendu hommage aux 184 personnes tuées dans l’attentat. Une pierre noircie par l’incendie, qui a été volontairement gardée, reste aujourd’hui le seul signe tangible sur cette façade reconstruite en un temps record. « Ils sont morts parce qu’ils étaient américains et parce que ce lieu est pour le monde entier un symbole de la puissance et de la détermination de notre pays », a affirmé le président, la gorge serrée. « Mais s’ils sont morts tragiquement, ils ne sont pas morts en vain », a-t-il souligné en affirmant que, dans la lutte contre le terrorisme, l’Amérique avait l’appui d’une grande partie des pays de la planète. Accompagné de son épouse Laura, M. Bush a revécu la terrible journée, l’une des plus sombres de l’histoire moderne de l’Amérique, en se rendant sur les trois sites des attentats, au Pentagone, puis dans un champ en lisière d’une forêt près de Shanksville en Pennsylvanie, où il a retrouvé les familles des 40 passagers qui s’étaient sacrifiés pour empêcher les terroristes de frapper à nouveau Washington. Tous deux ont pris ensuite le chemin de New York pour se rendre à Ground Zero et déposer une gerbe sur les lieux où la plupart des victimes des attentats avaient été ensevelies sous des milliers de tonnes de béton et d’acier, lors de l’effondrement des deux tours du World Trade Center. Le couple présidentiel avait débuté cette journée en assistant à un service religieux privé à l’église épiscopalienne St John, en face de la Maison-Blanche. Plusieurs de leurs amis et collaborateurs ont lu des passages de la Bible, tandis que l’officiant, le pasteur Luis Leon, a évoqué dans son sermon la diversité religieuse du pays et la force de l’Amérique dans l’adversité, des thèmes favoris de M. Bush. Le président devait clôturer cette journée du chagrin et du souvenir avec un discours à la nation dans la soirée, depuis le lieu le plus symbolique du pays, Ellis Island à New York, avec pour toile de fond la statue de la Liberté, qui, depuis 116 ans, incarne le rêve américain et a vu passer des dizaines de millions d’immigrants.
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