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Actualités - Reportage

Les musulmans US confrontés à un racisme accru

À l’approche du 11 septembre, Shirin Khan, 25 ans, voudrait pouvoir tourner la page, « retourner à son train-train ». Mais comme des milliers d’autres musulmans américains, sa vie a changé après les attentats, intégrant une nouvelle donnée, l’insécurité provoquée par un racisme accru à l’égard des musulmans américains. D’origine pakistanaise, elle vit avec son mari Haaris Ahmad, 27 ans, avocat, dans la banlieue de Detroit (Michigan, Nord). La famille Ahmad présente tous les attributs de la famille américaine traditionnelle, un 4X4 et une Cadillac garés devant leur élégante maison. Mais depuis le 11 septembre, l’insécurité et le racisme se sont glissés dans leur vie. Et les agressions perpétrées contre des Arabes, les attaques de mosquées et l’arrestation de milliers de musulmans ont laissé des traces. « Bien sûr, j’ai eu droit aux regards soupçonneux, d’autant plus que je porte le foulard » islamique, témoigne Shirin Khan. Dans les aéroports, son mari Haaris Ahmad, conscient d’être l’objet d’une attention particulière des services de sécurité en raison de son physique, prend soin de porter sa petite fille Imani dans ses bras. Il s’applique également à parler à sa femme ou à son compagnon de voyage. Pour que les agents de sécurité « entendent mon accent et se rendent compte que je suis américain », dit-il. Lors d’un voyage familial en juillet à Vancouver (Canada), Haaris a éprouvé un sentiment de malaise lors de chaque passage aux douanes américaines. « J’ai fait asseoir Shirin et le bébé avec moi devant (dans la voiture), pour avoir l’air d’un père de famille en vacances », raconte-t-il. « Avant, je me moquais de mes parents (qui ont immigré du Pakistan aux États-Unis) quand ils faisaient ce genre de choses quand nous étions petits et qu’ils venaient d’arriver dans le pays », se souvient-il. La mère de Haaris, Ghazala Burney-Ahmad, une obstétricienne de 59 ans, a elle-même réduit ses voyages à Toronto pour voir sa sœur, ainsi que ses sorties pour aller faire des courses dans la ville canadienne frontalière de Windsor, « à cause de l’attention particulière » dont elle fait l’objet « en raison de mon type physique ». Alors que l’anniversaire du 11 septembre approche, elle et son fils sont indignés par ce qu’ils voient comme des atteintes continues aux libertés civiles des musulmans et des Arabes. « Dès qu’ils vont remontrer les images du 11 septembre, il va y avoir des gens – des gens peu éduqués – qui vont être incités à faire des choses qu’ils ne devraient pas faire », s’inquiète également Mme Burney-Ahmad. « Les médias ont pour responsabilité de donner des informations, mais ils ne devraient pas continuer à insister sur des choses qui répandent la haine », dit-elle, encore marquée par la vague d’hostilité antimusulmane, cependant limitée, de l’an dernier. « Le problème n’est pas la couverture médiatique, mais le sensationnalisme », estime de son côté son fils Haaris. « Je voudrais voir comment les familles des victimes font face, comment vont les enfants, mais je ne crois pas que cela peut aider les familles des victimes de voir et de revoir encore ces images », dit-il.
À l’approche du 11 septembre, Shirin Khan, 25 ans, voudrait pouvoir tourner la page, « retourner à son train-train ». Mais comme des milliers d’autres musulmans américains, sa vie a changé après les attentats, intégrant une nouvelle donnée, l’insécurité provoquée par un racisme accru à l’égard des musulmans américains. D’origine pakistanaise, elle vit avec son mari Haaris Ahmad, 27 ans, avocat, dans la banlieue de Detroit (Michigan, Nord). La famille Ahmad présente tous les attributs de la famille américaine traditionnelle, un 4X4 et une Cadillac garés devant leur élégante maison. Mais depuis le 11 septembre, l’insécurité et le racisme se sont glissés dans leur vie. Et les agressions perpétrées contre des Arabes, les attaques de mosquées et l’arrestation de milliers de musulmans ont laissé des...