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Le 11 septembre, une aubaine pour les banques islamiques, selon des experts

La campagne lancée en Occident contre des institutions financières islamiques après les attentats du 11 septembre a été, paradoxalement, une aubaine pour les banques islamiques, selon des responsables de ces banques à Bahreïn. Pour ces responsables, qui ont participé samedi à Manama à une réunion des gouverneurs des banques centrales et des institutions financières arabes, la preuve est la hausse des opérations de dépôt durant les trois mois qui ont suivi les attentats à New York et Washington. « La campagne dénotait de l’incompréhension (des Occidentaux), en particulier les politiciens, et de leur ignorance du mode de fonctionnement de ces banques », a estimé Admane Youssef, directeur exécutif de la Banque islamique de Bahreïn. « Mais après des visites dans la région, les responsables bancaires et les économistes ont réalisé que les banques islamiques fonctionnent comme les autres banques et compris qu’elles sont soumises au contrôle de l’Agence monétaire de Bahreïn (Banque centrale), à l’instar des autres banques », a-t-il déclaré. Après les attentats du 11 septembre, de fortes pressions ont été exercées sur les institutions financières islamiques dans les monarchies du Golfe, pour geler les avoirs suspects ou liés à des groupes terroristes présumés. Les États-Unis ont notamment exigé de ces monarchies d’adopter de nouvelles règles pour leur système bancaire traditionnel et de mieux contrôler les organisations caritatives, pour qu’elles ne financent pas des activités terroristes. Selon M. Youssef, « au cours des trois mois après les attentats aux États-Unis, les opérations de dépôt dans les banques islamiques ont enregistré une hausse de 5 % par rapport à la moyenne habituelle, qui était entre 5 et 10 % ». Il a expliqué cette hausse notamment par « les retraits d’avoirs placés dans des banques occidentales, en particulier américaines », pour être placés dans des banques islamiques. Selon lui, « ces retraits ont été estimés entre 150 et 200 millions de dollars, rien que durant ces trois mois ». Pour sa part, un banquier bahreïni, Abdellatif Janahi, a affirmé que les attentats du 11 septembre n’avaient pas « affecté les activités des banques islamiques, bien qu’ils aient suscité une certaine panique auprès des déposants, en raison des mesures » adoptées dans les pays arabes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Selon lui, « les dépôts dans les banques islamiques ont poursuivi leur croissance annuelle, qui varie entre 10 % et 15 %, et qui peut atteindre 40 % en cas d’un événement majeur et inattendu, susceptible de créer la panique des déposants dans les banques étrangères ». M. Janahi a estimé à 174,4 milliards de dollars les dépôts placés dans les banques islamiques fin 2000. « Ces dépôts pourront atteindre 200 millions de dollars en cas de poursuite du taux actuel de croissance », a-t-il ajouté. Pour le vice-gouverneur de la Banque centrale de Bahreïn, Khaled al-Bassam, « les attentats du 11 septembre ont certes porté préjudice à l’image des banques islamiques, mais n’ont pas affecté leurs activités ». Le système bancaire islamique diffère du système conventionnel, dans la mesure où l’emprunt n’est pas soumis à un taux d’intérêt, assimilé à l’usure, interdite par la religion musulmane. Les banques islamiques ne versent pas non plus d’intérêts à taux fixe aux déposants, mais leur proposent une rémunération indexée sur la performance (bénéfices ou pertes) effectuée par les investissements réalisés. Bahreïn compte quelque 70 banques, dont une trentaine de banques et institutions financières islamiques, 46 parmi elles étant offshore. En août, ce pays s’est doté d’un marché financier islamique mondial, l’International Islamic Financial Market (IIFM), destiné à développer les investissements islamiques.
La campagne lancée en Occident contre des institutions financières islamiques après les attentats du 11 septembre a été, paradoxalement, une aubaine pour les banques islamiques, selon des responsables de ces banques à Bahreïn. Pour ces responsables, qui ont participé samedi à Manama à une réunion des gouverneurs des banques centrales et des institutions financières arabes, la preuve est la hausse des opérations de dépôt durant les trois mois qui ont suivi les attentats à New York et Washington. « La campagne dénotait de l’incompréhension (des Occidentaux), en particulier les politiciens, et de leur ignorance du mode de fonctionnement de ces banques », a estimé Admane Youssef, directeur exécutif de la Banque islamique de Bahreïn. « Mais après des visites dans la région, les responsables bancaires et les...