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Actualités - Reportage

Violon d’Ingres...Nazih Moussallem « Tout pour la musique ! »(PHOTO)

Il donne tout pour la musique, comme le dit la chanson… Nazih Moussallem lui donne son temps, son énergie, ses longues nuits presque blanches et ses réveils quelquefois pénibles, avec bonheur. Quand on aime, on ne calcule pas… azih Moussallem ne calcule pas. Toutes les petites vies – professionnelles surtout – qu’il a traversées, elles sont pourtant nombreuses, les recommencements, les petits bonheurs, les grandes attentes, les déceptions. « Je n’ai rien à cacher ! », affirme-t-il d’emblée. Lorsqu’il raconte sa vie, c’est souvent sur un air de blues, à l’heure feutrée des bilans, moment ponctué de rock’n roll lorsque la colère passe, comme un ange mécontent, avant de céder la place à un court silence, un ange est passé. Il reprend alors une centième cigarette, l’enfile dans un filtre de meilleure conscience, reprend un souffle chargé qui aurait le goût de la soirée d’hier et c’est reparti. Pourtant, à ses débuts, Nazih a beaucoup calculé, par nécessité, par ambition. Il a calculé les meilleures offres, monnayé sa personne, très vite abandonné Sciences Po, ses études à peine achevées, pour collaborer quelques mois avec l’agence de publicité Éclair Kazan, alors une des plus grandes agences de la région, avant de repartir vers d’autres horizons. De directeur média, il deviendra très rapidement responsable de budgets. De 350 LL chez Grant Advertising il atteindra en quelques mois les 1000 LL chez Intermarkets. « C’était tout ce qu’il me fallait ! » Mais voilà, quelques années plus tard, ce n’était plus vraiment ce qu’il lui fallait. « J’ai eu envie de connaître l’autre côté, celui du client. » Il devient alors directeur marketing de Yardley International basé à Londres avant de rejoindre Indevco Group. « J’ai passé des années à voyager, je voulais enfin m’installer. » Le saltimbanque pas encore officiellement troubadour veut se fixer, déposer ses bagages. Pour ce faire, il retrouve le Liban où il fonde l’agence Trust Advertising, « le 13 mars 1981 », précise-t-il, les bons souvenirs ne s’oublient pas. Rapidement rejoint par Ramsay Najjar puis Alain Brenas, le « trio magique », infernal pour certains, fonctionne jusqu’en 1989. Ils ne sont plus que deux. Avec Alain Brenas, Nazih constatera les dégâts causés par la guerre des autres aux bureaux situés au centre Myrna Chalouhi, « il ne restait qu’ un tas de cendres », les mauvais souvenirs ne s’oublient pas non plus. En 1996, pour des raisons personnelles, écœuré, « j’ai décidé de vendre ma part et de partir ». Le divorce d’avec le monde de la pub se fera graduellement, entre 1996 et 2000, il va gérer des sociétés de production de films publicitaires avant de s’écrier « basta ! ». Sur un air de boogie woogie Basta la pub et basta les contraintes et les déceptions ! Nazih Moussallem préfère revenir à ses premières amours, la musique. « Dans les années 60, à l’école, nous avions formé un groupe intitulé Kontrol, Philippe Duc était à la batterie et Georgina Rizk, pas encore Miss Univers, était go go girl ! Puis la fièvre est passée. » Ou plutôt calmée. Nazih crée des jingles pour les publicités dont il s’occupe et inaugure au Key Club d’Achrafieh un « live music. » « L’amour de la musique, que j’avais oublié pendant 25 ans, s’est réveillé en moi. J’ai senti que je pouvais enfin vaquer à mes désirs de gosse, jouer du blues. » Il crée alors une formation qu’il transporte avec lui de lieu en lieu et d’aventure en aventure. « Si les gens pouvaient ressentir 10 % de ce que je ressens lorsque je joue, ils seraient les plus heureux du monde. L’improvisation dégage une telle intensité émotionnelle, c’est un peu le nirvana. L’instrument musical est pour moi l’être le plus fidèle au monde, il ne meurt pas, ne vous quitte jamais et ne vous laisse jamais seul. » Depuis 10 mois, Nazih a installé ses objets animés devenus amis fidèles au Boogie Woogie. Il ne joue plus, pour le moment « j’ai envie de faire de la musique pour la musique », mais s’applique à rendre ses hôtes heureux. « L’important est pour moi qu’il s’y passe quelque chose chaque soir. » Ses projets à venir, « jouer avec un groupe de musiciens professionnels dans les écoles et les universités, partager la musique vraie. » « Je ne fais jamais les choses à moitié », conclut-il. Ce monsieur donne tout pour la musique. Carla HENOUD
Il donne tout pour la musique, comme le dit la chanson… Nazih Moussallem lui donne son temps, son énergie, ses longues nuits presque blanches et ses réveils quelquefois pénibles, avec bonheur. Quand on aime, on ne calcule pas… azih Moussallem ne calcule pas. Toutes les petites vies – professionnelles surtout – qu’il a traversées, elles sont pourtant nombreuses, les recommencements, les petits bonheurs, les grandes attentes, les déceptions. « Je n’ai rien à cacher ! », affirme-t-il d’emblée. Lorsqu’il raconte sa vie, c’est souvent sur un air de blues, à l’heure feutrée des bilans, moment ponctué de rock’n roll lorsque la colère passe, comme un ange mécontent, avant de céder la place à un court silence, un ange est passé. Il reprend alors une centième cigarette, l’enfile dans un filtre de meilleure...