La France, tenante du titre, ouvre le bal des éliminatoires à l’Euro 2004 aujourd’hui à Chypre, petit pays qu’en d’autres temps elle aurait considéré comme une proie facile et dont aujourd’hui elle se méfie comme de n’importe quel adversaire. Ce premier match officiel depuis le désastre du Mondial a la valeur d’un test que les champions d’Europe, toujours en proie au doute, ne sont pas certains de réussir. Eux qui ne perdaient presque jamais avant la Coupe du monde ne gagnent plus. Ils restent sur quatre matchs sans victoire et leur dernier succès remonte au 25 mai dernier (3-2) face à la Corée du Sud, dans un match qui leur avait coûté leur meneur Zinedine Zidane. L’autocritique de l’échec subi à Séoul n’a pas été complètement faite et, même si le sélectionneur a été remplacé, l’équipe de France ne sait pas vraiment où se situer. Sa dernière sortie et le nul (1-1) chanceux ramené de Tunisie illustrent parfaitement la situation confuse où elle se débat. Les nouvelles règles de vie imposées par Jacques Santini ont pour but de ramener une sérénité perdue, mais le sélectionneur des Bleus sait que seule la victoire possède cette vertu d’apaisement. Dans ce contexte, même un match nul (sans parler d’une défaite) serait accueilli aujourd’hui comme un mauvais résultat, car il faudrait considérer le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein. Face à un adversaire à sa mesure, la France a l’occasion de rapporter trois points de Nicosie mais elle peut en laisser échapper deux en cas de parité au score. Et ce serait inquiétant dans un groupe dont chacun louait la faiblesse au moment du tirage au sort. Attaque inédite La victoire aurait également une autre vertu, celle d’accélérer l’intégration des jeunes parmi les anciens. Santini n’avait guère d’autre choix que d’apporter avec ses nouvelles idées de nouvelles têtes, les anciennes ayant roulé dans le panier de la déroute coréenne. Pour le stratège français, le rajeunissement des Bleus est une obligation qui se présente sous la forme d’un chemin à sens unique : comme en 1994 après la non-qualification pour le Mondial américain, il n’y a pas d’autres possibilités. En misant sur les Espoirs, l’ancien coach lyonnais fait le seul pari possible : il donne sa chance à la jeunesse et croise les doigts pour que les talents s’amalgament. Pour cette première rencontre des éliminatoires, Santini, conscient que l’équilibre est encore loin d’être trouvé, devrait faire des choix stratégiques prudents. La défense à trois a peu de chances d’être utilisée et la seule véritable question qui vaille est le placement de Lilian Thuram en défense centrale ou son maintien sur le côté droit. En l’absence de Bixente Lizarazu et Vincent Candela, blessés, le flanc gauche va revenir à Mickael Silvestre, impressionnant à ce poste avec Manchester United. Le milieu de terrain devrait aussi jouer la solidité avec trois récupérateurs (Vieira, Petit et Makelele) tandis que Zidane s’occuperait de l’animation. En revanche, la question de l’attaque est totalement ouverte. David Trezeguet et Thierry Henry sont forfaits tandis que Nicolas Anelka n’a pas été rappelé. C’est donc une paire totalement inédite depuis 1999 qui débutera le match. Sylvain Wiltord, qui brille à Arsenal, pourrait être titularisé à moins que Santini ne souhaite revoir un duo qu’il avait déjà testé à Lyon : Steve Marlet et Sidney Govou. La dernière option pourrait être d’associer les compères auxerrois Djibril Cissé et Olivier Kapo, mais ce dernier n’a jamais joué à ce niveau et il est peu-être encore un peut tôt pour le plonger dans le bain. Équipe probable 23-Grégory Coupet ; 15-Lilian Thuram, 5-Philippe Christanval, 8-Marcel Desailly, 13-Mickael Silvestre ; 4-Patrick Vieira, 7-Claude Makelele, 17-Emmanuel Petit, 10-Zinedine Zidane ; 11-Sylvain Wiltord, 9-Djibrill Cissé.
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