Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L’Afrique du Sud se félicite, mais vise plus gros

L’Afrique du Sud s’est autocongratulée sans retenue pour la façon dont s’était déroulé le sommet de la Terre de Johannesburg, y voyant un succès tant logistique que politique, et dit avoir tiré nombre d’enseignements, en vue d’objectifs plus lourds encore, comme des JO ou un Mondial. L’accord obtenu « est excellent », a estimé à la clôture l’un des négociateurs, le ministre sud-africain de l’Industrie Alec Erwin. Avant de corriger: « Globalement, le meilleur qu’on pouvait espérer étant donné les circonstances. » « Il y avait des choses politiquement impossibles, a-t-il reconnu, comme s’attendre à ce que l’Europe change sa politique agricole, ou que Japon et États-Unis acceptent des objectifs chiffrés d’énergies renouvelables ». Mais Alec Erwin a salué les avancées sur la pêche, la biodiversité et surtout « l’acceptation formelle, au niveau d’un sommet, des liens entre négociations commerciales, développement et environnement ». Du point de vue de l’Afrique, où les enjeux de développement durable sont souvent « affaire de vie ou de mort », les attentes du continent « ont été bien traitées », a jugé le président Thabo Mbeki. Et un pays africain a montré au passage qu’il pouvait tenir un tel sommet, aidant à « changer une certaine perception du continent », a-t-il dit. Car logistiquement, « nous avons montré au monde cette semaine que nous avions la capacité », a claironné le ministre à la Présidence Essop Pahad. « Nous avons atteint tous nos objectifs, en fait nous avons même dépassé les attentes », ajoutait Moss Moshishi de JOWSCO, firme chargée de la logistique. L’heure était aux chiffres côté sud-africain, mais pas au coût. « Pas de calcul jusqu’à ce que toutes les factures soient rentrées », et un audit complet bouclé, ont dit MM. Moshishi et Pahad, sans confirmer le montant de 550 millions de rands (55 millions USD) évoqué au dernier présommet, un montant qu’on disait alors couvert à 80-85 %. Du transport au logement, les organisateurs ont relevé l’absence d’accroc majeur, avec « sept plaintes seulement » pour 13 000 délégués transportés chaque jour, 30 000 délégués en ville. Les hôtels n’ont pas surfacturé, la circulation n’a pas été paralysée. Au-delà du shopping ou du tourisme post-sommet, le pays espère des retombées économico-sociales. L’objectif de 30 % des contrats ou des dépenses allant à des firmes ou des prestataires noirs a été dépassé (48 %) grâce à des joint-ventures avec des groupes établis, et ces synergies pourraient durer, indique JOWSCO. En matière d’ingénierie sociale, l’Afrique du Sud a découvert, non sans candeur, que le Sud est à la traîne, aussi, en matière de lobbying international sur les grands enjeux, tant au niveau gouvernemental que celui des ONG. « La faiblesse de la société civile en général en Afrique est apparue nettement, déclarait Zola Skweyiya, ministre du Développement social. Il y a une domination des ONG du Nord, c’est leur voix qu’on entend et non celle des ONG du Sud, encore moins d’Afrique, et encore moins du monde rural, là où pourtant sont les plus pauvres. » « Nous n’avons pas de voix à Washington, à New York, à Genève (...) Nous devons déterminer des façons de faire entendre les ONG, de les rendre plus efficaces », a-t-il poursuivi. Cette nouvelle ravira certaines ONG sud-africaines, qui se sont plaintes d’un accès restreint aux travaux du sommet, ou d’avoir été « délocalisées » à 15 km dans un parc d’exposition devenu « Forum de la société civile », une mise à l’écart, selon elles, savamment orchestrée. Forte de cette expérience, l’Afrique du Sud se tourne vers de nouveaux objectifs. « J’ai toujours rêvé des Jeux olympiques et du Mondial. C’est à présent un espoir. Pourquoi pas ? », s’est demandé Essop Pahad, à propos d’événements que le pays a déjà manqués de peu, au profit d’Athènes (JO 2004) et de l’Allemagne (Mondial 2006).
L’Afrique du Sud s’est autocongratulée sans retenue pour la façon dont s’était déroulé le sommet de la Terre de Johannesburg, y voyant un succès tant logistique que politique, et dit avoir tiré nombre d’enseignements, en vue d’objectifs plus lourds encore, comme des JO ou un Mondial. L’accord obtenu « est excellent », a estimé à la clôture l’un des négociateurs, le ministre sud-africain de l’Industrie Alec Erwin. Avant de corriger: « Globalement, le meilleur qu’on pouvait espérer étant donné les circonstances. » « Il y avait des choses politiquement impossibles, a-t-il reconnu, comme s’attendre à ce que l’Europe change sa politique agricole, ou que Japon et États-Unis acceptent des objectifs chiffrés d’énergies renouvelables ». Mais Alec Erwin a salué les avancées sur la pêche, la...