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Actualités - Chronologie

La BCE sous pression pour baisser ses taux

Face à l’essoufflement de la reprise, la Banque centrale européenne fait l’objet d’appels pressants pour baisser ses taux d’intérêt, mais ne paraît pas vouloir s’y résoudre dans l’immédiat en raison notamment des signes de dérapage des déficits publics.Pour la première fois depuis des mois, un chef de gouvernement de la zone euro a publiquement demandé hier une réduction du coût du crédit, quitte à froisser une institution très jalouse de son indépendance à l’égard du pouvoir politique. « Il doit être possible, dans la situation actuelle, de recevoir un coup de pouce de la Banque centrale européenne », a déclaré le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel, en évoquant une baisse d’au moins 0,25 %. Un appel du pied relayé le même jour par l’un des principaux conseillers économiques du gouvernement allemand, Juergen Kromphardt. « Cela serait assurément bénéfique à la conjoncture », a-t-il déclaré dans une interview. Depuis près de dix mois, la BCE n’a pas touché à son taux directeur, fixé à 3,25 %. Le problème est que la reprise de l’activité, sur laquelle elle comptait, patine avant même d’avoir pu réellement décoller, réduisant d’autant la marge de manœuvre des gouvernements. On assiste « désormais à un retournement sans équivoque, qui va déboucher en 2003 sur une croissance molle, au voisinage de 1,5 % », analyse Emmanuel Ferry, économiste de la société de Bourse Exane. Pour l’heure, la BCE fait la sourde oreille. L’un des membres les plus écoutés de son conseil des gouverneurs, le Français Jean-Claude Trichet, a qualifié mardi le niveau des taux de toujours « approprié », offrant du même coup peu d’espoir pour une détente monétaire lors de la réunion de rentrée de l’institut le 12 septembre. Certes, la BCE prend acte de la dégradation conjoncturelle. Elle vient de revoir en baisse ses propres prévisions de croissance pour la fin de l’année en zone euro. Mais l’inflation lui donne quelques soucis. Elle est repassée au-dessus du seuil sensible des 2 % le mois dernier en zone euro, tandis que les menaces de conflit en Irak recommencent à faire grimper le prix du pétrole et que les tarifs des services en Europe dérapent depuis plusieurs mois. « L’évolution de l’inflation ne donne pas assez de marge de manœuvre pour une baisse des taux de la BCE. La hausse des prix ne devrait pas ralentir à court terme », juge Susana Garcia-Cervero, de la Deutsche Bank. L’évolution budgétaire en zone euro n’est pas non plus faite pour encourager la BCE. Jamais le Pacte de stabilité, qui contraint les pays de la zone euro à tenir serrés les cordons de la Bourse, n’a paru aussi fragile. Rome souhaite un assouplissement de ce mécanisme, à la fois de plus en plus contesté et discrédité. La France et l’Allemagne, de leur côté, ont conditionné leur promesse d’un retour à un quasi-équilibre des comptes publics en 2004 à des taux de croissance qui semblent désormais illusoires. Or, la Banque centrale a prévenu à plusieurs reprises dans le passé qu’un non-respect des règles rendrait « plus difficile sa mission de politique monétaire de maintien de la stabilité des prix ». Un avertissement sans frais.
Face à l’essoufflement de la reprise, la Banque centrale européenne fait l’objet d’appels pressants pour baisser ses taux d’intérêt, mais ne paraît pas vouloir s’y résoudre dans l’immédiat en raison notamment des signes de dérapage des déficits publics.Pour la première fois depuis des mois, un chef de gouvernement de la zone euro a publiquement demandé hier une réduction du coût du crédit, quitte à froisser une institution très jalouse de son indépendance à l’égard du pouvoir politique. « Il doit être possible, dans la situation actuelle, de recevoir un coup de pouce de la Banque centrale européenne », a déclaré le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel, en évoquant une baisse d’au moins 0,25 %. Un appel du pied relayé le même jour par l’un des principaux conseillers économiques du...