Le président égyptien Hosni Moubarak, pourtant un des principaux alliés de Washington au Proche-Orient, a réitéré avec force hier son opposition à une attaque américaine contre l’Irak, ajoutant sa voix aux mises en garde désormais quasi quotidiennes d’autres dirigeants arabes. « Je ne pense pas qu’il y ait un État arabe qui veuille une attaque contre l’Irak, ni le Koweït, ni l’Arabie saoudite, ni aucun autre pays » arabe ne souhaitent cela, a affirmé M. Moubarak dans un discours devant des étudiants, à Alexandrie (nord de l’Égypte), retransmis par la télévision nationale. L’autre grand allié des États-Unis au Proche-Orient, l’Arabie saoudite, « a clairement dit qu’elle ne permettra pas l’utilisation de ses bases pour attaquer l’Irak », a-t-il rappelé. M. Moubarak, qui ne cesse depuis plusieurs mois de répéter son opposition à un tel projet, réagissait aux déclarations, la veille, du vice-président américain Dick Cheney. Ce dernier a averti que son pays ne pouvait ignorer la menace que représente, à ses yeux, le président irakien Saddam Hussein. « Le risque d’inaction est plus grand que celui de l’action », face à la possibilité que Saddam Hussein se dote de l’arme nucléaire, a-t-il lancé, réaffirmant une nouvelle fois les intentions américaines vis-à-vis de Bagdad. M. Moubarak a, quant à lui, répété qu’une intervention militaire en Irak conduirait au « chaos dans toute la région », où le conflit israélo-palestinien constitue déjà un facteur chronique de déstabilisation. « Si l’on attaque l’Irak, et si l’on tue des Irakiens alors que les Palestiniens se font tuer (par Israël), cela conduira à une situation dangereuse », et « aucun dirigeant arabe ne pourra alors contrôler l’explosion de colère des masses », a-t-il ajouté. Lundi à Djeddah (Arabie saoudite), le président syrien Bachar el-Assad et le prince héritier saoudien Abdallah avaient lancé la même mise en garde. Une frappe américaine pourrait « déstabiliser la paix et la sécurité et provoquer des tragédies humaines dans la région », ont-ils dit. Chef de file des monarchies arabes du Golfe, l’Arabie s’est déclarée à maintes reprises opposée à toute frappe américaine en Irak et a affirmé que ses bases ne serviraient pas au lancement d’une action militaire contre ce pays. Soulignant une nouvelle fois les « retombées négatives de toute opération militaire en Irak sur la stabilité de la région, déjà en butte à de nombreux problèmes et conflits, et de la Jordanie en particulier », le Premier ministre jordanien Ali Abou Ragheb a pour sa part tenté dimanche de proposer la voie diplomatique. Il a estimé « nécessaire un dialogue entre l’Onu et Bagdad pour permettre le retour en Irak des inspecteurs afin de s’assurer de l’absence d’armes de destruction massive ». « Et si cela se confirme, il faut en contrepartie (donner) des garanties à l’Irak sur la levée de l’embargo » multiforme qui le frappe depuis son invasion du Koweït le 2 août 1990, a-t-il déclaré. Selon lui, cette équation aura l’avantage d’« encourager l’Irak à appliquer les résolutions internationales dans l’espoir d’obtenir la levée de l’embargo et évitera à ce pays et à la région les retombées négatives d’une attaque ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président égyptien Hosni Moubarak, pourtant un des principaux alliés de Washington au Proche-Orient, a réitéré avec force hier son opposition à une attaque américaine contre l’Irak, ajoutant sa voix aux mises en garde désormais quasi quotidiennes d’autres dirigeants arabes. « Je ne pense pas qu’il y ait un État arabe qui veuille une attaque contre l’Irak, ni le Koweït, ni l’Arabie saoudite, ni aucun autre pays » arabe ne souhaitent cela, a affirmé M. Moubarak dans un discours devant des étudiants, à Alexandrie (nord de l’Égypte), retransmis par la télévision nationale. L’autre grand allié des États-Unis au Proche-Orient, l’Arabie saoudite, « a clairement dit qu’elle ne permettra pas l’utilisation de ses bases pour attaquer l’Irak », a-t-il rappelé. M. Moubarak, qui ne cesse depuis...