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POLÉMIQUE Pas d’analyse ADN de Napoléon

Le ministère français de la Défense a refusé l’analyse ADN d’un fragment de l’épiderme facial de Napoléon 1er réclamée par un historien pour trancher la polémique sur une éventuelle substitution du corps de l’empereur avant son rapatriement en France en 1840. Dans un courrier au chercheur, Bruno Roy-Henri, les autorités militaires invoquent l’incertitude qui entoure les nombreuses études qui « ont tenté de démontrer que le corps exhumé en 1840 à Sainte-Hélène n’était pas celui de l’empereur ». « Les théories qui remettent en question l’identité du corps inhumé dans le porphyre des Invalides ne revêtent pas, pour l’instant, un caractère suffisant pour justifier l’analyse du fragment de l’épiderme facial », écrivent-elles. Selon cette lettre, datée du 26 juillet, l’autorisation des descendants de l’empereur devrait être en outre sollicitée avant toute analyse. « Je trouve ça suspect, je ne vous le cache pas, cela renforce mes doutes », a déclaré le week end dernier Bruno Roy-Henri à Reuters. Un morceau d’épiderme du visage de Napoléon a été prélevé par le docteur Guillard, chirurgien à bord du navire La Belle Poule, lors de l’exhumation du corps de l’empereur à Sainte-Hélène. Par la suite, Napoléon III en a fait don à son écuyer, Firmin Rainbeaux, et un descendant de ce dernier l’a remis au musée de l’Armée en 1936. Selon Libération, qui a révélé l’affaire, la thèse d’une substitution par les Anglais du corps de l’empereur, afin qu’une autopsie ne révèle pas son empoisonnement à Sainte-Hélène (une thèse également avancée depuis de nombreuses années), a longtemps été défendue par des historiens amateurs avant d’intéresser des chercheurs plus institutionnels. Bruno Roy-Henri, dans un ouvrage publié en 2000, L’énigme de l’exhumé de 1840, a complété la thèse avancée dès 1969 par un autre chercheur, Georges Rétif de la Bretonne. Les faits troublants viendraient de la comparaison des procès-verbaux d’inhumation, en mai 1821, et d’exhumation, en octobre 1840, du corps de Napoléon en vue de son rapatriement en grande pompe à Paris. Selon Bruno Roy-Henri, les PV diffèrent sur plusieurs points, qu’il s’agisse de la présentation du cercueil, du positionnement du grand cordon de la Légion d’honneur, de la qualité des dents exhumées, de l’endroit où se trouvaient les vases contenant le cœur et l’estomac. « Les sceptiques considèrent que les faits consignés à l’époque n’ont pas la rigueur d’un procès-verbal tel qu’on le conçoit aujourd’hui, que des distorsions sont inévitables », écrit Libération. En outre, des fidèles de l’empereur, comme les généraux Bertrand et Gourgaud, ont participé aux deux opérations et n’ont jamais émis de doutes sur l’identité du corps ramené à Paris et inhumé sous le dôme des Invalides.
Le ministère français de la Défense a refusé l’analyse ADN d’un fragment de l’épiderme facial de Napoléon 1er réclamée par un historien pour trancher la polémique sur une éventuelle substitution du corps de l’empereur avant son rapatriement en France en 1840. Dans un courrier au chercheur, Bruno Roy-Henri, les autorités militaires invoquent l’incertitude qui entoure les nombreuses études qui « ont tenté de démontrer que le corps exhumé en 1840 à Sainte-Hélène n’était pas celui de l’empereur ». « Les théories qui remettent en question l’identité du corps inhumé dans le porphyre des Invalides ne revêtent pas, pour l’instant, un caractère suffisant pour justifier l’analyse du fragment de l’épiderme facial », écrivent-elles. Selon cette lettre, datée du 26 juillet, l’autorisation des...