Après US Airways et American Airlines, United Airlines (UAL) est venue s’ajouter hier aux compagnies aériennes américaines acculées à une restructuration massive pour tenter de survivre. En annonçant qu’elle pourrait, dès l’automne, se placer en situation de redressement judiciaire (Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites), la deuxième compagnie aérienne américaine derrière American Airlines n’a pas surpris le marché. Dès la décision dimanche de la septième compagnie du pays, US Airways, d’invoquer la protection de la loi sur les faillites, les experts du secteur avaient désigné UAL comme la plus susceptible de suivre le mouvement. En reconnaissant qu’elle ne pourrait pas faire face à des échéances de 875 millions de dollars sur sa dette au 4e trimestre, UAL a révélé l’ampleur de ses difficultés, aggravées par une baisse de plus de 14 % de son trafic passager depuis le début de l’année. Comme American Airlines, qui n’a pas évoqué pour sa part de redressement judiciaire, UAL va supprimer des emplois, diminuer le nombre de ses vols et réduire sa flotte. Les détails du plan seront révélés dans les prochains jours aux actionnaires de la compagnie, dont ses pilotes, qui jouent un rôle déterminant dans sa gestion. « Le monde a changé », a constaté Jack Creighton, PDG d’UAL, cité dans un communiqué après la clôture de la Bourse. « Le chiffre d’affaires ne se rétablit pas comme nous nous y attendions, la demande ne reprend pas, les tarifs restent très bas et le secteur se demande comment faire face », a-t-il ajouté. UAL a déposé fin juin une demande d’aide de 1,8 milliard de dollars auprès du gouvernement fédéral au titre du plan de soutien au secteur aérien décidé par le Congrès après les attentats du 11 septembre. La compagnie a précisé que c’était dans le cadre de l’examen par les autorités de cette demande qu’elle avait décidé d’accroître l’ampleur de son plan de restructuration, une façon, sans doute, d’admettre qu’il était jugé insuffisant. En plus des difficultés touchant l’ensemble du secteur depuis quelques années et aggravées par les attentats du 11 septembre, UAL doit faire face à l’effondrement du cours de son action en Bourse ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, UAL a perdu 851 milliards de dollars après avoir déjà affiché un trou de 2,1 milliards de dollars en 2001. Elle avait conclu à la mi-juin un accord de réduction de salaires avec ses pilotes pour diminuer ses coûts de fonctionnement de 430 millions de dollars par an, mais cette proposition avait ensuite été rejetée par les mécaniciens de la compagnie. La compagnie veut agir vite pour trouver un nouvel accord qui lui permettrait de mettre en place son plan de restructuration et de survivre. « Nous nous sommes donné un délai très court, 30 jours, pour conclure nos discussions avec nos actionnaires. En conséquence, les changements auxquels nous voulons procéder sont urgents, significatifs et prendront effet immédiatement », a averti Jack Creighton. « À moins que nous ne parvenions à réduire nos coûts de manière drastique, nous placer sous la protection de la loi sur les faillites sera la seule manière d’assurer l’avenir de la compagnie et la poursuite de nos activités », a-t-il prévenu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après US Airways et American Airlines, United Airlines (UAL) est venue s’ajouter hier aux compagnies aériennes américaines acculées à une restructuration massive pour tenter de survivre. En annonçant qu’elle pourrait, dès l’automne, se placer en situation de redressement judiciaire (Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites), la deuxième compagnie aérienne américaine derrière American Airlines n’a pas surpris le marché. Dès la décision dimanche de la septième compagnie du pays, US Airways, d’invoquer la protection de la loi sur les faillites, les experts du secteur avaient désigné UAL comme la plus susceptible de suivre le mouvement. En reconnaissant qu’elle ne pourrait pas faire face à des échéances de 875 millions de dollars sur sa dette au 4e trimestre, UAL a révélé l’ampleur de ses...