Le faible niveau des championnats d’Europe d’athlétisme, terminés dimanche à Munich, peut inquiéter le Vieux Continent à douze mois des Mondiaux qui auront lieu à Paris. À part quelques somptueux rayons de soleil, le stade olympique a été aussi avare en éclaircies sportives que le ciel bavarois. Et les Européens pourraient avoir bien du mal à résister au reste du monde qui va débarquer au Stade de France du 22 au 31 août 2003. Comme sur l’ensemble de la saison estivale, lors des réunions de la Golden League, Américains et Africains devraient se partager le gâteau des podiums. Sur le sprint, les Américains et autres Caribéens ne paraissent pas avoir grand chose à craindre des « blancs ». Seuls le Britannique Dwain Chambers et le Grec Konstantinos Kenteris ont des armes pour titiller les divas américaines, et en premier lieu Maurice Greene. Chambers va pouvoir vérifier la valeur de ses 9 sec 96, en retrouvant le roi Greene, qu’il a battu à deux reprises en juin. Kenteris, comme il l’a fait avant ses victoires sur 200 m aux JO, aux Mondiaux et à l’Euro, va retourner se cacher sur son île pour en ressortir parfaitement préparé dans douze mois. Le reste de la troupe a bloqué le chrono dans des zones plutôt modestes, avec à sa décharge un temps à ne pas mettre une pointe dehors. Les médaillés de bronze britanniques Darren Campbell, sur 100 m, et Marlon Devonish, sur 200 m, auraient terminé respectivement seulement 7e et 6e de la finale des Mondiaux, il y a un an. Recul des performances Dans toutes les disciplines, ce phénomène de recul a été constaté. Sur 100 m, la Grecque Ekaterini Thanou a survolé la finale, et les autres courses, avec un temps qui l’aurait empêchée d’atteindre mieux que la 6e place en 1998. Même en 1986, elle aurait été sortie du podium. Comme un symbole de la baisse du niveau, le temps de la Russe Olesya Zykina, victorieuse sur 400 m (50 sec 45), ne lui aurait pas permis de remporter un titre européen après 1974. Les optimistes diront que la lutte antidopage fait son œuvre dans ce retour en arrière des performances. L’Espagne a totalement dominé les courses de fond, comme elle le fait depuis 1984. Cette fois, les Espagnols ont accroché 15 podiums, dont trois seulement en dehors des courses de fond et de demi-fond. Avec 5 titres, 2 médailles d’argent et 5 troisièmes places sur les longues distances, les Ibères doivent, malgré tout, se demander comment ils vont résister aux armées africaines. Seule la Britannique Paula Radcliffe a les moyens de se hisser au-dessus de la mêlée. Heureusement, les Européens vont pouvoir pérorer sur les lancers et les sauts, où ils établiront leur domination, mais un champion du monde du marteau ou du poids n’a jamais eu la même splendeur que les dieux du sprint. Étonnamment, les championnats d’Europe ont aussi marqué l’échec allemand. Toujours dans le tiercé de tête depuis que l’Allemagne concourt recomposée (1994), ils ont essuyé un cuisant échec avec deux titres, contre huit en 1998. Comme l’ensemble du continent, l’Allemagne a un an pour se reconstruire et ne pas laisser le reste du monde venir faire la fête à Paris.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le faible niveau des championnats d’Europe d’athlétisme, terminés dimanche à Munich, peut inquiéter le Vieux Continent à douze mois des Mondiaux qui auront lieu à Paris. À part quelques somptueux rayons de soleil, le stade olympique a été aussi avare en éclaircies sportives que le ciel bavarois. Et les Européens pourraient avoir bien du mal à résister au reste du monde qui va débarquer au Stade de France du 22 au 31 août 2003. Comme sur l’ensemble de la saison estivale, lors des réunions de la Golden League, Américains et Africains devraient se partager le gâteau des podiums. Sur le sprint, les Américains et autres Caribéens ne paraissent pas avoir grand chose à craindre des « blancs ». Seuls le Britannique Dwain Chambers et le Grec Konstantinos Kenteris ont des armes pour titiller les divas américaines, et...