Scepticisme après la dissolution d’un groupe d’extrême droite
le 08 août 2002 à 00h00
La dissolution du groupe d’ultradroite, dont se réclamait l’auteur de l’attentat manqué contre le président français Jacques Chirac le 14 juillet, a suscité le scepticisme des associations, de la presse, voire des policiers. Cette dissolution « ne résout rien, surtout pas le terreau où se nourrit ce genre de mouvements », a affirmé la Ligue des droits de l’homme (LDH), alors que l’Unité radicale (UR) annonçait qu’elle comptait se reconstituer prochainement. Créé en juin 1998 après la scission du Front national de Jean-Marie Le Pen, le groupuscule, ni parti politique ni association déclarée, ne rassemblant guère que quelques centaines de personnes, s’était organisé autour de sites Internet et de bulletins. Son audience à ce titre était évaluée à quelque 2 000 personnes en France, mais aussi dans plusieurs pays européens. La justice doit d’ailleurs se prononcer aujourd’hui sur une éventuelle interdiction du site UR demandée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Une éventuelle interdiction ne saurait cependant empêcher UR de se trouver un hébergeur étranger. Concernant Maxime Brunerie, 25 ans, qui avait tiré sur M. Chirac sans l’atteindre lors de la fête nationale du 14 juillet, inculpé vendredi dernier, le groupuscule s’en est distancé, le qualifiant de simple « compagnon de route ». Unité radicale propageait une idéologie « anti-immigration, l’exaltation de la race blanche, la haine de l’étranger particulièrement dirigée contre les communautés juives et arabes », a fait valoir le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy en prononçant sa dissolution mardi. De concert, les associations, tout en s’en félicitant, émettaient des doutes sur l’efficacité de cette mesure et en réclamaient d’autres. La presse a aussi fait preuve de circonspection. Le geste du gouvernement a « une portée plus symbolique que réelle », a jugé mercredi dans le quotidien France-Soir Yves Lucher, professeur de droit constitutionnel à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (sud-ouest). Plus cinglant, le journal de gauche Libération affirmait qu’une telle interdiction est « au mieux une arme » au service de la police et de la justice, « au pire un gadget » visant à « créer l’illusion d’une action ».
La dissolution du groupe d’ultradroite, dont se réclamait l’auteur de l’attentat manqué contre le président français Jacques Chirac le 14 juillet, a suscité le scepticisme des associations, de la presse, voire des policiers. Cette dissolution « ne résout rien, surtout pas le terreau où se nourrit ce genre de mouvements », a affirmé la Ligue des droits de l’homme (LDH), alors que l’Unité radicale (UR) annonçait qu’elle comptait se reconstituer prochainement. Créé en juin 1998 après la scission du Front national de Jean-Marie Le Pen, le groupuscule, ni parti politique ni association déclarée, ne rassemblant guère que quelques centaines de personnes, s’était organisé autour de sites Internet et de bulletins. Son audience à ce titre était évaluée à quelque 2 000 personnes en France, mais aussi dans...
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