Le débat en session extraordinaire hier de l’Assemblée générale des Nations unies après la publication du rapport sur les combats dans le camp palestinien de Jénine a tourné, comme c’était prévu, à un dialogue de sourds dans lequel Israël et les États-Unis sont apparus isolés. Un projet de résolution condamnant Israël pour, entre autres, « les atrocités commises par les forces d’occupation israéliennes contre les civils palestiniens » devait être adopté sans difficulté à l’issue de la séance, probablement dans la nuit de lundi à mardi. Les États-Unis ont qualifié ce texte « d’hypocrite », soulignant qu’il ne condamnait pas le « terrorisme palestinien » alors même qu’il est présenté après une nouvelle vague d’attentats palestiniens qui a tué 10 Israéliens et 2 étrangers en 24 heures. Mais leur opposition ne devrait pas empêcher que la résolution soit adoptée : à la différence du Conseil de sécurité, aucun pays ne dispose à l’Assemblée générale de droit de veto. Le représentant palestinien a d’ailleurs à ce propos relevé « la protection continue du droit international et de la volonté de la communauté internationale que les États-Unis procuraient à Israël ». M. Nasser al-Kidwa a aussi souligné dans son allocution devant l’Assemblée « la responsabilité des États-Unis » qui fournissaient « une assistance substantielle en armement et en financement à la puissance occupante ». Pour lui, « de vraies questions sur ce qui s’est passé à Jénine n’ont pas reçu de réponse et une enquête sur place (à laquelle Israël s’est opposé) reste nécessaire pour découvrir toute la vérité ». Aaron Jacob, le représentant israélien par intérim, a de son côté souligné que « le rapport est catégoriquement clair : il n’y a pas eu de massacre à Jénine », et a accusé les Palestiniens de « pure et simple propagande d’atrocités ». Il a également critiqué les Nations unies pour « leur bonne volonté à bien accueillir toutes les initiatives anti-israéliennes ». Et il s’en est pris particulièrement à l’Assemblée générale, « un forum dont, a-t-il dit, les Israéliens ne peuvent rien attendre qu’une hostilité partisane et politique et des résolutions outrageusement partisanes ». Le rapport sur les événements dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, publié jeudi dernier, avait été demandé le 7 mai dernier par cette même Assemblée générale extraordinaire saisie en raison de l’incapacité du Conseil de sécurité à se mettre d’accord sur les suites à donner au refus du gouvernement israélien de recevoir une mission de l’Onu devant enquêter sur place. Ce rapport, aux termes soigneusement pesés, ne confirme pas les allégations palestiniennes de massacres, mais relève de nombreuses infractions au droit humanitaire international et souligne que les tactiques des forces israéliennes et palestiniennes faisaient peser des risques sur les civils. Le projet de résolution, dont le texte a été distribué, « condamne les atrocités commises par les forces d’occupation israéliennes contre des civils palestiniens à Jénine et dans d’autres villes palestiniennes », énumérant notamment les homicides illégaux, l’utilisation de boucliers humains, les arrestations arbitraires et la torture ainsi que le déni de traitement médical. Il « exige la cessation complète de tous les actes de violence, y compris les actions militaires et les actes de terreur contre des civils ». Le projet enfin appuie l’idée d’une présence internationale sur le terrain et comporte une référence à la Cour pénale internationale, que les Palestiniens ont souhaité saisir des actions israéliennes dans les territoires occupés.
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