«Le mal progresse sans coup férir dans les pays en voie de développement», c’est ainsi que l’agence Onusida, l’organisme mis en place par les Nations unies face au sida, pose son diagnostic à propos de ce fléau hérité du XXe siècle. Plus de 40 millions d’individus sont à l’heure actuelle infectés dans le monde, dont cinq millions au cours de la seule année 2001. L’Afrique serait le plus touché des continents, mais le virus est en train aussi d’envahir la Chine et il en est de même pour la Russie où le mal progresse sans trouver de résistance à sa mesure. Les chiffres rendus publics par Onusida sont effrayants. Trois millions de décès survenus en 2001 sont dus au sida. Quatorze millions d’enfants sont orphelins à cause de ce virus depuis le début de l’épidémie dans le monde. La description de l’aggravation de l’épidémie mondiale et ses ravages créent un malaise angoissant. D’autant plus que la réponse internationale est loin d’être à la mesure de cette effrayante menace. Beaucoup de bruit et de désolation mais, pour l’instant, il n’y a aucune action capable d’arrêter la marche de cette effrayable plaie des temps actuels. L’épidémie du sida progresse. Au fil des temps, le nombre des morts et des malades ne fait qu’accroître. Rien qu’en Afrique, 28 millions de personnes sont contaminées et l’espérance de vie est tombée à 47 ans, de 62 ans où elle était avant l’arrivée du virus VIH au continent noir. Le virus y sévit toujours avec la même virulence, ayant déjà exterminé deux millions d’Africains durant l’année 2001 et ayant infecté plus de trois millions d’autres. En Asie aussi, l’épidémie continue à s’étendre. L’Inde se trouve confrontée à de graves problèmes à ce propos. En l’an 2000 déjà, 1% de la population indienne était contaminé, pourcentage alarmant, soit plus de 3,9 millions d’Indiens disséminant le virus autour d’eux... Dans les autres pays asiatiques, la situation est encore plus effrayante. Au Vietnam, le pourcentage des professionnelles du sexe infectées dépassait 20% en l’an 2000. Au Népal, en Thaïlande et ailleurs, 50% des victimes de la drogue par injection via la voie intraveineuse sont porteuses du virus. Les pays de l’ex-URSS Les pays de l’ex-Union soviétique se trouvent confrontés à la plus grave, car la plus galopante épidemie face à tous les autres pays de la planète. Indemnes de toute contamination en 1994, ils comptaient 175000 cas en l’an 2000 et le nombre ne fait que grimper dangereusement. Mais le sida ne connaît pas de frontières. Sûrement et fermement il touche pays et continents les uns après les autres. En Amérique latine, aux Caraïbes plus de 2 millions de personnes sont contaminées. Un peu partout, y compris en Europe, les antirétroviraux et les programmes de prévention ont pu réduire la mortalité, mais on signale malheureusement une reprise des comportements à risque qui n’annonce rien de positif... Le mal gagne la Chine Études et projections alarmantes signalent le risque de voir la maladie se propager dans toutes les couches de la société. Selon l’Onu, le pays pourrait d’ici à 2010 compter plus de dix millions de personnes contaminées. On suppose que cette grave épidémie a pris naissance au début des années 90, auprès de certaines minorités ethniques vivant dans les provinces de l’ouest, par des collectes de sang insuffisamment sécurisées. Plus de 850000 personnes seraient «infectées», selon des estimations fournies par l’Onu mais basées «sur des données incomplètes», selon l’aveu des responsables. Une augmentation de 70% du nombre des contaminations, recensées au cours des six derniers mois, laisse craindre une véritable explosion. Le rapport de l’Onusida a été immédiatement contesté par les autorités sanitaires chinoises. Mais les États-Unis, toutefois, se sont déjà engagés d’accorder un prêt de 14,8 millions de dollars sur cinq ans afin de renforcer la recherche chinoise, les moyens mobilisés par Pékin n’étant pas à la mesure du risque que représente pareille explosion épidémique pour le monde. Physiologie L’hormone du fer n’est plus une fable Une équipe française de chercheurs vient de mettre une fin positive à des recherches de plus d’un demi-siècle sur l’hormone régulatrice du fer dans l’organisme humain. L’hépacidine est la seule hormone en mesure de réguler l’absorption du fer par l’organisme. Les troubles de sa sécrétion sont capables d’augmenter ou de freiner l’absorption du fer par l’organisme, entraînant des pathologies lourdes à porter. Des thalassémies aux anémies graves, de la grossesse et des cancers si dévastateurs pourraient trouver dans cette découverte une défense digne de leur invunérabilité... Le gène qui règle la quantité de fer dans l’organisme vient d’être découvert. Il semble que la chance et le hasard ont favorisé l’équipe du Pr Axel Cahn (Institut Cochin), permettant la mise en lumière d’un acteur essentiel du métabolisme du fer. Quarante ans durant, des savants du monde entier essayaient d’identifier l’acteur essentiel du métabolisme du fer, métal essentiel à la vie des mammifères. L’hépasidine, l’hormone en question, est bien plus qu’une insuline du fer, puisqu’elle semble réagir autant en présence de manque qu’en excès dans l’organisme. Les perspectives thérapeutiques de la découverte de cette hormone semblent immenses. Les thalassémies, les anémies, les leucémies, les parasitoses intestinales, les infections chroniques sont au point de trouver des issues inespérées. Mais, à l’heure actuelle, les étapes à franchir restent importantes. Dont le premier reste la synthèse de l’hépacidine humaine en vue de sa production en quantité suffisante. Obstétrique Fille ou garçon? Un groupe de chercheurs a établi une étude selon laquelle le dosage de l’hormone HCG, qui accuse une hausse importante en début de grossesse, est de 20% plus élevé si le fœtus est de sexe féminin et cela dès le 16e jour de la gestation. Mais pour rétablir un test fiable et accessible à un large public, il est nécessaire de mettre au point un dosage avec l’association d’autres marqueurs. Ce qui implique des travaux supplémentaires qui vont retarder son application à large échelle. Une intervention révolutionnaire Dans le domaine de l’obstétrique, une intervention a pu être récemment réalisée sur un fœtus à la fin du sixième mois de sa gestation alors qu’il ne pesait qu’un kilo et ne mesurait que 30 cm. Son cœur n’était pas plus gros qu’un grain de raisin et il était atteint d’hypoplasie cardiaque manifestée par une anomalie du ventricule et de la valve aortique gauches. L’intervention a eu lieu tandis que l’enfant se trouvait dans le ventre de sa mère. Cette opération réalisée aux États-Unis constitue une première mondiale qui n’a pu devenir possible que grâce à la miniaturisation des instruments et à l’échographie tridimensionnelle (3 Dim). Trois mois après sa naissance à terme, le nouveau-né se portait à merveille. Cette grande première constitue un véritable miracle pour les enfants porteurs de cette anomalie exigeant, jusque-là, de nombreuses opérations au cours de leur vie. PÉDIATRIE Le manque de médicaments pour enfants Le monde occidental, en particulier l’Europe, accuse un manque en médicaments destinés aux enfants. Une récente enquête entreprise dans un nombre de pays européens a permis de constater qu’ils n’ont jamais été testés spécifiquement pour des indications pédiatriques. Un groupe européen multinational vient de terminer une étude exhaustive à ce propos. Ses recommandations visent l’amélioration de cette situation. Parmi elles, la récompense des travaux sur des médicaments pédiatriques innovants, ainsi que la mise au point de nouveaux médicaments pédiatriques. Les recommandations les plus importantes du rapport: la prolongation de la durée de protection de la propriété intellectuelle et l’exigence de réaliser des études pédiatriques avant de solliciter toute autorisation de mise sur le marché d’un médicament destiné aux enfants. Toutes ces mesures sont les conséquences du fait d’une amère réalité qui vient d’être perçue par tous: l’Europe manque de médicaments spécifiquement conçus pour enfants... Puériculture Des bactéries bénéfiques contre les diarrhées On savait depuis la nuit des temps que l’allaitement au sein était un moyen protecteur efficace contre les diarrhées des nourrissons, véritables cauchemars pour les jeunes mamans inexpérimentées. On ignorait, toutefois, pour quelle raison précise l’allaitement mettait le nouveau-né à l’abri de ce danger. Or, récemment, une équipe de l’Institut national de la recherche agronomique de France, auteur d’une enquête scientifique très approfondie sur ce sujet, financée par la compagnie industrielle Danone, vient de communiquer sa découverte ou, du moins, un important élément d’explication. En travaillant sur des souris dont la flore intestinale est quasi pareille à celle de l’homme, les chercheurs ont relevé que lorsque cette flore contenait des bifidobactéries, une réponse immunitaire quatre fois supérieure était développée contre les rétrovirus responsables de diarrhées. Chez les enfants nourris au sein, les bifidobactéries sont présentes en grand nombre, développant ainsi une protection accrue contre les bactéries. On a donc là l’explication scientifique de cette très ancienne croyance, transmise de génération en génération, sur les effets protecteurs du lait maternel contre les si redoutables troubles intestinaux des nouveau-nés.
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