Dix-sept infirmières et un infirmier ont reçu des diplômes de formation de formateurs pour l’éducation des diabétiques. Cette formation s’inscrit dans le cadre du Programme national pour les maladies non transmissibles créé en 1997 par le ministère de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et dont l’exécution a commencé en 1998. « Le but de ce programme est de former des éducateurs et des éducatrices qui auront pour mission d’initier les personnes diabétiques aux moyens d’éviter les complications de leur maladie », explique le Dr Sélim Jambart, ancien président de la Société libanaise d’endocrinologie et de diabétologie et coordinateur du programme auprès de la société. « Cette éducation est, bien sûr, fournie par le médecin traitant lui-même, poursuit le spécialiste. Mais ce dernier n’est pas toujours disponible et n’a pas toujours le temps de discuter des moindres détails avec ses patients. D’où le rôle important de l’infirmière qui sera présente pour répondre à ses questions et pour l’aider à mieux vivre avec sa maladie de façon à éviter les complications qui en dérivent. » Pour toutes ces causes, la Société libanaise d’endocrinologie et de diabétologie a décidé de lancer le programme d’éducation des diabétiques au Liban. Organisé en collaboration avec le ministère de la Santé et l’OMS et avec le soutien financier de la firme pharmacologique Aventis, la formation a eu lieu en juin et juillet derniers. « Le stage comportait une phase théorique de 48 heures assurée par plusieurs spécialistes tels que des endocrinologues et diabétologues, des ophtalmologues, des diététiciennes, des psychologues et des infirmières, indique le Dr Jambart. La deuxième phase, théorique, s’est déroulée au Chronic Care Center, au dispensaire Saint-Antoine des grecs-catholiques et à l’Armenian Relief Cross, qui sont des centres qui s’occupent de diabétiques. » Il ajoute : « C’est la première promotion d’éducateurs. Nous comptons organiser deux sessions par an et même trois quand nous aurons plus d’expérience. » Selon le Dr Jambart, ces sessions de formation sont inévitables, d’autant que le diabète est en expansion épidémique. « Deux cents millions personnes en sont atteintes dans le monde, affirme-t-il. Selon des études menées par l’OMS, ce chiffre passera à 300 millions en l’an 2025. Au Liban, les statistiques montrent que 13 % des personnes âgées de plus de 40 ans en souffrent. Il faut donc que le patient suive de près sa maladie et qu’il soit partie prenante du traitement. » Féculents et légumineuses Que pensent les membres du corps infirmier de la session de formation qu’ils ont suivie ? Guitta Saadé, infirmière à l’Hôtel-Dieu de France, avoue que cette session l’a aidée à mieux comprendre la nature de la maladie, comblant ainsi certaines lacunes. « Je me sens maintenant plus capable d’améliorer ma relation avec les patients et de leur fournir de plus amples explications sur la façon d’injecter l’insuline, par exemple, ou sur l’hygiène des pieds, qui est primordiale dans la prise en charge de la maladie. » De son côté, Mme Tatiana Papazian, nutritionniste, a expliqué que son rôle auprès des infirmières était d’attirer leur attention sur l’alimentation saine des diabétiques et sur la façon de diviser les repas au cours de la journée selon les malades et le traitement qu’ils suivent (insuline, comprimés...). « Des années durant, nous avons cru que les diabétiques ne doivent pas manger du riz, des pâtes, des pommes de terre ou des légumineuses, note-t-elle. Cette théorie est fausse. D’après les dernières études, l’alimentation des personnes diabétiques doit être basée sur les féculents et les légumineuses. Viennent ensuite les légumes et les fruits, les produits laitiers allégés et enfin les fritures et les sucreries qui doivent être supprimées en grande partie de leur mode de vie alimentaire. » La cérémonie de remise de diplômes a eu lieu à l’hôtel Phoenicia Inter-Continental, en présence notamment de Mme Mona Élias Hraoui, du Dr Bahije Arbid, représentant le ministre de la Santé, du président de l’Ordre des médecins, Mahmoud Choucair, du président de la Société libanaise d’endocrinologie et de diabétologie, Ibrahim Salti, du représentant de l’OMS au Liban, Habib Latiri, ainsi que de nombreuses personnalités. N.M.
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