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Actualités - Reportage

Santé publique Pollution, une ennemie au quotidien(PHOTOS)

L’arme du crime est invisible, et les preuves sont absentes. Les coupables perpétuent les homicides, perdus dans l’anonymat et l’impunité, couverts par l’absence de tout système de surveillance et de protection du plus essentiel des biens: l’air. N’est-il pas curieux de constater que le droit de respirer un air qui ne nuise pas à la santé est bafoué sans que des mesures d’urgence ne soient prises et que des actions de protection soient mises en œuvre? On sait aujourd’hui que les polluants ne provoquent pas les mêmes troubles chez tout le monde mais aussi que les enfants, surtout avant trois ans, et divers groupes d’adultes (asthmatiques, allergiques, personnes âgées) sont également menacés par les polluants... Il y a plus de dix ans que des lois réglementent, dans les pays évolués, le droit de respirer un air qui ne nuise pas à la santé. Quelles sont les actions de renforcement et de protection effective mises en œuvre dans notre environnement? Quelles sont les mesures d’urgence à appliquer en cas de pic de pollution? Où en sont les études sur le développement des transports collectifs moins polluants. Qu’en est-il des mesures véritablement efficaces en vue de la réduction des sources de pollution? Quatre polluants sont responsables de la dégradation à risques de l’environnement. – Les oxydes d’azote émis par les moteurs de véhicules. Ils entraînent une hyperactivité bronchique, une sensibilité accrue aux infections des bronches. Surtout chez les asthmatiques et les enfants. – Le dioxyde de souffre rejeté par le chauffage et les industries. Ce gaz est irritant pour les voies respiratoires. – L’ozone, un constituant naturel de l’air, résultant de la transformation de certains polluants sous l’effet du rayonnement solaire. Il irrite les yeux et les voies respiratoires. – Les particules et poussières en suspension liées aux activités industrielles et au trafic routier. Les plus fines de ces particules fixent d’autres polluants qu’elles transportent aux poumons. Certaines études relèvent leur effet cancérigène. Conséquences sur la santé Les véritables problèmes sont les effets à long terme d’une exposition chronique à des niveaux de pollution relativement hauts. Des études récentes établissent un rapport entre la concentration de fines particules de polluants dans l’air et la mortalité cardio-vasculaire, mais aussi entre l’apparition de cancers des voies respiratoires. Selon les spécialistes, la seule mesure véritablement efficace consiste à réduire les sources de pollution. Ce qui constitue, comme on le devine, le nœud gordien du problème... Plus exposés et plus vulnérables Les plus vulnérables face aux polluants sont les plus exposés. En premier les enfants. Leurs voies respiratoires sont particulièrement sensibles, surtout avant trois ans, compte tenu du fait que le développement de leurs poumons n’est pas achevé. Les asthmatiques suivent de près. Ils peuvent souffrir de toux, d’essoufflement et de crises d’asthme à répétition. Les allergiques sont très réceptifs aux attaques de l’environnement, leur peau et leurs muqueuses étant plus susceptibles. Les personnes âgées se défendent moins efficacement contre la pollution, leur organisme étant affaibli par l’usure de l’âge. Nuisance à multiples effets Ennemie sournoise, la pollution atmosphérique constitue une nuisance à multiples effets, difficiles à évaluer. Sa première victime reste le système respiratoire, voie naturelle de sa prénétration dans l’organisme. Fragilisée, la muqueuse qui enveloppe les organes de ce système devient très vulnérable et moins résistante à l’agression des bactéries, des virus, des allergènes... On note, toutefois, aussi une augmentation des problèmes oculaires et des maux de tête. Des enquêtes réalisées dans des pays de l’Union européenne révèlent qu’un accroissement du taux d’oxyde d’azote, émis par les moteurs des véhicules, s’accompagne d’une augmentation de 9% des hospitalisations et des visites médicales à domicile pour asthme. En France, 1000 décès prématurés annuels dus à des accidents cardio-vasculaires seraient directement attribuables à la pollution. Stress et cancer ont-ils des liens? Selon un certain nombre de spécialistes, l’état psychologique n’est pas étranger à la survenue de certains états pathologiques. Le corps et l’état psychologique sont, certes, en étroite communication, mais ces échanges sont-ils en mesure de créer des perturbations sérieuses, provoquant des affections graves tel le cancer? L’être humain possède des dispositifs dont la fonction est le rétablissement de l’équilibre organique à la suite de la survenue d’éléments perturbateurs. Ils constituent des mécanismes de défense fonctionnels, veillant à la stabilité du bien-être de l’organisme. Ces facteurs perturbateurs peuvent être des températures excessives, des agents microbiens, des blessures. Mais aussi des facteurs psychiques ou des événements vécus comme des menaces pour la quiétude de l’esprit, de la vie, devenant ainsi générateurs de stress. Si les capacités d’adaptation sont dépassées, le déséquilibre durable qui s’ensuit fait glisser le sujet vers la maladie. Le système de défense naturelle veille à ce que l’équilibre général du système vital soit le mieux protégé. Cancer et dépression La question qui se pose à la lumière de ces conceptions, c’est le rôle précis que joue l’état psychologique dans des affections graves et, en premier, dans le cancer... De nombreuses études comparatives permettent de démontrer que les cancers ne sont pas plus nombreux chez les personnes dépressives. En revanche, la possibilité qu’un état dépressif chronique puisse favoriser la survenue d’un cancer n’est pas écartée... Il est également admis, par ailleurs, car expérimentalement prouvé, que la maladie peut altérer certaines défenses immunitaires de l’organisme. Cela, bien entendu, ne concerne qu’une partie limitée de la chaîne particulièrement complexe de divers mécanismes biologiques qui aboutissent au développement des cellules cancéreuses. Autre observation dans ce domaine: le nombre des fumeurs dépressifs est plus important que celui des non-fumeurs. D’où la conclusion d’une éventualité du rôle plus toxique de la nicotine chez ces fumeurs. Ici, il faudrait rappeler que dans l’hypertension aussi, les situations génératrices de stress altèrent, de manière transitoire, le système de défense organique dont le rôle consiste à éliminer les cellules anormales, c’est-à-dire non conformes aux cellules normales. L’atteinte répétitive du système immunitaire, donc défensif, pourrait diminuer l’efficacité de ce pouvoir éliminatoire, en conséquence... Conclusion: même si les causes d’un cancer sont un ensemble de facteurs (génétiques, hormonaux et toxiques, selon les cas), l’état psychologique pourrait favoriser et précipiter un processus cancérigène. Mais, une fois de plus, il s’agit là de déductions difficiles pour l’instant à prouver. Les travaux scientifiques, pour l’instant, paraissent contradictoires: un bon moral, cependant, semble incontestablement optimiser les chances du sujet de s’en sortir au mieux d’une atteinte cancéreuse. Cela se justifie par deux raisons: les défenses immunitaires sont dépendantes ou du moins sensibles aux influences psychiques. Une personne, d’autre part, qui fait preuve de présence et d’appétit à la vie, à ses envies, ses projets, saura mieux se préserver (consultation précoce, attention à tout signe inhabituel), se surveiller et se soigner, si besoin en est, avec vigilance... et optimisme... Le risque d’une récidive réduit de 32 % et la mortalité de 24 % De nouveaux espoirs dans le traitement du cancer du sein Le cancer du sein est la tumeur la plus fréquente chez la femme. Au Liban, il constitue 33,4% de l’ensemble des cancers diagnostiqués chez elles, d’après une étude menée par le Groupe épidémiologique libanais pour le cancer. Sur le plan mondial, 800000 femmes de plus en sont atteintes chaque an, et plus de 300000 d’entre elles en meurent. Si le traitement miracle n’a pas encore été développé, une lueur d’espoir éclaire toutefois le tableau assombri par tant de malheurs. Une étude présentée en mai 2002 à l’Association américaine d’oncologie clinique (Asco) montre en effet qu’un nouveau protocole de chimiothérapie adjuvante améliore nettement la survie des patientes atteintes d’un cancer du sein. Les résultats de cette étude ont été présentés par le Dr Alessandro Riva, secrétaire général du Groupe international de recherches sur le cancer du sein (BCIRG), en visite au Liban. Baptisée BCIRG 001, l’étude a englobé 1 491 patientes de 111 centres médicaux dans vingt pays, notamment le Canada, les États-Unis, l’Angleterre, la France, le Brésil, l’Allemagne, l’Égypte et l’Afrique du Sud. « Les malades recrutés pour cette étude sont des femmes chez qui une tumeur locale non métastatique a été diagnostiquée », explique le Dr Riva. L’étude consistait à faire suivre à une partie des patientes une chimiothérapie adjuvante, soit une thérapie pharmacologique complémentaire à la chirurgie et à la radiothérapie, selon un nouveau régime appelé TAC. Celui-ci associe le docetaxal (de la famille des taxanes) à deux autres médicaments. « Le docetaxal est l’un des agents les plus actifs dans le traitement du cancer du sein avancé, note le Dr Riva. Nous voulions étudier son efficacité au stade précoce de la maladie. » La deuxième moitié des patientes a suivi le protocole standard à base d’anthracyclines, adopté depuis les années 80 dans la chimiothérapie adjuvante, appelé FAC. « Sur un suivi de trois ans, cette étude a montré en fait que le régime TAC réduit de 32 % le risque d’une récidive, même chez les femmes présentant le récepteur hormonal positif, sachant que cette catégorie de malades bénéficie moins de la chimiothérapie », déclare le Dr Riva. Il poursuit : « Au niveau de la survie, le risque de mourir d’un cancer du sein a été réduit de 24 %. » Risques réduits de toxicité En ce qui concerne la toxicité, l’oncologue souligne que toute chimiothérapie est susceptible d’en créer, « car c’est une thérapie qui cible également les cellules non cancérigènes ». « Nous observons à ce niveau une chute des neutrophiles, soit des cellules qui défendent l’organisme contre les bactéries », souligne le Dr Riva. Chez les patientes traitées avec le régime TAC, la toxicité a été légèrement plus élevée que chez celles traitées par le régime FAC. « Cette toxicité a entraîné de la fièvre sans toutefois causer des effets secondaires majeurs chez la patiente », rassure-t-il. Et d’insister : « La malade doit être informée sur la possibilité d’avoir de la fièvre et, de ce fait, sur la nécessité d’interrompre la chimiothérapie et de suivre une antibiothérapie pour prévenir le développement d’une infection ou d’une pneumonie. Mais il est également possible d’éviter la fièvre en administrant à la patiente un facteur de croissance qui existe d’ailleurs sur le marché depuis plus de dix ans. Ce médicament est donné en sous-cutané, comme l’insuline, et que la malade peut s’auto-injecter. » À part la fièvre, la patiente peut avoir une inflammation de la bouche ou une diarrhée, ou peut se sentir lasse. « Mais ce sont des effets secondaires réversibles qu’elle est prête à accepter vu les bénéfices tirés de la chimiothérapie », affirme le Dr Riva. Le développement de la chimiothérapie adjuvante dans le traitement du cancer du sein en phase locale a permis, jusque-là, d’éviter la récidive chez 75 % des patientes suivies sur vingt années. « L’importance de ce concept c’est d’avoir permis aux spécialistes de comprendre que la chirurgie à elle seule ne suffit pas pour au moins 80 % des patientes, chez qui on suspecte la présence de métastases à distance, soit de foyers secondaires peu éloignés du foyer principal », insiste-t-il. «C’est un concept qui fait d’ailleurs son chemin dans le traitement des autres tumeurs», conclut l’oncologue. Nada MERHI
L’arme du crime est invisible, et les preuves sont absentes. Les coupables perpétuent les homicides, perdus dans l’anonymat et l’impunité, couverts par l’absence de tout système de surveillance et de protection du plus essentiel des biens: l’air. N’est-il pas curieux de constater que le droit de respirer un air qui ne nuise pas à la santé est bafoué sans que des mesures d’urgence ne soient prises et que des actions de protection soient mises en œuvre? On sait aujourd’hui que les polluants ne provoquent pas les mêmes troubles chez tout le monde mais aussi que les enfants, surtout avant trois ans, et divers groupes d’adultes (asthmatiques, allergiques, personnes âgées) sont également menacés par les polluants... Il y a plus de dix ans que des lois réglementent, dans les pays évolués, le droit de respirer un...