Au lendemain de l’annonce de sa retraite à la fin de la saison, il était beaucoup question de Laurent Jalabert hier à Bazas, lieu de départ de la dixième étape du Tour de France. Le public, très nombreux, lui a réservé une ovation quand les coureurs et directeurs sportifs français ne cachaient pas leur admiration. « Son annonce m’a laissé bouche bée, explique Richard Virenque, son grand rival des années 90 devenu au fil du temps son copain. Je m’y attendais, je me doutais qu’il allait prendre sa décision mais je suis très admiratif de la manière dont il l’a annoncée. Laurent était entré par la grande porte en 1989, il ressort par la grande porte. C’est beau.... » Dans la ferveur du Tour, dans le moment tellement important de l’avant-départ où le coureur pense d’abord à lui, beaucoup trouvaient le temps d’évoquer ce grand champion qu’ils ont souvent admiré, qui a fait naître, sans aucun doute, les vocations des plus jeunes, de Sylvain Chavanel par exemple. Le départ à la retraite de Jalabert ne laisse personne insensible, surtout pas les directeurs sportifs français, qui pour la plupart ont été ses compagnons de route dans les années 90, à l’image de Marc Madiot, Martial Gayant (FDJeux.com), Denis Roux (Crédit Agricole), ses anciens équipiers chez Toshiba ou encore Vincent Lavenu et Laurent Biondi (AG2r Prévoyance). « En seigneur » « Laurent a dû mesurer sa dose de plaisir et sa dose de souffrance », analysait Jean-René Bernaudeau (Bonjour) qui avait tenté, vainement, d’embaucher le Mazamétain il y a deux ans. « Seul le plaisir prolonge une carrière aussi longue et je comprends qu’en étant le papa de quatre enfants, en étant riche, il ait choisi de partir avec la manière. Il refuse de terminer sa carrière en souffrant, il n’aurait pas jugé cela convenable. Il part en seigneur, il l’a toujours été ». Du côté des étrangers, les commentaires étaient tout aussi sincères, notamment de la part du patron de Lance Armstrong, Johan Bruyneel, dont Laurent Jalabert a été l’équipier de 1992 à 1998. « Cela me paraît être une décision bien réfléchie, que l’on ne peut qu’admirer. Quand un coureur commence à penser à autre chose que le vélo, quand il manque ne serait-ce que 5 % de passion, j’ai connu cela, c’est l’heure d’arrêter. De sa carrière, je retiendrais son courage et la volonté de se battre pour revenir après ses pépins physiques. Je me rappelle de sa chute d’Armentières, il est revenu et, quinze jours après, il gagnait une étape du Tour de Catalogne. » Depuis mardi, l’autographe de Laurent Jalabert coûte cher et l’empressement du public de Bazas lui a donné une petite idée de ce qu’il l’attend dans ce qui sera en août sa dernière tournée de critériums. Tout au long de l’étape, les spectateurs dressaient des pancartes inscrites à la va-vite, certaines lui demandant de poursuivre sa carrière, d’autres le remerciant... Tout simplement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au lendemain de l’annonce de sa retraite à la fin de la saison, il était beaucoup question de Laurent Jalabert hier à Bazas, lieu de départ de la dixième étape du Tour de France. Le public, très nombreux, lui a réservé une ovation quand les coureurs et directeurs sportifs français ne cachaient pas leur admiration. « Son annonce m’a laissé bouche bée, explique Richard Virenque, son grand rival des années 90 devenu au fil du temps son copain. Je m’y attendais, je me doutais qu’il allait prendre sa décision mais je suis très admiratif de la manière dont il l’a annoncée. Laurent était entré par la grande porte en 1989, il ressort par la grande porte. C’est beau.... » Dans la ferveur du Tour, dans le moment tellement important de l’avant-départ où le coureur pense d’abord à lui, beaucoup trouvaient le...