Le Dominicain Felix Sanchez, champion du monde du 400 m haies, confirme cette saison sa maîtrise dans une spécialité qui requiert vitesse, rythme, technique et intelligence. Déjà vainqueur à Oslo et à Paris, Sanchez a dominé vendredi soir l’épreuve de Rome, lors de la troisième étape de la Golden League d’athlétisme. En 47 sec 73, il a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année, à 35/100 de son record national établi le 17 août 2001 à Zurich. Petit gabarit, le Dominicain, bientôt 25 ans, a constamment progressé depuis 1999. « J’ai atteint le niveau international en 2000, me qualifiant notamment pour les demi-finales des Jeux olympiques de Sydney », rappelle-t-il. Auparavant, il lui avait fallu abattre quelques barrières depuis sa naissance à New York, de parents dominicains, dont un père qui abandonna vite le domicile familial et qu’il a connu il y a seulement deux ans. « Je rêvais de devenir joueur de base-ball, un sport national à Saint-Domingue. Mais, quelques jours avant d’effectuer un essai, je me suis fracturé une main lors d’un match de lutte gréco-romaine. Je ne pouvais plus tenir la batte », explique-t-il. Alors, sa déception ravalée, il s’est naturellement tourné vers l’athlétisme. « J’étais rapide mais pas suffisamment pour briller en sprint. Mon entraîneur m’a fait monter sur 400 m, mais ce n’était pas terrible. J’ai donc essayé le tour de piste avec les obstacles », explique le champion du monde. Choix Sixième des championnats US en 1996, Sanchez, titulaire d’une licence de psychologie et en possession des passeports américain et dominicain, choisit la nationalité de ses parents par fidélité à ses origines. Ayant appris la technique des obstacles sur vidéocassettes, Sanchez présente un remarquable compromis entre vitesse (44’’90 sur 400 m plat) et rythme, qui lui permet de compenser l’amplitude réduite de sa foulée. Alors que les Américains Edwin Moses et Kevin Young, le détenteur du record du monde (46’’78) depuis 1992, pouvaient parcourir en 13 foulées les 35 mètres séparant chacun des 10 obstacles, Sanchez maintient cette cadence jusqu’au cinquième seulement. « Je ne pourrai jamais faire aussi bien que Moses et Young. Mais je peux encore réduire la fréquence. Quand j’y parviendrai, le record du monde ne sera plus inaccessible », promet-il. En attendant, l’athlète des Caraïbes est toujours en course pour le jackpot de 50 kg d’or de la Golden League. « Le chemin est encore long (4 étapes, ndlr), mais je vais essayer », remarque le jeune homme au physique ordinaire. Greene et Jones conservent le sceptre D’autre part, les Américains Maurice Greene et Marion Jones sont restés roi et reine de Rome, vendredi soir, en remportant les épreuves du 100 m. La magie des nuits romaines a encore agi sur les deux meilleurs sprinteurs de la planète, qui en sont à leur quatrième succès dans la capitale italienne, avec une palme spéciale au triple champion du monde, auteur sur la nouvelle piste du Stade olympique de la MPM en 9 sec 89/100. Le champion olympique et détenteur du record du monde (9’’79) a confirmé son retour au sommet, déjà amorcé la semaine dernière à Saint-Denis (France), sous la pluie (9’’99). Insensible à la tension créée par trois faux départs, « Mo » a devancé ses compatriotes Tim Montgomery (9’’94) et Bernard Williams (10’’00), soit le podium dans l’ordre des championnats du monde 2001 à Edmonton (Canada). « Les deux défaites que j’ai enregistrées contre Chambers sont là. On ne peut pas les effacer. Je n’ai pas peur de le rencontrer. Moi, je ne change pas mon programme. Lui doit aussi poursuivre ses objectifs », a souligné « Mo ». En dépit d’un départ médiocre, dont elle est coutumière, Jones a produit son irrésistible accélération aux 50 m pour remonter toutes ses adversaires, dont la Jamaïcaine Tanya Lawrence (11’’02), et s’imposer en 10 sec. 89. « Avec ce chrono, et compte tenu de mon départ, j’ai prouvé que j’étais en forme », a estimé la triple championne olympique. La reine du sprint compte parmi les cinq prétendants encore en lice pour le jackpot des 50 kg de lingots d’or. Les quatre autres sont le Dominicain Felix Sanchez (400 m haies), la Mexicaine Ana Guevara (400 m), l’Américaine Gail Devers (100 m haies) et le prince du demi-fond, le Marocain Hicham el-Guerrouj (1 500 m/mile). El-Guerrouj a évolué bien en deçà de son record du monde du mile (3’43’’13), tout en améliorant la MPM (3’48’’28). Le triple champion du monde du 1 500 m, qui a pioché dans la dernière ligne droite, n’a pu obtenir le record qu’il souhaitait offrir à son roi, Mohammed VI, dont la célébration des noces a commencé ce vendredi à Rabat. Championne olympique du 800 m à Sydney, la Mozambicaine Maria Mutola a dominé de son sprint puissant le 1 500 m dames, établissant le chrono de référence de la saison (4’01’’50).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Dominicain Felix Sanchez, champion du monde du 400 m haies, confirme cette saison sa maîtrise dans une spécialité qui requiert vitesse, rythme, technique et intelligence. Déjà vainqueur à Oslo et à Paris, Sanchez a dominé vendredi soir l’épreuve de Rome, lors de la troisième étape de la Golden League d’athlétisme. En 47 sec 73, il a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année, à 35/100 de son record national établi le 17 août 2001 à Zurich. Petit gabarit, le Dominicain, bientôt 25 ans, a constamment progressé depuis 1999. « J’ai atteint le niveau international en 2000, me qualifiant notamment pour les demi-finales des Jeux olympiques de Sydney », rappelle-t-il. Auparavant, il lui avait fallu abattre quelques barrières depuis sa naissance à New York, de parents dominicains, dont un père qui...