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PALÉONTOLOGIE - Homo habilis serait apparu en Afrique Un crâne inclassable

Un crâne d’homme de petite taille, vieux d’environ 1,75 million d’années et difficile à classer, a été mis au jour en Géorgie, annonce une équipe internationale de chercheurs dans la revue Science parue vendredi. Ce crâne particulièrement bien conservé, découvert sur le site paléontologique de Dmanisi, à quelque 70 kilomètres au sud-ouest de Tbilissi et déjà célèbre pour avoir livré deux autres restes fossiles d’Homo erectus datant de la même époque, a laissé perplexes ses inventeurs, dirigés par David Lordkipanidze, de l’Académie des sciences de Géorgie. En effet, ont-ils révélé, plus qu’à un Homo erectus (ou Homo ergaster, forme archaïque de cet hominidé censé avoir quitté le premier le berceau africain de l’humanité pour aller coloniser le monde), ce nouveau fossile ressemble à un Homo habilis, considéré comme son ancêtre. Il est celui d’un individu de petite taille et vraisemblablement de faible corpulence, doté d’un petit cerveau sous une arcade sourcilière basse et un nez plat. La mâchoire également conservée porte des canines étonnamment grandes. Apparu en Afrique il y a 2,4 millions d’années, Homo habilis est le premier à se voir placé dans le genre Homo (homme) et doté d’un nom d’espèce tout aussi flatteur, habilis (habile) parce que les ossements ont été trouvés associés à des outils de pierres, taillées, certes, très sommairement, obtenus par débitage, en frappant un galet contre un autre, et leurs éclats, mais reflétant une habilité suffisamment significative pour entrer dans les ouvrages sur la préhistoire de l’homme sous l’appellation d’industrie ou culture oldowayenne, référence au site de leur découverte, la vallée de l’Olduvaï (ou Oldoway), en Tanzanie. En revanche, cela semblait tout à fait insuffisant pour imaginer ces petits hommes d’un mètre trente environ et disposant de capacités cérébrales limitées dans le rôle des conquérants de la Terre : dans les scénario proposés jusqu’ici, les grandes migrations étaient directement liées au volume du cerveau et à l’intelligence accrue nécessaires pour pouvoir s’adapter à de nouveaux environnements. Or, alors que les deux premiers crânes de Dmanisi présentent un volume correspondant à un cerveau de quelque 800 centimètres cubes (contre 1 400 chez l’homme moderne), le troisième n’en a que 600 environ (soit celui de certains gorilles). « Nous voyons dans ce nouveau spécimen un membre de la même population que les autres fossiles et considérons ici provisoirement le nouveau crâne comme appartenant à Homo erectus (ergaster) », tranchent les scientifiques, qui se félicitent par ailleurs de disposer pour la première fois de trois représentants d’une même population humaine de plus de 80 000 ans. Néanmoins, soulignent-ils en conclusion, « il semble maintenant que les premiers humains à quitter l’Afrique avaient un niveau d’évolution comparable à celui d’Homo habilis » et que l’augmentation du cerveau n’était pas la seule raison de leur grand exode. « Je pense, dit David Lordkipanidze, qu’il existe un ensemble de facteurs, plutôt qu’un seul, qui ont poussé ces humains hors d’Afrique. »
Un crâne d’homme de petite taille, vieux d’environ 1,75 million d’années et difficile à classer, a été mis au jour en Géorgie, annonce une équipe internationale de chercheurs dans la revue Science parue vendredi. Ce crâne particulièrement bien conservé, découvert sur le site paléontologique de Dmanisi, à quelque 70 kilomètres au sud-ouest de Tbilissi et déjà célèbre pour avoir livré deux autres restes fossiles d’Homo erectus datant de la même époque, a laissé perplexes ses inventeurs, dirigés par David Lordkipanidze, de l’Académie des sciences de Géorgie. En effet, ont-ils révélé, plus qu’à un Homo erectus (ou Homo ergaster, forme archaïque de cet hominidé censé avoir quitté le premier le berceau africain de l’humanité pour aller coloniser le monde), ce nouveau fossile ressemble à un Homo...