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Actualités - Chronologie

Italie Un village menacé par la fonte accélérée d’un glacier

Près de 200 hommes, usant de gros moyens matériels, se sont affairés samedi toute la journée, malgré le mauvais temps, pour protéger un village touristique italien menacé par la fonte accélérée d’un glacier, sous le mont Rose (4 634 mètres). Après une longue période de canicule, la pluie, le froid et la brume ont envahi la vallée et là-haut, au-dessus du village, la montagne et son long glacier restaient invisibles dans les nuages. Les hélicoptères, cinq petits appareils et un mastodonte, un Ereickson F6 4E capable de transporter jusqu’à six tonnes de matériel, sont restés cloués au sol une bonne partie de la journée, avant que le ciel ne se dégage, en fin d’après-midi. Une pompe à eau, d’une capacité de 300m3 par seconde, a pu être acheminée sur le site, mais huit autres attendent d’être transportées ainsi que les générateurs pour le faire marcher et des conduites d’eau. Mais à 2 600 mètres d’altitude, où un immense lac s’est constitué par la fonte exceptionnelle des glaces du mont Rose, plus de soixante-dix hommes ont continué de surveiller le niveau des eaux. La crainte est que ce lac, posé sur le glacier, qui couvre 16 hectares et contient environ 3,3 millions de mètres cubes d’eau, ne rompe les fragiles moraines qui l’enserrent et ne se déverse dans la vallée. Le gouvernement italien a décrété l’état d’urgence. Les autorités estiment qu’environ 990 habitants de la vallée (huit communes et 6 000 habitants) sont directement menacés par une rupture éventuelle de cette poche d’eau. Une cellule de crise a été installée à Macugnaga. Une caméra surveille le niveau de l’eau 24 heures sur 24 et répercute les images sur ordinateur dans une salle de contrôle. Samedi, l’écran était noir en raison du manque de visibilité. La grande opération de prévention du risque organisée par la Sécurité civile vise à faire baisser les eaux en les déversant dans des cours naturels et consiste à installer une conduite forcée pour permettre l’écoulement régulier du trop-plein, selon les techniciens. Le mauvais temps de samedi avait toutefois un effet salutaire : la chute des températures, limitant le rythme de la fonte. L’isotherme zéro, situé à 4 500 mètres pendant la canicule, soit presque au niveau du sommet du mont Rose, est tombé à 3 000 mètres. « Ces trois derniers jours, le niveau du lac a baissé de 6 à 8 cm », a précisé un responsable de la Protection civile. Le lac est surnommé « Ile Lago Efimero » (lac éphémère), a indiqué le maire de la commune, Mario Teresio Valsesia, qui en a fait lui-même la découverte, alors qu’il inspectait les lieux avec des glaciologues. Il s’est constitué dans une dépression creusée par une progression anormale du glacier, liée au réchauffement climatique de ces dernières années, explique Mario Teresio Valsesia. Ces deux dernières années, le glacier a avancé de 110 mètres par an, contre 35 mètres en moyenne précédemment, assure-t-il. Brutalement, en quelques jours, la dépression ainsi creusée s’est trouvée remplie par les eaux provenant de la fonte de la glace et des neiges du mont Rose, accélérée par la canicule, assure le maire. Selon des glaciologues, c’est la première fois qu’un tel phénomène, déjà observé en Patagonie et dans l’Himalaya, survient en Europe.
Près de 200 hommes, usant de gros moyens matériels, se sont affairés samedi toute la journée, malgré le mauvais temps, pour protéger un village touristique italien menacé par la fonte accélérée d’un glacier, sous le mont Rose (4 634 mètres). Après une longue période de canicule, la pluie, le froid et la brume ont envahi la vallée et là-haut, au-dessus du village, la montagne et son long glacier restaient invisibles dans les nuages. Les hélicoptères, cinq petits appareils et un mastodonte, un Ereickson F6 4E capable de transporter jusqu’à six tonnes de matériel, sont restés cloués au sol une bonne partie de la journée, avant que le ciel ne se dégage, en fin d’après-midi. Une pompe à eau, d’une capacité de 300m3 par seconde, a pu être acheminée sur le site, mais huit autres attendent d’être...