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Affaire Ullrich : sous le choc, Telekom veut croire à un accident

Sous le choc après les révélations selon lesquelles son leader, le cycliste allemand Jan Ullrich, a été contrôlé positif aux amphétamines, la formation allemande Telekom privilégiait la thèse de la « prise inconsciente » hier, en attendant que le champion sorte de son silence. « Je suis persuadé de l’innocence d’Ullrich », a lancé le directeur sportif de Telekom, Rudy Pevenage, ajoutant que « Jan est contrôlé au moins cinq fois par an par la Commission antidopage allemande (ADK). Il n’y a jamais eu de problème ». « Je ne peux pas expliquer comment c’est arrivé », a pour sa part confié Walter Godefroot, manageur de l’équipe. En effet, le contrôle positif hors compétition d’un coureur a de quoi étonner. Pourquoi le champion prendrait-il des amphétamines alors qu’il ne participe à aucune course prochainement ? s’interrogeait la presse allemande hier. Les amphétamines, substance interdite par le Comité international olympique (CIO), permettent d’augmenter les capacités sportives et de réprimer la douleur et la faim. Ce dernier paramètre aurait pu séduire Ullrich, 28 ans, qui n’a jamais caché son objectif de perdre du poids pour accroître sa vitesse. Pour le médecin du seul vainqueur allemand du Tour de France, en 1997, Heinz Birnesser, « Ullrich ne s’est sûrement pas dopé » et a dû absorber les amphétamines « sans le savoir », par exemple « lors d’une virée en boîte de nuit ». « Quelqu’un les a peut-être introduites dans une boisson sans lui vouloir de mal », a-t-il ajouté. « Se doper n’aurait pas de sens quand on est si loin du prochain entraînement, comme Ullrich » et surtout « lorsqu’on est en rééducation », selon M. Birnesser. « Qui se dope est viré » Autre inconnue : pourquoi l’ADK, un organisme indépendant financé par Telekom pour contrôler ses coureurs, a-t-elle effectué un test sur le champion le 12 juin, alors qu’il était en cure de rééducation dans la clinique de Bad Wiessee, en Bavière (sud), à la suite d’une opération au genou ? Au courant des résultats depuis la semaine dernière, Ullrich, l’« enfant prodige » d’ex-RDA, héros adulé par l’Allemagne, se mure dans le silence. « Je ne peux dire un seul mot, car chaque mot pourrait être de trop », a déclaré le champion olympique sur route. C’est qu’Ullrich ne risque rien de moins que d’être exclu de Telekom, une clause du contrat le liant à Deutsche Telekom jusqu’en 2003 prévoyant le licenciement immédiat en cas de dopage. Le chef de Deutsche Telekom Ron Sommer a toujours été on ne peut plus ferme à ce sujet : « Qui se dope est viré ». « Il y a un cas Ullrich. Nous attendons maintenant qu’il s’exprime et déciderons ensuite si nous lançons une enquête », a pour sa part déclaré la présidente de la Fédération cycliste allemande (BDR) Sylvia Schenk. L’événement s’inscrit dans une série de déboires pour Ull-rich. Après avoir participé en janvier au Tour du Qatar, il était rentré prématurément d’un stage de préparation en Afrique du Sud, en raison d’un genou douloureux, problème de santé qui l’avait dissuadé de participer cette année au Tour de France. En mai, il s’attirait les foudres de la direction de Telekom après une escapade nocturne à l’issue de laquelle son permis de conduire lui avait été retiré pour avoir provoqué un accident en état d’ébriété (près de 1,5 gramme d’alcool par litre de sang), le tout aggravé par un délit de fuite. Si les résultats de la contre-expertise attendus aujourd’hui à 00h00 heure locale (22h00 GMT) sont positifs, un nouveau mythe tomberait pour les Allemands, dans le sillage du champion olympique du 5 000 m en 1992 Dieter Baumann, disqualifié pour les JO de Sydney après un contrôle positif en 1999, et du lutteur Alexander Leipold, dont la médaille d’or des Jeux de Sydney fut retirée après des révélations de dopage.
Sous le choc après les révélations selon lesquelles son leader, le cycliste allemand Jan Ullrich, a été contrôlé positif aux amphétamines, la formation allemande Telekom privilégiait la thèse de la « prise inconsciente » hier, en attendant que le champion sorte de son silence. « Je suis persuadé de l’innocence d’Ullrich », a lancé le directeur sportif de Telekom, Rudy Pevenage, ajoutant que « Jan est contrôlé au moins cinq fois par an par la Commission antidopage allemande (ADK). Il n’y a jamais eu de problème ». « Je ne peux pas expliquer comment c’est arrivé », a pour sa part confié Walter Godefroot, manageur de l’équipe. En effet, le contrôle positif hors compétition d’un coureur a de quoi étonner. Pourquoi le champion prendrait-il des amphétamines alors qu’il ne participe à aucune course...