Si les spécialistes du ballon rond ont été pris à contre-pied par les éliminations prématurées de la France et de l’Argentine, les bookmakers britanniques, eux, avaient vu juste : le Mondial 2002 de football a bien été l’événement sportif le plus important, et le plus rémunérateur, de leur histoire. Pour cette Coupe du monde remportée dimanche par le Brésil face à l’Allemagne (2-0), les bookmakers ont quasiment triplé leur chiffre d’affaires par rapport à l’édition 1998. Selon les premiers chiffres disponibles, l’industrie du jeu britannique a enregistré pour plus de 250 millions de livres sterling (388 millions d’euros) de paris contre 90 ML en 1998. « Un beau cadeau » « Cette Coupe du monde est l’épreuve sportive qui a généré le plus grand nombre de paris de l’histoire. Nous avons reçu des paris en provenance de près de 150 pays », indique Graham Sharpe, responsable de la communication de William Hill qui dispose en Grande-Bretagne d’un réseau de 1 500 officines. Un enthousiasme partagé par Ladbrokes, le numéro un du secteur et filiale du groupe Hilton. « Ce Mondial 2002 a tenu toutes ses promesses. Cela a été de bonnes semaines pour nous avec comme cerise sur le gâteau, des résultats sportifs qui ont joué en notre faveur », souligne Matt Finigan, responsable marketing de Ladbrokes. « Le fait que la France, l’Argentine et le Portugal ne soient pas parvenus à se qualifier pour le second tour, et qu’ensuite l’Italie soit rapidement éliminée, nous a fait beaucoup de bien », poursuit-il. Pour les parieurs, la France, l’Argentine et l’Italie faisaient figure de favoris pour remporter le titre mondial. « Beaucoup de parieurs avaient misé sur la France pour qu’elle remporte le titre mondial mais aussi pour qu’elle se classe première de son groupe et que (Thierry) Henry ou (David) Trezeguet remportent le classement du meilleur buteur », indique M. Finigan. « Avec ses contre-performances, la France nous a fait un beau cadeau », ajoute-t-il. « Le fin du fin aurait été que la Turquie ou la Corée du Sud (deux demi-finalistes surprise) remportent le titre. Peu de parieurs avaient misé sur eux. Mais on ne peut pas tout avoir », regrette Matt Finigan. Toutefois, Andy McIver, directeur financier de Sportingbet, l’un des plus importants sites de paris sur Internet, tempère l’enthousiasme de ses concurrents dits traditionnels. « En perdant aussi rapidement des grosse équipes, la Coupe du monde a perdu de son attraction, car plus on avançait dans la compétition, plus il était probable que le Brésil et l’Allemagne allaient s’imposer face à des équipes modestes », souligne-t-il. Actions en hausse « En revanche, cette Coupe du monde nous a permis de conquérir des clients sur de nouveaux marchés, notamment aux États-Unis, après les bonnes performances du onze américain », conclut-il. De son côté, Graham Sharpe note qu’à la différence des récentes éditions de la Coupe du monde, il n’y a pas de « gros gains parmi les parieurs ». Un client a tout de même remporté la somme de 400 000 livres (621 000 euros) en pariant 43 000 livres en avril dernier sur une victoire du Brésil. Mais le grand gagnant du Mondial 2002 est sans doute la chaîne de bookmakers William Hill. Le groupe fondé en 1934 par un artisan-peintre, amateur de course de chevaux et de lévriers, a profité de la Coupe du monde pour être coté à la Bourse de Londres. Malgré un environnement boursier déprimé, les actions William Hill ont déjà grimpé de 18 % en près de deux semaines.
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