Rechercher
Rechercher

Actualités

Scolari, un dur que le temps et les succès humanisent(photos)

L’entraîneur de la sélection brésilienne de football, Luiz Felipe Scolari, qui a une réputation de vrai dur, va finir le Mondial de football plus humain que lorsqu’il est arrivé il y a un mois. « Mon expérience d’entraîneur sur ce Mondial m’a fait comprendre beaucoup de choses sur mon travail. Les rapports avec la presse par exemple. Aujourd’hui, je crois que je suis devenu plus humain », avoue-t-il comme surpris lui-même de ce qui lui arrive. Ancien défenseur réputé pour sa fermeté, Scolari, 53 ans, a pris l’équipe du Brésil le 6 juin 2001, un an avant la Coupe du monde. Depuis, il a toujours été en bisbille avec la presse et les supporteurs, réussissant malgré tout à faire d’un rassemblement de stars une véritable équipe. Contre la presse et l’opinion, il a tenu bon lorsque tout le monde exigeait qu’il intègre Romario dans la Seleçao. Face aux supporteurs, il n’a pas dévié du programme qu’il s’était fixé pendant la longue épreuve d’une qualification plus que difficile pour le Mondial, où le Brésil a terminé derrière l’Argentine et l’Équateur dans son groupe sud-américain. Pour mener un collectif formé de vedettes comme Ronaldo, Rivaldo, Roberto Carlos, Ronaldinho ou Cafu, il faut savoir gérer les ego. Il faut surtout beaucoup de talent pour faire de ces individualités une équipe solidaire sur le terrain. Respect Le succès de la sélection brésilienne dans le Mondial 2002, sans préjuger du résultat de la finale, permettra peut-être de comprendre pourquoi un homme qui apparaît constamment irrité et agressif peut être apprécié, voire aimé, par les joueurs qu’il dirige. « Je ne pense même pas au temps qui nous sépare de la finale contre l’Allemagne. Je pense aux jours qui me restent à vivre avec ce groupe fantastique de joueurs. Malheureusement, après la Coupe, ce groupe va exploser. D’autres viendront, mais je sais que me restera la nostalgie des jours que je vis actuellement », explique-t-il. Le respect que lui vouent les joueurs est quasi religieux, comme en témoignent ces scènes presque surréalistes où on voyait des Rivaldo ou Ronaldo l’écouter attentivement leur expliquer comment on frappe un ballon ou comment se placer sur un terrain. Et tout le monde de s’interroger : qu’est-ce qui fait qu’un entraîneur, qui a été un joueur plutôt médiocre, arrive à faire accepter à une star une leçon de ce genre ? « Je n’ai pas été un défenseur très technique, pour ne pas dire que j’ai été tout simplement mauvais. Mais les années m’ont donné de l’expérience. Les joueurs m’écoutent parce qu’ils ont totalement confiance en moi et qu’ils savent que si je leur fais une remarque, c’est pour leur seul bien. Parfois, ils chambrent un peu, mais au bout du compte, ils font ce que je dis », explique l’homme à la fine moustache. Dans ses bagages pour la Corée et le Japon, Scolari a emporté un drapeau brésilien, une bannière de l’État de Rio Grande do Sul, dont il est originaire, et quelques livres, dont L’art de la guerre du général chinois Sun Tzu. Écrit il y a quelque 25 siècles, l’ouvrage explique que l’issue d’une guerre dépend de cinq facteurs : la politique, le climat, le terrain, le chef et la doctrine. Pour connaître le secret de Scolari : remplacer « guerre » par « Coupe du monde ». Quatre ans après, le mystère Ronaldo reste entier En 1998, l’événement le plus spectaculaire de la finale de la Coupe du monde de football ne s’est pas produit sur le terrain mais dans les vestiaires, loin du regard des médias. Deux heures avant que la France et le Brésil ne se présentent sur le terrain du Stade de France à Saint-Denis commence à circuler dans la salle de presse la rumeur du forfait de Ronaldo, l’attaquant vedette de la Seleçao. Mais il semble alors absurde que le buteur brésilien, qui porte sur ses épaules les espoirs d’un cinquième titre mondial pour le Brésil, ne soit pas aligné pour la finale. Pourtant, quand les jeunes bénévoles du comité d’organisation distribuent la feuille de match, les reporters découvrent avec stupeur que le nom de Ronaldo n’y figure pas. Plus de 2 000 journalistes abasourdis par cette information étonnante tentent immédiatement d’en connaître la raison. Et leurs rédacteurs en chef leur demandent de vérifier sans plus tarder la véracité d’une nouvelle aussi incroyable. Un nouveau rebondissement se produit quand quelques minutes plus tard, les bénévoles viennent récupérer les feuilles de match au prétexte qu’elles contiennent une erreur, et annoncent qu’une version corrigée sera bientôt transmise. Erreur d’impression Harcelés de questions par les journalistes, les malheureux troublent encore plus les esprits en répondant qu’il ne s’agit que d’une erreur d’impression. Les reporters prennent d’assaut le vestiaire brésilien à la recherche d’informations fiables, mais trouvent portes closes. Cinq minutes plus tard, une nouvelle feuille de match est distribuée. Cette fois, Ronaldo est bien présent parmi les titulaires, Edmundo reprend place sur le banc des remplaçants et le chaos continue. La seule explication alors fournie est que l’attaquant brésilien a souffert en cours d’après-midi de maux gastriques qui l’auraient conduit à renoncer à participer à la finale. Mais se sentant ensuite mieux, il aurait finalement décidé de jouer. Ronaldo a effectivement participé à la finale, mais il a semblé hors de forme et léthargique et la France s’est logiquement imposée 3-0 pour conquérir son premier titre mondial. Après coup, il est apparu que Ronaldo avait souffert de convulsions dans l’après-midi et n’avait été déclaré apte à disputer la finale qu’après avoir subi des examens médicaux de dernière minute. Le joueur lui-même et l’encadrement brésilien ont entretenu le flou sur son malaise et les théories d’un complot n’ont pas tardé à surgir. Nike a été le premier visé. L’équipementier sportif américain, qui a signé un contrat de 370 millions de dollars avec la fédération brésilienne et possède un accord particulier avec Ronaldo, aurait insisté pour que son « investissement » ne rate pas un match aussi important. Enquête parlementaire La fédération brésilienne, le sélectionneur Mario Zagallo, Nike et Ronaldo ont tous démenti cette accusation. Mais elle a pris tellement d’ampleur qu’ils ont tous dû témoigner devant une commission d’enquête du Parlement brésilien. En retraçant le cours de cette journée particulière, Ronaldo a expliqué qu’après sa sieste, il s’était réveillé entouré d’équipiers affolés. Les médecins de l’équipe lui auraient révélé qu’il avait été pris de convulsions et qu’il ne pourrait pas jouer le soir même. Mais le buteur vedette du Brésil aurait alors lui-même insisté pour passer de nouveaux examens médicaux et participer à la finale. Pour lui, les accusations selon lesquelles Nike l’aurait obligé à jouer sont absurdes. Mais il refuse toujours de dévoiler les détails du contrat qui le lie à l’équipementier américain. En début d’année, il a de nouveau dû démentir les affirmations des médias brésiliens expliquant que sa condition physique avait été entamée par une succession d’injections analgésiques administrées pendant toute la compétition. « La victoire et la défaite font partie du jeu, je ne comprends pas ce besoin de créer du mystère et des complots seulement parce qu’on a perdu », a-t-il déclaré l’année dernière devant la commission d’enquête. Demain, Ronaldo s’apprête à disputer une nouvelle finale de Coupe du monde à Yokohama face à l’Allemagne. Les journalistes attendent avec impatience qu’on leur distribue la feuille de match. La grande fête des crânes et des cheveux en folie Les coiffeurs ont profité du Mondial 2002 de football pour donner libre cours à leur fertile imagination, comme en témoigne la demi-finale Brésil-Turquie, qui à l’image d’autres rencontres, a pu donner le sentiment d’un drôle de défilé de mode capillaire. Stade de Saitama, 26 juin. À quelques minutes de la seconde demi-finale, les Turcs défilent devant les Brésiliens et leur serrent la main. Arrivé devant Ronaldo, Umit Davala désigne du doigt son crâne. Ronaldo se fend d’un large sourire... Complicité de frères en folies capillaires entre le « Turc à la tête d’Iroquois », rasé sur les côtés du crâne avec une large bande de cheveux médiane courant de la nuque au front, et le Brésilien, soigneusement rasé à l’exception d’une demi-lune de cheveux sur l’avant de la tête. Fantaisiste pour ses résultats, ce Mondial l’a donc également été en matière de coiffures : le Nigérian Taribo West, un dangereux récidiviste, s’est inspiré de la tonsure des moines du Moyen Âge, mais en négatif avec un crâne rasé au milieu duquel émerge un calot de cheveux, oasis circulaire sur laquelle poussent deux petits cocotiers verts, pour rappeler la couleur des Super Eagles. Il y a aussi les tenants des dreadlocks, à l’instar d’Henrik Larsson, même si le Suédois du Cap-Vert a fini par couper les siennes, optant pour le look boule de billard. Plus ordonnés, les Nigérians Nwankwo Kanu et Jay Jay Okocha avaient la tête sillonnée de tresses parallèles du plus bel effet. Le remuant Suédois d’Arsenal Fredrik Ljungberg est un des rares à avoir choisi le rouge. Quant à la star de l’Angleterre, David Beckham, coiffé avec un pétard, et visiblement satisfait de l’effet obtenu, il avait finalement décidé d’immortaliser la chose en la fixant avec force gel. Option zéro Au Mondial asiatique, on a aperçu quelques Iroquois sur le sentier de la guerre, l’air farouche : si l’Allemand Christian Ziege a rasé sa crête de cheveux longitudinale en cours de route, Umit Davala (qui avoue s’être inspiré de Ziege) et l’Américain Clint Mathis ont tenu bon. Ennemis de l’uniformité, les Japonais ont fait assaut d’originalité, offrant à leurs supporters une mosaïque multicolore. Chez les champions du monde français, on a pu, brièvement, trouver de tout, de l’option zéro de Fabien Barthez aux cheveux longs de Vincent Candela, en passant par le blond peroxydé de Djibril Cissé. Cette dernière tendance a eu d’autres adeptes célèbres, comme l’Uruguayen Dario Silva, le Portugais Abel Xavier ou le Sénégalais El Hadji Diouf. Chez les Argentins en revanche, on a joué en général la carte du cheveu long, hirsute ou serré dans un catogan, de Gabriel Batistuta à Ariel Ortega, en passant par Juan Pablo Sorin et Diego Placente. Un duel entre crânes rasés et chevelures abondantes n’aurait d’ailleurs pas manqué d’intérêt. Le « FC Bagnard » aurait pu se présenter ainsi : Barthez – Thuram, Lebœuf, Campbell, Roberto Carlos – Veron, Geremi, Vieira, Henry – Ronaldo, Trezeguet. En face, le Longhair United alignerait : Seaman – Pochettino, Cannavaro, Fernando Couto, Maldini – Ahn Jung-hwan, Ortega, E. Petit, Totti – Batistuta, Caniggia. Un match au sommet qu’aurait naturellement pu diriger l’Italien Pierluigi Collina, le plus chauve des arbitres internationaux. Mais il a préféré se réserver pour la vraie finale, dimanche à Yokohama, entre l’Allemagne et le Brésil. Joueurs, entraîneurs : ils ont tourné la page de gré ou de force Point culminant du football mondial, la Coupe du monde sonne tous les quatre ans l’heure des remises en cause pour certains joueurs soucieux de ne pas faire « le combat de trop » et pour de nombreux entraîneurs limogés en cas d’échec ou attendant avec intérêt les offres en cas de succès. Chez les joueurs, des champions aussi charismatiques que l’Espagnol Fernando Hierro, l’Italien Paolo Maldini ou l’Argentin Gabriel Batistuta ont fait au Mondial asiatique leur dernier tour de piste sous le maillot de leur sélection nationale. Luis Enrique, Espagnol lui-aussi, a annoncé sa décision de raccrocher les crampons tout comme le Suédois Henrik Larsson, le gardien saoudien Mohammad al-Deayea, les Belges Marc Wilmots et Gert Verheyen. Chez les Français, trois des champions du monde 1998, Frank Lebœuf, Youri Djorkaeff et Christophe Dugarry ont rangé le maillot bleu dans l’armoire aux souvenirs. Idem pour le Mexicain Alberto Garcia Aspe et le Danois Stig Tofting. La Mannschaft a offert à son défenseur Thomas Linke le plus beau des cadeaux en lui permettant d’en terminer par une finale de Coupe du monde. D’autres ne se sont pas encore fait connaître et pourraient, à brève échéance, se résoudre – ou être poussés – à en finir avec leur carrière internationale. Encensés Le gardien anglais David Seaman ou son collègue camerounais Jacques Songo’o, âgés tous deux de 38 ans, pourraient s’éclipser. D’autres anciens comme l’Italien Angelo Di Livio ou le Croate Davor Suker devraient passer le relais sans avoir à trop le demander. Le Turc Hakan Sukur a fait savoir qu’il voulait bien jouer encore un peu. Reste à savoir s’il sera encore appelé. Pour les Portugais Fernando Couto, Vitor Baia, Rui Costa et Joao Pinto, la décision de laisser la place aux jeunes aurait certainement été prise mais, avec un Euro 2004 disputé à domicile, le report d’échéance est quasi obligatoire. Le gardien de but paraguayen José Luis Chilavert, qui n’a encore que 37 ans, entend pour sa part être encore de la partie en 2006 au Mondial allemand. Trois catégories principales chez les entraîneurs qui devraient changer d’horizon : ceux qui sont encensés et peuvent espérer monnayer leur succès, ceux qui ont offert leur démission pour mauvais résultats et ceux qui ont tenté de s’accrocher à leur siège, éjectable. Le Néerlandais Guus Hiddink a fait un malheur à la baguette de l’orchestre rouge sud-coréen. Il a résisté aux rondelettes propositions locales de prolongation de contrat et attend désormais le grand club européen sur lequel il jettera son dévolu. Le Français Philippe Troussier est aussi sur le marché après une prestation plus qu’honorable du Japon. Même cas pour son compatriote Bruno Metsu qui semble devoir quitter les Lions sénégalais pour le championnat turc. Bannis Le Belge Robert Waseige retourne, lui, dans le privé, au Standard de Liège, le Croate Mirko Jozic s’est mis en réserve et le Sud-Africain Jomo Sono a demandé à réfléchir. L’Italien Cesare Maldini, père de Paolo, n’a pas non plus renouvelé son contrat avec le Paraguay. Mais on ne l’a pas retenu. Seul s’intéresse encore à lui le fisc d’Asuncion. Le roi des mercenaires Bora Milutinovic quitte la Chine et ne semble pas pressé, sous le soleil de Mexico, de retrouver le stress du banc de touche. Parmi ceux qui ont offert leur démission en s’estimant responsables de l’échec de leur équipe, le Russe Oleg Romantsev, le Slovène Srecko Katanec et l’Uruguayen Victor Pua. Restent les bannis, exclus pas du tout volontaires ou en voie de l’être. Le plus connu est sans doute le Français Roger Lemerre qui avait renouvelé son contrat avant le Mondial jusqu’en 2004 et qui n’entend pas ramener volontairement le curseur sur 2002. Le Portugais Antonio Oliveira et le Polonais Jerzy Engel ont déjà, eux, pris leur compte. Le Costaricain Alexandre Guimaraes se cherche du travail et l’Argentin Marcelo Bielsa sait qu’il n’a plus rien à attendre.
L’entraîneur de la sélection brésilienne de football, Luiz Felipe Scolari, qui a une réputation de vrai dur, va finir le Mondial de football plus humain que lorsqu’il est arrivé il y a un mois. « Mon expérience d’entraîneur sur ce Mondial m’a fait comprendre beaucoup de choses sur mon travail. Les rapports avec la presse par exemple. Aujourd’hui, je crois que je suis devenu plus humain », avoue-t-il comme surpris lui-même de ce qui lui arrive. Ancien défenseur réputé pour sa fermeté, Scolari, 53 ans, a pris l’équipe du Brésil le 6 juin 2001, un an avant la Coupe du monde. Depuis, il a toujours été en bisbille avec la presse et les supporteurs, réussissant malgré tout à faire d’un rassemblement de stars une véritable équipe. Contre la presse et l’opinion, il a tenu bon lorsque tout le monde exigeait...