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Actualités - Chronologie

Les Européens n’ont pas lâché Arafat

Le sommet du G8 n’a pas cautionné la volonté de Washington de mettre Yasser Arafat à l’écart, mais l’image du président de l’Autorité palestinienne en sort ternie par de multiples critiques, souvent sévères, des Européens. La plupart des dirigeants de l’Union européenne ont réaffirmé la légitimité de M. Arafat comme représentant du camp palestinien, se refusant à spéculer sur son départ, tant que des élections démocratiques ne fixeraient son sort. Aucun n’a en revanche pris la peine de faire l’éloge du représentant historique de la cause palestinienne, que Washington accuse en termes de moins en moins voilés d’être trop compromis avec le terrorisme. Plusieurs dirigeants européens présents à ce sommet ont réaffirmé la « légitimité » de M. Arafat, tout en le critiquant en des termes d’une dureté que M. Bush n’aurait pas désavouée. Le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a appelé l’Autorité palestinienne à s’engager « absolument sans réserve » dans la lutte contre le terrorisme. Le chancelier allemand Gerhardt Schröder a également eu la dent dure contre le dirigeant palestinien, s’interrogeant sur sa volonté réelle d’agir pour restaurer le calme. « La question est de savoir si Arafat a vraiment toujours pu arrêter le terrorisme et, quelquefois, s’il a toujours eu la volonté de l’arrêter », a-t-il déclaré. Le Premier ministre britannique Tony Blair a lui aussi émis de sérieux doutes sur la capacité de M. Arafat de négocier la paix. « J’ai eu 30 réunions différentes avec le président Arafat ces dernières années », a-t-il dit, et « nous avons une situation où nous n’avons pas été en mesure de faire des progrès, et il y a une attitude au regard du terrorisme qui est incompatible avec la notion de sécurité d’Israël ». La palme de la remarque assassine revient sans conteste au président du Conseil italien Silvio Berlusconi, qui a suggéré que M. Arafat, 73 ans, quitte la scène comme une diva. « C’est une conviction qu’Arafat, prix Nobel de la paix, pourrait faire un geste généreux en se mettant de côté », a déclaré le dirigeant italien. À l’exception de la question controversée d’un départ de M. Arafat, les partenaires de Washington se sont dans l’ensemble félicités des propositions de M. Bush pour une réforme radicale des institutions palestiniennes qui pourrait mener à un État palestinien dans trois ans. « Nous sommes tous contents qu’il (M. Bush) ait pris cette initiative », et « nous espérons qu’elle réussira », a déclaré à la presse le chef du gouvernement canadien Jean Chrétien en présentant le résultat des travaux de ce sommet. Les Européens ont toutefois émis des inquiétudes sur la mise en veilleuse par Washington d’un projet de conférence de paix internationale sur le Proche-Orient, pourtant promis pour cet été par le secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) Colin Powell, et qui a obtenu l’appui de l’UE, de l’Onu et de la Russie. Le président français Jacques Chirac a réaffirmé jeudi « la nécessité » de voir cette conférence se dérouler pour offrir des perspectives de règlement politique du conflit. Le président de la Commission européenne Romano Prodi a toutefois estimé que cette conférence n’était « pas imminente », Washington n’en faisant désormais plus une priorité. M. Prodi a redouté que cette attitude ne vienne affaiblir la cohésion internationale sur le Proche-Orient, qui s’est manifestée ces derniers mois au sein d’un groupe informel USA-Onu-UE-Russie sur le Proche-Orient, connu sous le surnom de « quartette ».
Le sommet du G8 n’a pas cautionné la volonté de Washington de mettre Yasser Arafat à l’écart, mais l’image du président de l’Autorité palestinienne en sort ternie par de multiples critiques, souvent sévères, des Européens. La plupart des dirigeants de l’Union européenne ont réaffirmé la légitimité de M. Arafat comme représentant du camp palestinien, se refusant à spéculer sur son départ, tant que des élections démocratiques ne fixeraient son sort. Aucun n’a en revanche pris la peine de faire l’éloge du représentant historique de la cause palestinienne, que Washington accuse en termes de moins en moins voilés d’être trop compromis avec le terrorisme. Plusieurs dirigeants européens présents à ce sommet ont réaffirmé la « légitimité » de M. Arafat, tout en le critiquant en des termes d’une...