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Mondial 2002 Allemagne-Brésil : veillée d’armes

Le dernier coup de sifflet de la demi-finale du Mondial 2002 de football entre le Brésil et la Turquie était à peine donné mercredi que Rudi Voeller, le sélectionneur de l’Allemagne, adversaire des Brésiliens dimanche en finale, déclenchait déjà à fleuret moucheté les hostilités psychologiques. « Les Brésiliens sont largement favoris. Ils ont toujours les meilleurs joueurs », lançait à qui voulait l’entendre celui qui, lorsqu’il écumait les surfaces de réparation, s’était acquis le surnom de « renard argenté ». Pour son opportunisme autant qu’en raison d’un profil pointu auréolé d’une crinière de boucles pâles. Enroué de la guerre des nerfs, il s’empressait toutefois d’ajouter que « ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent ». « Sinon les Brésiliens auraient déjà 14 Coupes du monde ou plus à leur palmarès ». Le Voeller est malin, c’est aussi un gourmet. « C’est une finale qui met l’eau à la bouche. Chacun sait en quelle estime je tiens les Brésiliens », se pourlèche-t-il. Il joue volontiers les modestes. « Il va nous falloir conserver notre forme et jouer à fond notre petite chance en prenant peu de risques et en faisant appel à tout notre courage ». Frère d’armes Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur brésilien, qui n’a pas grand-chose à envier en malice à son collègue, joue davantage sur la corde émotionnelle, en frère d’armes. « Quand nous nous sommes rencontrés à Séoul (en décembre 2001) à l’occasion du tirage au sort, chacune de nos équipes venait tout juste de se qualifier au finish pour la phase finale. Nous nous sommes salués chaleureusement et nous nous sommes dit que c’était peut-être le signe que nous allions nous retrouver en finale », se remémore-t-il. « Et nous y voilà. Je suis sûr que nous allons de nouveau nous rencontrer et nous saluer chaleureusement. Et, bien sûr, que le meilleur gagne ». Les supporteurs de la Seleçao prendraient très mal que ce meilleur soit allemand. Ils ne rêvent que du « pentacampeonato », le cinquième trophée, celui qui effacerait la terrible déception de 1998 et le cuisant 3-0 encaissé en finale face à la France. Le Brésil joue dimanche sa troisième finale d’affilée. Une performance que seule... l’Allemagne avait jusqu’alors réalisée, battue (3-1) en 1982 par l’Italie puis, en 1986 (3-2), par l’Argentine avant de prendre sa revanche en 1990 (1-0) sur les Argentins. Jardin continental Pour le Brésil, cette troisième tentative sera aussi l’occasion de marquer son premier but en finale depuis 22 ans et sa victoire de 1970 (4-1) sur l’Italie. Vainqueur (0-0, tirs au but) de l’Italie en 1994, battu 3-0 quatre ans plus tard à Paris, il est temps pour Ronaldo, Rivaldo et autre Ronaldinho d’en finir avec cette série incongrue. Les Allemands ont, eux, l’occasion dimanche de revenir au palmarès avec une quatrième victoire qui leur permettrait d’égaler le record des Brésiliens. Match inédit (jamais le Brésil et l’Allemagne ne se sont rencontrés en Coupe du monde), rencontre des champions (bientôt, à eux deux, huit des dix-sept titres décernés), la finale de dimanche est la sixième de rang à opposer un représentant de l’Europe occidentale à une sélection d’Amérique du Sud, les deux sous-continents qui, à ce jour, se sont partagé toutes les Coupes du monde depuis 1930. Ils en sont à 8-8 avant le match de dimanche. Les Allemands ont enfin la possibilité d’être la première équipe européenne à s’imposer ailleurs que dans son jardin continental. Le Brésil a, lui, déjà réalisé cette performance en 1958, lorsqu’il a décroché en Suède sa première couronne. Il reste, au moins jusqu’à dimanche, la seule équipe à avoir vaincu en continent étranger. Cafu, la passe de trois inédite Titulaire indiscutable en sélection du Brésil depuis 1995, le latéral droit Cafu s’apprête à entrer dans l’histoire du football en devenant le premier joueur à disputer une troisième finale de Coupe du monde, dimanche contre l’Allemagne à Yokohama. « Je sais que c’est une performance rare, et cela me fait très plaisir car ça m’a pris du temps pour y arriver », lâche dans un sourire gêné le timide Cafu, promu capitaine au début du Mondial après le forfait sur blessure d’Emerson. Avec 110 sélections au compteur, le latéral droit de l’AS Rome, âgé de 32 ans, est de très loin le plus capé des 23 Brésiliens du Mondial. C’est également le plus ancien en sélection, sa première remontant au 12 septembre 1990 contre l’Espagne. Jusque-là, il a disputé 15 rencontres de Mondial, et sa seizième, dimanche, le fera entrer dans la légende. En 1994, aux États-Unis, le jeune Cafu, aux démarrages de locomotive sur son couloir droit, n’est encore que le remplaçant de Jorginho. Mais celui-ci, blessé, doit lui céder sa place durant la finale contre l’Italie (0-0, 3 t.a.b. à 2). Cafu entre en jeu à la 21e minute. Et devient champion du monde. À l’orée du Mondial 98 en France, son statut a changé. Non seulement il s’est affirmé comme le meilleur du pays à son poste, mais en plus, il a convaincu la plupart des observateurs qu’il n’y a aucun candidat crédible pour lui contester sa suprématie côté droit. Et ce, même si certains fustigent à l’envie son manque de précision dans les relances. Collectif Pour preuve, Cafu a disputé toutes les rencontres des Auriverde dans ce Mondial, sauf une, la demi-finale face aux Pays-Bas (1-1, 4 t.a.b. à 2). Suspendu, il avait alors dû céder la place au modeste Zé Carlos, à cause de deux avertissements reçus lors des matchs précédents. Il a bien retrouvé le terrain pour sa deuxième finale, mais souhaite oublier cette dernière et la gifle reçue face à la France (3-0), espérant désormais que la troisième, dimanche, sera synonyme de cinquième couronne pour les siens. Pas même le roi Pelé, référence ultime, n’a disputé trois finales de Coupe du monde, bien que présent à chaque fois en sélection pour les titres de 1958, 62 et 70. En 1962, au Chili, il n’avait pu participer qu’au premier match, face au Mexique, avant de se blesser. Pourtant, Cafu, même s’il admet que « le fait de disputer trois finales de Mondial est unique et n’a pas de prix », préfère penser collectif : « Cela ne servirait à rien d’arriver en finale et de se déconcentrer ensuite. Il nous faut continuer dans cette voie jusqu’au bout, avec beaucoup d’humilité, si on veut remporter un nouveau titre mondial ». Pourtant, pour en revenir à un aspect plus personnel, si le Brésil s’imposait dimanche, Cafu, qui sait ce qu’on ressent en disputant et gagnant une finale de Coupe du monde, n’en vivrait pas moins une première : ce serait à lui, capitaine au long cours, que reviendrait l’honneur de brandir en premier le trophée tant convoité, tout comme Mauro (1958), Bellini (1962), Carlos Alberto (1970) et Dunga (1994) l’ont fait en leur temps. Ballon d’or : les Brésiliens en force, Kahn en embuscade Quatre Brésiliens, Roberto Carlos, Rivaldo, Ronaldo et Ronaldinho, figurent parmi les dix joueurs nominés, hier à Yokohama, par la Fédération internationale (Fifa) pour remporter le Ballon d’or, distinction remise au meilleur joueur du Mondial de football. Le Brésil, qui s’est qualifié mercredi à Saitama pour sa septième finale grâce à sa victoire face à la Turquie (1-0) en demi-finale, a manifestement retenu l’attention et plus particulièrement son attaque, la plus prolifique du tournoi (16 buts en 6 rencontres, soit 2,67 par match). Pas étonnant donc de retrouver le très offensif latéral gauche Roberto Carlos et le triangle magique Ronaldinho-Rivaldo-Ronaldo parmi les nominés, le dernier d’entre eux s’étant une nouvelle fois signalé en marquant le but de la victoire face aux Turcs, devenant du même coup le meilleur buteur de la compétition avec 6 réalisations. Déjà vainqueur de Ballon d’or au Mondial 98 malgré sa finale ratée face à la France, l’attaquant de l’Inter Milan apparaît bien placé pour récidiver. Mais les Allemands ne l’entendent certainement pas de cette oreille. Et le gardien et capitaine Oliver Kahn ainsi que le milieu Michael Ballack, également nominés, peuvent très bien ravir le trophée aux Auriverde. « Fantastique Kahn » Ballack, suspendu (deux avertissements) ne pouvant toutefois pas disputer la finale, le sort de la Mannschaft reposera sur les épaules de Kahn. Le gardien du Bayern Munich, qui a plusieurs fois évité l’élimination des siens grâce à ses interventions décisives et ses coups de gueule, s’y illustrera sans doute une nouvelle fois face à l’artillerie brésilienne. « Pour moi, Oliver Kahn est le meilleur », a déclaré son compatriote Franz Beckenbauer, ancien vainqueur du Mondial 74 comme joueur puis du Mondial 90 comme entraîneur, lors de la présentation de la liste des joueurs retenus. « Il est fantastique depuis le début, il n’a encaissé qu’un seul but. C’est le meilleur gardien du monde », a ajouté le « Kaiser ». Parmi les autres nominés figurent le capitaine coréen Hong Myung-bo, dont l’expérience a été précieuse lors de l’épopée coréenne, et le redoutable attaquant turc Hasan Sas. Deux hommes qui auront à nouveau à cœur de se faire remarquer lors du match pour la 3e place, samedi à Daegu. Enfin les deux derniers joueurs retenus sont le Sénégalais el-Hadji Diouf et l’Espagnol Fernando Hierro. Liste des joueurs nominés : 1. Michael Ballack (Allemagne) 2. Roberto Carlos (Brésil) 3. El-Hadji Diouf (Sénégal) 4. Fernando Hierro (Espagne) 5. Hong Myung-bo (Corée du Sud) 6. Oliver Kahn (Allemagne) 7. Rivaldo (Brésil) 8. Ronaldo (Brésil) 9. Ronaldinho (Brésil) 10. Hasan Sas (Turquie). Historique des finales de Coupe du monde La finale de la Coupe du monde de football dimanche à Yokohama entre l’Allemagne et le Brésil sera la 17e depuis le premier tournoi mondial organisé en 1930 en Uruguay. L’Allemagne et le Brésil disputeront chacun leur septième finale, alors que les deux pays ne se sont jamais rencontrés en Coupe du monde. Voici l’historique des 16 précédentes finales : 1930 : Uruguay-Argentine 4-2 Seules 13 équipes participent à cette première Coupe du monde. Après leurs larges victoires 6-1 en demi-finales face respectivement à la Yougoslavie et aux États-Unis, l’Uruguay, pays hôte de la compétition, et l’Argentine se retrouvent pour une finale riche en buts. L’Uruguay prend rapidement l’avantage par Pablo Dorado à la 12e minute, mais l’Argentine revient pour mener 2-1 à la mi-temps. Carlos Peucelle égalise à la 20e minute et Guillermo Stabile, grâce à son huitième but de la compétition, donne l’avantage aux Argentins à la 37e. Stabile rate même une belle occasion de 3-1 avant que l’Uruguay ne s’impose en inscrivant trois buts en seconde période par Pedro Cea (57e), Santos Iriarte (68e) et Hector Castro (89e). 1934 : Italie-Tchécoslovaquie 2-1 (a.p.) Deuxième Coupe du monde et deuxième victoire du pays hôte. L’Italie s’impose d’extrême justesse en finale contre la Tchécoslovaquie. L’attaquant tchèque Antonin Puc ouvre la marque à la 71e minute, et quelques instants plus tard, Jiri Sobotka tire sur le poteau puis Oldrich Nejedly gâche une occasion en or pour les Tchèques. L’Italie égalise à la 81e minute grâce à un superbe but de Raymondo Orsi. Cinq minutes après le début de la prolongation, Enrique Gaita trouve Angelo Schiavio démarqué dans la surface de réparation pour le but de la victoire finale. 1938 : Italie-Hongrie 4-2 (à Paris) L’Italie devient la première équipe à conserver le titre mondial et à s’imposer à l’étranger. Les Italiens prennent l’avantage dès la sixième minute par Gino Colaussi, mais se font rejoindre par la Hongrie sur un but de Pal Titkos quasiment sur le coup d’envoi. L’attaquant italien Silvio Piola, à l’origine du premier but, récupère ensuite une passe de Giuseppe Meazza pour expédier le ballon au fond des filets hongrois à la 16e minute. Colaussi marque le troisième but italien, son second personnel, à la 35e. La Hongrie reprend espoir en deuxième mi-temps d’un tir à bout portant de Gyorgy Sarosi (69e) mais Piola assure définitivement le succès de l’Italie en réalisant le doublé à la 82e. Le sélectionneur italien Vittorio Pozzo devient le premier entraîneur, et jusqu’à présent le seul, à remporter deux Coupes du monde. 1950 : Uruguay-Brésil 2-1 (à Rio de Janeiro) Cette finale n’en est pas une. Elle reste pourtant gravée dans la mémoire des Brésiliens et dans l’histoire de la Coupe du monde. Il ne s’agit que de la dernière rencontre d’une poule de quatre équipes, avec également la Suède et l’Espagne, mais elle est décisive pour l’attribution du titre. Pour devenir champion du monde, le Brésil, favori, n’a besoin que d’un match nul ,alors que l’Uruguay doit s’imposer. Dans un Maracana comble qui connaît ce jour-là une affluence inégalée pour un match de football, avec officiellement 173 000 spectateurs mais quelque 205 000 estimés, l’Uruguay résiste aux attaques brésiliennes, mais cède quatre minutes après le début de la deuxième mi-temps devant Friaca qui inscrit là le seul but de sa carrière pour la Seleçao. Mais après cette ouverture du score, le Brésil relâche sa pression et l’Uruguay égalise par Juan Schiaffino à la 66e minute sur un centre d’Alcides Ghiggia. Buteur à chacun des matchs de l’Uruguay dans cette Coupe du monde, Ghiggia inscrit lui-même le but victorieux 11 minutes avant la fin du match et plonge le Brésil dans la détresse. 1954 : RFA-Hongrie 3-2 (à Berne) La finale de la Coupe du monde 1954, organisée en Suisse, entre l’Allemagne de l’Ouest et la Hongrie demeure comme l’une des plus surprenantes. La Hongrie est alors la meilleure équipe du monde, peut-être même l’une des meilleures de l’histoire du football. Plus tôt dans le tournoi, elle a écrasé les Allemands 8-3 et après huit minutes de jeu, elle mène déjà 2-0 grâce à son capitaine Ferenc Puskas (6e), absent du premier match contre l’Allemagne, et Zoltan Czibor (8e) et semble partie pour un succès facile. Mais 11 minutes plus tard, l’Allemagne est déjà revenue au score par Max Morlock (10e) puis Helmut Rahn (19e). La Hongrie presse mais se fait surprendre à cinq minutes de la fin du match par Rahn qui récupère un ballon perdu, dribble Mihaly Lantos et inscrit le but victorieux. 1958 : Brésil-Suède 5-2 (à Stockholm) En 1958, à l’issue de la finale la plus prolifique, le Brésil devient la première et jusqu’à présent la seule équipe d’Amérique du Sud et d’Europe sacrée sur l’autre continent. Nils Liedholm ouvre le score pour la Suède après seulement quatre minutes, mais le Brésil, emmené par sa jeune star de 17 ans Pelé, est irrésistible. Vava égalise cinq minutes plus tard puis donne l’avantage au Brésil à la 32e minute, sur deux centres de Garrincha. Puis le spectacle Pelé commence. Déjà auteur d’un triplé en demi-finale contre la France, Pelé inscrit le troisième but brésilien après un récital dans la surface suédoise. Après des buts de Mario Zagallo pour le Brésil (68e) et d’Agne Simonsson pour la Suède (79e), Pelé parachève le succès brésilien à la dernière minute du match. 1962 : Brésil-Tchécoslovaquie 3-1 (à Santiago) Pelé ne participe pas à cette finale entre le Brésil et la Tchécoslovaquie. Il s’est blessé lors du match nul 0-0 entre les deux équipes plus tôt dans le tournoi. Les Tchèques ouvrent le score dès la 14e minute par Josef Masopust. Mais comme en 1958, le Brésil égalise rapidement par Amarildo, deux minutes plus tard. Les Brésiliens se détachent en deuxième mi-temps grâce à une tête de Zito (69e), puis un but de Vava (78e) qui devient le premier joueur à inscrire un but dans deux finales de Coupe du monde. 1966 : Angleterre-RFA 4-2 (à Londres) Pour la cinquième finale consécutive, l’équipe qui ouvre le score termine vaincue. Les Allemands prennent l’avantage par Helmut Haller à la 13e minute, mais les Anglais égalisent six minutes, plus tard grâce à une tête de Geoff Hurst sur un coup franc de Bobby Moore. Quand Martin Peters inscrit le deuxième but anglais à la 78e minute, la victoire semble acquise pour l’Angleterre, mais les Allemands se ruent sur le but anglais et égalisent grâce au défenseur Wolfgang Weber. Au cours de la prolongation va naître la plus célèbre polémique de l’histoire du football. À la 100e minute, Geoff Hurst reprend de la tête un centre d’Alan Ball. Son tir frappe le dessous de la transversale, rebondit sur le sol et ressort. Les Anglais sont persuadés que le ballon a franchi la ligne, les Allemands sont convaincus du contraire. L’arbitre suisse Gottfried Dienst consulte son assistant, le Soviétique Tofik Bakramov, et accorde le but. À la dernière minute, Hurst inscrit son troisième but personnel et devient le seul joueur auteur d’un coup du chapeau en finale d’une Coupe du monde. 1970 : Brésil-Italie 4-1 (à Mexico) Le Brésil de 1970 est entré dans la légende du football en produisant probablement la plus belle prestation d’une équipe en finale de Coupe du monde, face à une Italie certes fatiguée par son incroyable demi-finale contre l’Allemagne. Pelé, alors âgé de 29 ans, ouvre le score de la tête à la 18e minute. Malgré l’égalisation de Roberto Boninsegna à la 37e, le Brésil enchante le public et domine son adversaire. En deuxième mi-temps, les Auriverde reprennent l’avantage par Gerson (66e) puis par Jairzinho (71e), auteur d’un but à chaque match du Brésil dans le tournoi. Puis à la 86e, Carlos Alberto, arrière droit et capitaine des Brésiliens, inscrit l’un des plus beaux buts de l’histoire de la Coupe du monde. Le ballon passe de Clodoaldo à Jairzinho puis Pelé qui, d’une passe en aveugle, décale Carlos Alberto dans la surface pour le quatrième but du Brésil. Zagallo devient le premier à remporter la Coupe du monde à la fois en tant que joueur (1958 et 1962) et en tant qu’entraîneur. 1974 : RFA-Pays-Bas 2-1 (à Munich) Comme la Hongrie en 1954, les Pays-Bas, qui émerveillent les supporters par leur « football total », ne remportent pas le titre mondial alors qu’ils sont considérés comme la meilleure équipe du monde. Ils ouvrent pourtant le score sur le but le plus rapide en finale d’un Mondial. Après une faute de Berti Vogts sur Johan Cruyff, dont il s’occupera pendant toute la partie, l’arbitre anglais Jack Taylor accorde le premier penalty d’une finale de Coupe du monde, alors que les Allemands n’ont toujours pas touché le ballon. Johan Neeskens le transforme (2e). Mais ce but précoce déconcentre les Néerlandais qui se font rejoindre sur un nouveau penalty de Paul Breitner (25e) avant que Gert Müller ne donne l’avantage aux Allemands avant la pause en taclant le ballon au fond des filets néerlandais. Ce but est le dernier du « Bomber » pour l’Allemagne au terme d’une incroyable carrière internationale au cours de laquelle il a inscrit 68 buts en 62 matchs. Il lui permet également d’établir un nouveau record, toujours inégalé, de buts en phase finale de Coupe du monde, avec 14 réalisations (10 en 1970 et 4 en 1974). 1978 : Argentine-Pays-Bas 3-1 a.p. (à Buenos Aires) Pour la deuxième fois consécutive, les Pays-Bas, sans Johan Cruyff, s’inclinent face au pays organisateur. L’Argentine prend l’avantage à la 37e minute grâce à son attaquant vedette Mario Kempes. Les Néerlandais dominent la deuxième période et égalisent à huit minutes de la fin par leur remplaçant Dirk Nanninga. À quelques secondes de la fin du temps réglementaire, les Pays-Bas par Robbie Rensenbrink frappent sur le poteau mais, dans la prolongation, Kempes inscrit son deuxième but de la soirée avant que Ricardo Bertoni n’offre définitivement à l’Argentine son premier titre mondial. 1982 : Italie-RFA 3-1 (à Madrid) En première mi-temps, le sort semble s’acharner contre les Italiens. Ils perdent leur attaquant Francesco Graziani sur blessure, puis Antonio Cabrini devient le premier joueur à rater un penalty en finale de Coupe du monde à la 24e minute. Mais l’Italie, qui contrôle le match, prend enfin l’avantage à la 56e minute grâce à l’inévitable Paolo Rossi, meilleur buteur du tournoi avec six réalisations. Les Italiens inscrivent deux nouveaux buts par Marco Tardelli (68e) puis Alessandro Altobelli (80e) avant que Paul Breitner ne réduise le score (83e). 1986 : Argentine-RFA 3-2 (à Mexico) Star de la compétition, l’Argentin Diego Maradona est pris en marquage individuel par Lothar Matthaus. Mais c’est le défenseur Jose Brown qui ouvre le score de la tête pour les Argentins sur un coup franc de Jorge Burruchaga (23e) puis Jorge Valdano double la mise en deuxième période (56e). Mais en huit minutes, sur deux corners d’Andreas Brehme, les Allemands reviennent à égalité par Karl-Heinz Rummenigge (74e) puis Rudi Völler (82e). À la 85e minute, Diego Maradona échappe à la vigilance de Matthaus et lance Burruchaga d’une ouverture dans le dos de la défense allemande pour le troisième but argentin. 1990 : RFA-Argentine 1-0 (à Rome) Ce match est souvent considéré comme la pire finale de l’histoire. L’Argentine est devenue la première équipe à ne pas inscrire de but et à avoir un joueur expulsé en finale. Les Argentins ont même terminé la partie à neuf après les exclusions de Pedro Monzon (64e) puis Gustavo Dezotti (86e). Ils étaient difficilement parvenus en finale, avec seulement cinq buts inscrits en six matchs, et après une surprenante défaite 1-0 contre le Cameroun en match d’ouverture, avec un Maradona loin de son meilleur niveau. Il a fallu un penalty controversé de Brehme à six minutes de la fin de la rencontre pour que les Allemands remportent leur troisième titre mondial, Beckenbauer devenant le premier à gagner la Coupe du monde comme capitaine (1974) puis comme entraîneur. 1994 : Brésil-Italie 0-0, 3-2 t.a.b. (à Pasadena) Première finale sans but et conclue par une séance de tirs au but, le match Brésil-Italie n’a pas brillé par les intentions offensives des deux équipes. Grâce notamment aux échecs de Franco Baresi et Roberto Baggio aux penalties, le Brésil est devenu le premier pays quadruple champion du monde. 1998 : France-Brésil 3-0 (à Saint-Denis) Favori en début de tournoi, le Brésil a subi la défaite la plus lourde pour un finaliste depuis 1970. Ronaldo, victime d’un malaise juste avant le début de la rencontre, a tout de même disputé la finale, mais la star brésilienne a été totalement éclipsée par Zinedine Zidane. Le meneur de jeu français a inscrit deux buts de la tête sur corner en première mi-temps aux 27e et 45e minutes. Malgré l’expulsion de Marcel Desailly à la 67e, les Français ont contrôlé la partie et ont définitivement assuré leur victoire sur un but d’Emmanuel Petit à la dernière minute. Avec ce succès, la France est devenue le septième pays vainqueur de la Coupe du monde.
Le dernier coup de sifflet de la demi-finale du Mondial 2002 de football entre le Brésil et la Turquie était à peine donné mercredi que Rudi Voeller, le sélectionneur de l’Allemagne, adversaire des Brésiliens dimanche en finale, déclenchait déjà à fleuret moucheté les hostilités psychologiques. « Les Brésiliens sont largement favoris. Ils ont toujours les meilleurs joueurs », lançait à qui voulait l’entendre celui qui, lorsqu’il écumait les surfaces de réparation, s’était acquis le surnom de « renard argenté ». Pour son opportunisme autant qu’en raison d’un profil pointu auréolé d’une crinière de boucles pâles. Enroué de la guerre des nerfs, il s’empressait toutefois d’ajouter que « ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent ». « Sinon les Brésiliens auraient déjà 14 Coupes du...