Le Français Zacarias Moussaoui, inculpé en liaison avec les attentats du 11 septembre, a multiplié les incidents mardi au tribunal d’Alexandria, en reprochant au juge de vouloir sa perte et de l’empêcher d’assurer sa propre défense. Rebelle, il s’est vu signifier un acte d’accusation révisé. L’acte maintient, comme en décembre, plusieurs chefs d’inculpation passibles de la peine de mort, mais il n’accuse plus Moussaoui et Mohammed Atta, l’un des pirates de l’air du World Trade Center, d’avoir tenté d’acquérir des avions d’épandage, à d’éventuelles fins terroristes. Le visage dur, revêtu de sa combinaison verte de prisonnier, Moussaoui, 34 ans, a écouté avec concentration la lecture de l’inculpation par la juge Leonie Brinkema. Mais, assez vite, il a laissé éclater une colère froide contre le magistrat qui a rejeté plusieurs de ses requêtes. Il s’est ainsi refusé à plaider coupable ou non coupable. « “Nolo contendere”, je refuse de plaider », déclare l’accusé avant de dénoncer une « parodie de justice ». Mme Brinkema décide finalement « à sa place » qu’il plaidera non coupable, en soulignant que c’est dans son propre intérêt. Ensuite c’est une bataille verbale, mais sur un ton contenu, entre le Français d’origine marocaine – qui avait fustigé la semaine dernière l’Amérique, les juifs, les chrétiens et autres « adorateurs du Diable » – et la juge américaine. La barbe noire abondante, légèrement chauve, Moussaoui, zézayant un peu, s’exprime dans un anglais précis. La juge au strict chignon fait preuve de grande fermeté sans se départir de son calme. Moussaoui avait été autorisé la semaine dernière à assurer sa propre défense, après avoir récusé ses trois avocats commis d’office qu’il soupçonnait d’être ligués contre lui. Il a réclamé mardi l’assistance juridique, hors prétoire, de « frère Charles Freeman », un avocat musulman noir américain, pour contacter des témoins ou rassembler des documents. Ce dernier fait son entrée en cours d’audience, portant une cape, une robe et une barbe islamiques. Mais la juge refuse qu’il prête assistance à Moussaoui pour l’instant, car M. Freeman, du barreau de Houston, n’est pas enregistré en Virginie et n’a pas demandé formellement à le défendre. Mme Brinkema s’adresse à un autre avocat commis d’office Alan Yamamoto. Ire de l’accusé qui réplique : « Je suis le seul à me défendre. Vous me préparez à la chambre à gaz ». « Vous nuisez à ma défense », ajoute-t-il . Le juge lui donne jusqu’au 8 juillet pour présenter des requêtes. Moussaoui éclate, affirmant n’avoir ni le temps ni les moyens de les préparer dans sa cellule, sans téléphone, ni imprimante. « Raison de plus pour accepter un avocat », rétorque le magistrat. Moussaoui avait demandé à ce que le procès soit transféré dans le Colorado, affirmant que les jurés seraient moins partiaux qu’à Alexandria, ville proche de Washington et du Pentagone endommagé par un avion terroriste le 11 septembre. Mme Brinkema refuse cet argument et maintient que le procès commencera le 30 septembre avec la sélection du jury. Zacarias Moussaoui dénonce ensuite un complot du FBI pour cacher son innocence. Il affirme qu’il était sous surveillance quand la police fédérale l’a arrêté le 16 août dans le Minnesota pour violation des lois sur l’immigration, après qu’une école de pilotage eut trouvé son comportement suspect. « Le gouvernement sait que je n’avais rien à voir avec le 11 septembre parce que j’étais sous surveillance (...) Je demande que le directeur du FBI vienne en témoigner sous serment ». Motion récusée. Soupçonné d’être le 20e pirate de l’air d’el-Qaëda, Zacarias Moussaoui a été inculpé de complot pour commettre des actes internationaux de terrorisme, des actes de piratage à bord d’un avion, pour détruire des avions et utiliser des armes de destruction massive, dont « des avions servant de missiles ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Français Zacarias Moussaoui, inculpé en liaison avec les attentats du 11 septembre, a multiplié les incidents mardi au tribunal d’Alexandria, en reprochant au juge de vouloir sa perte et de l’empêcher d’assurer sa propre défense. Rebelle, il s’est vu signifier un acte d’accusation révisé. L’acte maintient, comme en décembre, plusieurs chefs d’inculpation passibles de la peine de mort, mais il n’accuse plus Moussaoui et Mohammed Atta, l’un des pirates de l’air du World Trade Center, d’avoir tenté d’acquérir des avions d’épandage, à d’éventuelles fins terroristes. Le visage dur, revêtu de sa combinaison verte de prisonnier, Moussaoui, 34 ans, a écouté avec concentration la lecture de l’inculpation par la juge Leonie Brinkema. Mais, assez vite, il a laissé éclater une colère froide contre...