Les dirigeants du G8 ont entamé hier leur sommet par des discussions sur l’économie mondiale, rendues particulièrement sensibles par la chute des marchés financiers et du dollar, désormais proche de la parité avec l’euro. Après cette discussion économique, tenue en l’absence du président russe Vladimir Poutine comme il est de tradition, le Proche-Orient et la lutte contre le terrorisme devaient monopoliser les discussions des chefs d’État et de gouvernement du Groupe des huit pays les plus riches. L’étude de l’économie mondiale, en pleine reprise après la quasi-récession en 2001, devait relever d’une simple formalité pour les dirigeants du G7 (G8 hors Russie), dans la droite ligne des déclarations de leurs ministres des Finances, à la mi-juin à Halifax. « Nos économies n’ont cessé de se renforcer et devraient continuer de le faire tout au long de l’année. Nos perspectives futures sont encourageantes », avaient affirmé les grands argentiers du G7. Mais les Bourses occidentales piquent du nez, Wall Street en tête, en raison des doutes des investisseurs sur la gestion des entreprises, après les affaires Enron ou WorldCom, l’opérateur américain de télécommunications soupçonné de malversations comptables. Le président américain George W. Bush a tenu à affirmer hier depuis Kananaskis que l’affaire WorldCom était « scandaleuse » et a promis qu’elle ferait l’objet d’une enquête. Au chaos boursier s’ajoute un dollar en piteux état, malmené face à l’euro, de plus en plus proche de la parité avec le billet vert, et face au yen, forçant les autorités nippones depuis quelques semaines à intervenir en faveur de la devise américaine sur les marchés des changes. Le président américain a rajouté aux malheurs du billet vert, en semblant mardi soir, lors d’un point de presse depuis Kananaskis, remettre en question les préceptes de la politique américaine du dollar fort. « Ma position, c’est que le dollar trouvera son niveau sur la base des forces du marché et sur la capacité ou non de notre pays à maîtriser ses dépenses, à se reprendre (économiquement), et revitaliser sa base industrielle », a-t-il indiqué. Le département américain du Trésor a eu beau réaffirmer hier la politique de Washington en faveur d’un dollar fort, l’euro s’échangeait dans la matinée à New York à 0,9916 dollar alors qu’il valait près de 0,98 dollar avant les propos de M. Bush. En dépit des chiffres qu’elle affiche depuis le début de l’année, la reprise économique américaine souffre de déséquilibres importants, en particulier sous le poids de déficits extérieurs considérables nécessitant d’énormes apports de capitaux étrangers pour les financer. Le déclin du dollar menace ces flux de capitaux et l’attractivité des États-Unis pour les investisseurs étrangers, ce qui pourrait faire entraver le rebond américain.
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