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AUTOMOBILE Pékin se met à l’heure du tout-voiture

À six ans de l’organisation des Jeux olympiques 2008, la capitale chinoise semble définitivement conquise par le tout-voiture qu’elle a entrepris de développer frénétiquement, au détriment de la bicyclette et des transports en commun. Malgré les cris d’alarme d’experts qui dénoncent la destruction du vieux Pékin, les méfaits de la pollution et les embouteillages chroniques, le mot d’ordre des autorités reste le même : faire de Pékin une grande capitale moderne, avec une flotte de voitures censée faire pâlir d’envie ses rivales à travers le monde. Mise en place au milieu des années 90, cette politique devrait encore s’accélérer dans les années à venir, afin de parvenir à l’objectif fixé par les autorités, soit trois millions de véhicules en circulation en 2008. Ce chiffre représente près du double des 1,7 million de voitures recensées actuellement, dont plus d’un million de voitures particulières. « J’ai acheté une Fukang (version chinoise de la Citroën ZX) pour 104 000 RMB (12 560 USD) l’an dernier avec un crédit remboursable sur cinq ans. Je ne pouvais plus faire autrement», explique Li Beidong, un employé d’une société étrangère qui a acheté un appartement à 25 kilomètres à l’ouest de Pékin. Alors qu’il lui fallait une heure et demie pour venir à son travail en bus, il ne met guère plus de 30 à 40 minutes en voiture « lorsqu’il n’y a pas trop d’embouteillages », admet-il. La consommation s’étiole Comme Li, des dizaines de milliers de Pékinois, contraints de s’exiler dans des banlieues lointaines, après la destruction de leurs maisons traditionnelles dans le centre de Pékin, ont passé leur permis de conduire et acheté une voiture ces derniers mois, à la grande satisfaction des autorités. Ces dernières comptent sur les ventes de voitures et d’appartements pour relancer une consommation qui s’étiole, malgré toutes les mesures prises pour stimuler la demande. Alors que la plupart des acquéreurs payaient encore comptant il y a deux ans, les clients sont désormais encouragés à acheter à crédit, en profitant des prêts à faible taux d’intérêt (de l’ordre de 5 %) consentis par les banques. Pékin – où près de 12 % des foyers possèdent dès à présent leur voiture – est le premier marché automobile de Chine, absorbant bon an mal an environ un septième des voitures particulières vendues dans le pays. De janvier à mars, 50 000 nouvelles voitures ont été immatriculées à Pékin, soit 36 % de plus qu’au cours de la même période de 2001, tandis que 70 000 personnes prenaient des cours de conduite. Le phénomène devrait encore s’accélérer en raison de la baisse rapide du prix des voitures fabriquées en Chine décidée par les constructeurs locaux (principalement des entreprises créées avec des partenaires étrangers) pour faire face à la concurrence étrangère après l’adhésion de Pékin à l’Organisation mondiale du commerce. Pour faire face à ce raz-de-marée, les autorités municipales se sont lancées dans des travaux titanesques ces dernières années : mise en service d’un quatrième grand périphérique entourant la ville, qui devra encore être suivi de deux autres, percement de nouvelles avenues géantes à travers le cœur historique de la ville, dont la plupart suscitent de vives polémiques. « L’automobile est en train de façonner l’organisation de l’espace urbain, un véritable système automobile est en train de se mettre en place, remplaçant celui de la bicyclette qui existait encore dans les années 80 », relève Jean-François Doulet, un spécialiste des transports urbains, qui enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris. Malgré les critiques, les autorités municipales ont toujours défendu le bien-fondé de leur politique. Shan Jixiang, le directeur de la commission pékinoise de la planification, affirme qu’il n’est pas inquiet de l’augmentation des voitures. Pour assurer les transports pendant les JO 2008, Pékin comptera avant tout sur le rail, a-t-il déclaré à l’agence Chine nouvelle, et plus particulièrement sur la mise en service de plusieurs nouvelles lignes de métro ainsi qu’un RER (réseau express régional), qui restent à construire.
À six ans de l’organisation des Jeux olympiques 2008, la capitale chinoise semble définitivement conquise par le tout-voiture qu’elle a entrepris de développer frénétiquement, au détriment de la bicyclette et des transports en commun. Malgré les cris d’alarme d’experts qui dénoncent la destruction du vieux Pékin, les méfaits de la pollution et les embouteillages chroniques, le mot d’ordre des autorités reste le même : faire de Pékin une grande capitale moderne, avec une flotte de voitures censée faire pâlir d’envie ses rivales à travers le monde. Mise en place au milieu des années 90, cette politique devrait encore s’accélérer dans les années à venir, afin de parvenir à l’objectif fixé par les autorités, soit trois millions de véhicules en circulation en 2008. Ce chiffre représente près du...