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Le double choc des extrêmes dans le carré d’as

Pour sa première sortie en Asie, la Coupe du monde de football s’offre des demi-finales inédites avec une étrange similitude dans ce double choc des extrêmes entre le Brésil et l’Allemagne, qui totalisent chacun dix participations à ce stade de la compétition alors qu’il s’agit d’une grande première pour leurs adversaires respectifs, la Corée du Sud et la Turquie. Paradoxalement, même s’ils totalisent sept titres mondiaux, ces deux vieux habitués du dernier carré ont réalisé le parcours éliminatoire le plus faible de leur histoire, décrochant de justesse leur billet pour l’Asie. Il en est d’ailleurs de même pour la Turquie, sortie victorieuse d’un barrage contre l’Autriche (1-0, 5-0) pour participer à la seconde phase finale de son histoire que la Corée du Sud atteignait sans batailler comme qualifiée d’office. Le miracle coréen Soupçonnés à demi-mot de dopage, bénéficiant du petit coup de pouce revenant traditionnellement au pays organisateur, ne serait-ce qu’en raison de la pression exercée par le public, les Coréens ouvriront le bal de ces surprenantes demi-finales, demain à Séoul, contre l’Allemagne. Sur ce point-là au moins ils échappent à la critique car la Corée du Sud est l’équipe qui aura eu le moins de temps de récupération entre deux rencontres. Pragmatique, ne voulant pas entrer dans la polémique sur le rôle des arbitres assistants, Rudi Voeller se contente de faire remarquer que « la Corée du Sud, qui a sorti la Pologne, le Portugal, l’Italie et l’Espagne, sera le favori ». Michael Ballack va encore plus loin en insistant : « Celui qui a raison, c’est celui qui a gagné. » Le modeste objectif allemand, passer le premier tour, étant déjà largement dépassé, tout le reste sera du bonus. Et qu’importent les critiques acerbes de Franz Beckenbauer sur la pauvreté du jeu de la Mannschaft. Rudi Voeller sait que ses joueurs « n’ont besoin de personne pour faire leur autocritique ». Là aussi Ballack abonde dans le choix tactique défensif de son entraîneur, rappelant « qu’avec Leverkusen, nous avons développé un football offensif sans rien gagner ». L’Allemagne misera donc une nouvelle fois sur les coups de pied arrêtés et sur les contres pour se débarrasser d’une formation coréenne survoltée, aux joueurs incroyablement polyvalents, mais parfois imprudents dans leur soif d’aller vers le but adverse. En 1994, Rudi Voeller, déjà sur le banc, mais comme joueur, avait assisté à la victoire allemande sur la Corée (3-2). Cette fois, un petit 1-0 lui suffirait. Flash-back Le 3 juin, à Ulsan, le Brésil entrait timidement dans le tournoi en se dépêtrant de la Turquie (2-1) à trois minutes de la fin sur un penalty sévère réussi par Rivaldo, auteur ensuite d’une lamentable simulation entraînant l’exclusion de Hakan Unsal. Le 26 juin, cette fois à Saitama, les deux équipes se retrouveront en demi-finale. Mais, même si le Turc est naturellement vindicatif, Senol Gunes est trop malin pour tomber dans le piège d’une vengeance mesquine à l’heure où l’équipe nationale écrit la plus belle page de son histoire. En revanche, les Brésiliens, privés de Ronaldinho, artisan du succès contre l’Angleterre, vont devoir une nouvelle fois partir à l’assaut d’une formation quadrillant parfaitement bien le terrain et sachant attendre son heure avec patience. Avec 13 joueurs sur 23 évoluant dans un championnat national sous-estimé, le football turc est arrivé à maturité. Qualifiée pour les deux dernières phases finales du championnat d’Europe des nations (1996 et 2000), transcendée par la victoire de Galatasaray en Coupe de l’UEFA (2000), la Turquie est sans doute la seule nation européenne à jouer sur sa valeur. Rivaldo et Ronaldo, s’il peut jouer, seront attendus très haut, à la hauteur du milieu de terrain où Gunes entend museler les deux stars brésiliennes pour mieux placer ses contres, comme lors de leur première confrontation. Mais, attention. En football, les matchs se suivent et le scénario est rarement identique. Le Brésil, favori classique d’un Mondial qui ne l’est pas Dans ce Mondial de football à surprises, le Brésil, vainqueur de l’Angleterre (2-1), va imperturbablement disputer la dixième demi-finale de son histoire, mercredi face à la Turquie, dans une position classique de favori pour la victoire finale. Cette année, la Seleçao n’a rien fait comme tout le monde. Les deux autres gros favoris, l’Argentine et la France, ont été éliminés au premier tour, après avoir pourtant survolé les éliminatoires sud-américaines, pour la première, et a été qualifiée d’office en tant que tenante du titre pour la seconde. Le Brésil, lui, malgré des éliminatoires calamiteuses (3e zone Amsud, 9 victoires, 3 nuls, 6 défaites), reste invaincu en phase finale, il est vrai avec un groupe peu relevé au premier tour (Turquie 2-1, Chine 4-0, Costa Rica 5-2) et après un huitième de finale ardu (2-0 contre la Belgique). Et la victoire face à l’Angleterre, acquise brillamment malgré une infériorité numérique de plus d’une demi-heure après l’exclusion de Ronaldinho, a paré les Auriverde d’un habit de lumière qui leur va comme un gant, celui de favoris pour une cinquième couronne mondiale. À moins que la Turquie, encouragée par l’exemple de la Corée du Sud et dans la droite ligne d’un Mondial sans dessus dessous, n’en décide autrement mercredi à Saitama. Scolari satisfait « Vous n’avez encore rien vu, promet Luiz Felipe Scolari, sélectionneur du Brésil depuis janvier 2001. Personnellement, je ressens une grande satisfaction. » Il y a de quoi. Chez lui, il a presque constamment été critiqué. Pour son 3-5-2 que les Brésiliens trouvaient trop défensif, même si les latéraux Roberto Carlos et Cafu ne sont pas franchement des boulets pour l’attaque. Ou encore pour sa décision obstinée de laisser à la maison l’attaquant vétéran Romario. Aussi ne se lasse-t-il pas de répéter que « la chose la plus importante, c’est le résultat, même si c’est bien d’y associer le beau jeu ». « Je suis sûr que les supporteurs brésiliens sont d’accord », ajoute-t-il dans une pirouette. Pour autant, afin de se prémunir contre toute mauvaise surprise, Scolari affirme qu’il est « absurde de considérer le Brésil comme un favori, car les quatre équipes encore présentes ont toutes mieux travaillé que les 28 autres ». « Nous ne figurons ni parmi les surprises ni parmi les déceptions, c’est tout », ajoute-t-il. Ronaldo incertain Face aux Turcs, Scolari sera privé de Ronaldinho, passeur décisif lors du premier but contre l’Angleterre et auteur du second, suspendu. De plus, l’attaquant vedette Ronaldo, qui s’est plaint de douleurs à la cuisse droite, est incertain. Mauvais signe pour un joueur qui a vécu deux saisons difficiles par la faute de son genou droit. Les Turcs, eux, attendent avec impatience ce rendez-vous depuis leur défaite au premier tour contre la Seleçao (1-2). « On ne méritait pas de perdre contre eux au premier tour, l’arbitre avait fait une erreur » (exclusions d’Alpay puis de Hakan Unsal), a déclaré le sélectionneur Senol Gunes après la victoire contre le Sénégal (1-0 but en or). Il se permet même un pronostic audacieux : « Contre le Brésil, ce sera du 50-50 ! Nos joueurs s’améliorent match après match, et c’est très bon pour nous. » Revanchard, Gunes espère donc faire barrage au Brésil. Pour contrarier ceux qui misent sur une affiche entre ténors de la Coupe du monde, la Seleçao (4 titres) et l’Allemagne (3 titres), qui doit battre la surprenante Corée du Sud auparavant. Ronaldinho, l’autre surdoué Ronaldinho, 22 ans, n’a marqué que deux buts pour le Brésil jusqu’à présent dans le Mondial de football mais, malgré un carton rouge qui le prive de demi-finale, ce surdoué partage le haut de l’affiche avec ses compères, « Il Fenomeno » Ronaldo et Rivaldo. L’image de jeu pur qui pourrait rester de la Coupe du monde asiatique est en effet cette descente à la Maradona, lors de Brésil-Angleterre du 21 juin, où il a offert le but de l’égalisation 1-1 à Rivaldo sur un contre. Attirant à lui la défense anglaise à renfort de passements de jambes, il a glissé la balle de l’extérieur du pied droit au n° 10, démarqué dans la surface, qui n’avait qu’à délivrer un tir enroulé du gauche pour tromper le géant David Seaman. À moins qu’on ne choisisse pour le florilège des meilleurs gestes son coup franc magistral de 35 mètres qui trouve, depuis la ligne de touche, la lucarne laissée entrouverte dans le dos du gardien et qualifie le Brésil pour les demi-finales. Sept minutes après cet exploit, le jeune milieu offensif du Paris Saint-Germain était exclu pour un pied en avant a priori involontaire sur le défenseur anglais Danny Mills. Cela le prive de demi-finale contre les Turcs. Et si l’état de la cuisse de Ronaldo ne s’arrange pas d’ici là, le Brésil aura ses deux surdoués en moins face aux Turcs. Équipier Contrairement à d’autres joueurs brésiliens, qui se sont illustrés lors des premiers matchs du tournoi par leur individualisme, Ronaldinho a été un des éléments « auriverde » les plus concernés par le travail collectif. Travail payant : le joueur de la capitale française a ainsi permis à Rivaldo, déjà, de briller sur le premier but de la Seleçao en huitièmes de finale face à la Belgique (2-0) à Kobe. Débordant sur l’aile droite, son centre a trouvé la poitrine de Rivaldo, qui a pu enchaîner victorieusement du pied gauche. Ronaldinho Gaucho avait été désigné comme le futur « Roi Pelé » après son but d’anthologie marqué lors de la Copa America 1999, au Paraguay, face au Venezuela. Alors âgé de 19 ans, il avait lobé un adversaire, puis dribblé un second d’une aile de pigeon avant de mystifier le gardien d’une frappe croisée. C’était son premier but avec la Seleçao. Mais cette fois, son sacre est annoncé. Pelé, lui même, a désigné Ronaldo et Ronaldinho comme les deux valeurs sûres de l’attaque brésilienne. « Je pense que Ronaldinho a retrouvé la forme juste au bon moment et a bien joué en France », a expliqué la légende vivante. L’entraîneur manager du Paris Saint-Germain, Luis Fernandez, ne tarit pas d’éloges sur sa recrue. « À Paris, il a eu un temps d’adaptation, mais ensuite il a beaucoup gagné en rigueur (...) Et puis, il y a le talent naturel, le génie. Son but contre l’Angleterre est exceptionnel. » Luiz Felipe Scolari, l’entraîneur du Brésil, ne cache pas non plus les attentes placées en lui, affirmant que depuis son arrivée au PSG en 2001 « il a beaucoup progressé sur un plan physique et tactique ». Klose : le canon enrayé Depuis la fin du premier tour de la Coupe du monde de football, le compteur du meilleur buteur allemand Miroslav Klose s’est arrêté à cinq buts, tous obtenus de la tête, alors que l’attaquant de Kaiserslautern paraît bien embarrassé dès qu’il s’agit d’utiliser ses pieds. Klose, qui a fêté ses 24 ans lors du Mondial le 9 juin, partage la première place du classement des meilleurs marqueurs avec les Brésiliens Rivaldo et Ronaldo, alors que d’autres candidats à la couronne, comme l’Italien Christian Vieri ou les Espagnols Morientes et Raul sont hors course. Face aux Américains en quarts de finale, Klose, qui fête ses buts par un saut périlleux, aurait pu prendre l’avantage sur les buteurs brésiliens, mais sa tête échouait sur la base du poteau de Brad Friedel. Ses occasions de marquer du pied il les a manquées notamment sur un centre d’Oliver Neuville à ras du sol ou en oubliant le ballon maladroitement après une belle accélération. Toutefois, l’attaquant allemand d’origine polonaise lorgne toujours vers le titre de meilleur buteur du Mondial. Mais il ne veut pas « se comparer avec Rivaldo ou Ronaldo », qu’il pourra peut-être retrouver en finale à Yokohama, ce qui serait la toute première rencontre entre le quadruple et le triple champion du monde dans l’histoire de la Coupe du monde. Mais « il se sent bien dans ce cercle ». Il faudra cependant venir à bout des Sud-Coréens en demi-finale, où le jeu de tête de cet attaquant de 1,84 m pourrait faire la différence. « Ils sont comme des abeilles sur le terrain. Là où est le ballon, il y a toujours deux ou trois de leurs joueurs », a constaté Klose. Timide Ce dernier a été très affecté par le décès, lundi dernier, de l’idole du football allemand Fritz Walter, capitaine de l’équipe championne du monde et deux fois champion d’Allemagne avec le FC Kaiserslautern. « Je garderai toujours une part de Fritz Walter dans mon cœur », a-t-il dit. Dans le trio germano-brésilien, la présence de ce garçon timide et peu loquace a de quoi surprendre. Auteur de treize buts en 17 sélections, dont le triplé au premier match contre l’Arabie saoudite (8-0), les projecteurs se sont braqués sur le buteur du FC Kaiserslautern, devenu une vedette convoitée sans être une star comme ses rivaux Rivaldo ou Ronaldo. Une situation nouvelle pour ce jeune homme qui a fait un apprentissage de charpentier sur les encouragements de son père. La Juventus Turin, championne d’Italie, aurait offert 15 millions d’euros au FC Kaiserslautern et des clubs anglais et espagnols l’observent. Le président de la Bayern Munich AG, Karl-Heinz Rummenigge, a démenti en marge du Mondial des rumeurs concernant un précontrat avec Klose, dont l’engagement avec Kaiserlautern court jusqu’en 2005, toutefois avec une clause de résiliation. « J’ai toujours dit que je remplirai mon contrat avec Kaiserslautern », ne cesse-t-il de répéter. Klose, très proche de ses parents auprès desquels il prend des conseils, sait que « tout sera différent » quand il rentrera. « Mais je dois gérer ça. Et tout d’abord, a-t-il ajouté sur le ton de la plaisanterie, je devrai transporter le courrier de mes supporteurs par camion et non plus en voiture. » La polémique sur l’arbitrage, serpent de mer du football Une chose est sûre : chaque Coupe du monde a droit à son problème de billets et accouche d’une polémique sur l’arbitrage. Le Mondial 2002, sportivement truffé de surprises, n’échappe pas à la règle. À la une pendant les deux premières semaines du tournoi, le scandale de la billetterie n’est plus qu’un mauvais souvenir alors que ressurgit le débat sur l’arbitrage, véritable serpent de mer du football. Mais est-ce bien une surprise ? En 1998, le sélectionneur du Brésil, Mario Zagallo, s’étonnait de voir Cafu sanctionné d’un carton jaune pour avoir mis trop de temps à tirer un coup franc contre le Danemark. « Vraiment, je ne comprends pas, disait-il. Des joueurs ont fait bien pire sans prendre de carton. » « Des cartons rouges ont été donnés pour de petites choses, tandis que des tacles violents n’ont même pas été sanctionnés d’un carton jaune », s’indignait-il. En quatre ans, rien n’a changé. En 1998, Sepp Blatter, le président de la Fifa, avait réprimandé les hommes en noir et souligné leur manque de professionnalisme. Habitués à la pression « Ils ont gagné leur place grâce à leurs performances au haut niveau dans les plus grands matchs, domestiques comme internationaux », écrit George Cumming, directeur de la division développement de la Fifa. « Ils ont été testés dans des environnements hostiles pendant les éliminatoires et ont montré leur capacité à supporter la pression qu’ils subissent en Corée et au Japon », poursuit-il dans le magazine de la Fifa. Parmi les 36 arbitres de ce Mondial, seuls deux admettent que leur profession n’a rien à voir avec le football. Il s’agit de Graham Poll, qui n’a pas été retenu pour officier après le premier tour, et de l’Équatorien Byrom Moreno, arbitre du huitième de finale entre l’Italie et la Corée du Sud. Moreno, originaire de Quito, est « arbitre de football » et « étudiant en droit ». Son meilleur souvenir ? « Être le quatrième arbitre de la finale de la Coupe des confédérations 2001 et avoir reçu une récompense des mains du président de la Fifa après le match. » Pas de vidéo Une récompense que Blatter lui aurait probablement volontiers retirée après que Moreno a refusé deux buts aux Italiens contre la Corée du Sud. Sa performance est comparable à celle du juge de touche Michael Ragoonath (Trinité et Tobago) et de son arbitre Jamal Ghandour (Égypte), qui ont effectivement privé l’Espagne d’une demi-finale de Coupe du monde. Le premier a levé son drapeau sur un centre de Joaquin, le second a refusé le but parfaitement valable de Fernando Morientes en quart de finale contre la Corée. Le Jamaïcain Peter Prendergast s’est quant à lui illustré lors du huitième de finale entre le Brésil et la Belgique en refusant un but à Marc Wilmots après avoir estimé que le Belge s’était appuyé sur son défenseur avant de marquer de la tête. « L’arbitre s’est excusé à la mi-temps et m’a dit qu’il avait fait une erreur, mais c’était un peu trop tard », a commenté Wilmots. Cette semaine, Blatter a jugé désastreuse la performance des juges de touche pendant le Mondial. La Fifa a pour sa part reconnu de « grosses erreurs » d’arbitrage, mais a tout de même rejeté le recours à la vidéo. Le programme des demi-finales Voici le programme des demi-finales de la Coupe du monde de football, disputées mardi à Séoul et mercredi à Saitama (Japon) à 14h30 heure de Beyrouth : Mardi 25 juin Allemagne-Corée du Sud Mercredi 26 juin Brésil-Turquie. Forces et faiblesses des demi-finalistes Voici les forces et faiblesses des équipes qui disputent mardi et mercredi les demi-finales de la Coupe du monde de football 2002 : Allemagne-Corée du Sud Forces allemandes : L’expérience. La Mannschaft, équipe la plus régulière au plus haut niveau en Coupe du monde, s’apprête à disputer sa dixième demi-finale. La défense, qui n’a encaissé qu’un but, est la plus solide de la compétition et peut se reposer sur le meilleur gardien du tournoi, Oliver Kahn. Les Allemands sont redoutables sur les coups de pied arrêtés. Faiblesses allemandes : Le jeu allemand manque singulièrement d’imagination, ce qu’a confirmé le quart de finale contre les États-Unis. Franz Beckenbauer, capitaine de la sélection championne du monde en 1974 et sélectionneur de la Mannschaft qui a triomphé de l’Argentine en 1990, a jugé l’équipe « médiocre » contre les Américains. Pour l’instant, tout va bien... Forces coréennes : Le mental. À toute épreuve devant un public toujours déchaîné, qui croit de plus en plus en les chances de son équipe. La Corée a battu l’Italie grâce à un but en or après avoir égalisé dans les dernières minutes du temps réglementaire. Elle est venue à bout de l’Espagne aux tirs au but après avoir été dominée pendant le match. La vivacité de ses attaquants et de son milieu de terrain peut perturber les grands gabarits allemands. Faiblesses coréennes : Après avoir disputé deux prolongations, la Corée du Sud aborde sa demi-finale avec un probable déficit physique, et dispose d’un jour de récupération de moins que l’Allemagne. Parfois une certaine naïveté sur les coups de pied arrêtés. Brésil-Turquie Forces brésiliennes : La Seleçao a disputé toutes les phases finales de la Coupe du monde depuis sa création. Les quadruples champions du monde restent sur deux finales consécutives (une gagnée, une perdue). Leur expérience est leur atout principal. Rivaldo, le mal aimé, est en pleine forme. Il est le meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations. Ses gestes spectaculaires, comme contre la Belgique en huitième de finale, font de lui un joueur capable de changer le cours d’un match. Faiblesses brésiliennes : Le trio Ronaldo-Rivaldo-Ronaldinho a inscrit 12 des 15 buts du Brésil depuis le début du tournoi. Or, Ronaldinho est suspendu, et Ronaldo, touché à une cuisse, est incertain. La défense, parfois fébrile, s’est resserrée, mais manque encore d’assurance comme en témoigne la bévue de Lucio sur le but anglais en quart de finale. Le milieu de terrain semble parfois déserté. Forces turques : Le milieu de terrain. Créatif, composé essentiellement d’actuels ou d’anciens joueurs du Galatasaray Istanbul, il possède une grande maîtrise technique, qui a notamment privé de ballons le Sénégal en quart de finale. La défense n’a pas encaissé de but depuis trois matchs. Les Turcs, déjà entrés dans l’histoire du football de leur pays, joueront sans pression. Faiblesses turques : Dominateurs tout au long du match contre le Sénégal, les Turcs ont raté de nombreuses occasions, essentiellement en raison de la très petite forme de Hakan Sukur. Pour leurs retrouvailles avec le Brésil après un match du premier tour très tendu, remporté 2-1 par la Seleçao, les hommes de Senol Gunes, avides de revanche, devront cette fois maîtriser leurs nerfs. Pelé : La Corée pour que l’Allemagne n’égale pas le Brésil Pelé, de passage à Yokohama (Japon) où aura lieu la finale du Mondial de football, est pour que la Corée du Sud gagne sa demi-finale face à l’Allemagne, parce qu’il ne veut pas que cette dernière ait la possibilité d’égaler le nombre de quatre titres de champions du monde que détient le Brésil. « Je préfère que le Brésil rencontre la Corée en finale parce que je ne veux pas que l’Allemagne égale le record de quatre titres détenu par le Brésil », a dit en forme de boutade le triple vainqueur du Mondial avec le Brésil lors d’une rencontre avec la presse hier à Yokohama. Il a ajouté que « la Corée mérite beaucoup plus la finale que l’Allemagne parce qu’elle a battu la Pologne et le Portugal au premier tour, puis éliminé l’Italie en huitièmes et l’Espagne en quarts, alors que l’Allemagne, selon Pelé, a été un peu chanceuse d’atteindre les demi-finales surtout que sa victoire contre les États-Unis n’était pas méritée, ces derniers s’étant fait voler un penalty ». Pour Pelé, 61 ans, « ce serait vraiment très beau pour le sport que la Corée passe en finale. Elle manque un peu d’expérience, mais a su compenser avec le cœur et le courage. Elle n’a pas de vedettes, mais un jeu d’équipe et une force physique exceptionnels. » Quant à son favori pour le titre, il s’est borné à dire que « le parcours du Brésil est très bon, mais je ne veux pas dire qu’il est favori, car tous ceux qu’on avait désignés comme favoris ont échoué ». « Tout le monde a désigné la France, l’Argentine et l’Italie comme favoris, avec le Brésil et l’Allemagne en second choix, alors qu’il se peut que la finale oppose ces deux équipes », a-t-il noté avant d’ajouter : « Bien sûr, je veux un cinquième titre pour mon pays. » Pour le roi Pelé, « il est difficile de choisir qui est le meilleur joueur de cette Coupe du monde ». Mais il a mentionné son compatriote le milieu offensif brésilien Ronaldinho et le milieu de terrain anglais Nicky Butt, ajoutant que « le public attendait beaucoup plus de stars telles que le Portugais Figo, l’Espagnol Raul ou l’Anglais Beckham ». « Il faut revoir la philosophie de l’arbitrage » a enfin dit Pelé. « On voit des arbitres appliquer les mêmes règles de façons différentes. » Et de tempérer la polémique actuelle sur l’arbitrage en rappelant : « Naguère, il y avait également beaucoup de décisions importantes qui influaient sur le résultat : ne citons que la “Main de Dieu” de Maradona, ou le but de l’Angleterre contre l’Allemagne (sur la ligne) lors de la finale de 1966. »
Pour sa première sortie en Asie, la Coupe du monde de football s’offre des demi-finales inédites avec une étrange similitude dans ce double choc des extrêmes entre le Brésil et l’Allemagne, qui totalisent chacun dix participations à ce stade de la compétition alors qu’il s’agit d’une grande première pour leurs adversaires respectifs, la Corée du Sud et la Turquie. Paradoxalement, même s’ils totalisent sept titres mondiaux, ces deux vieux habitués du dernier carré ont réalisé le parcours éliminatoire le plus faible de leur histoire, décrochant de justesse leur billet pour l’Asie. Il en est d’ailleurs de même pour la Turquie, sortie victorieuse d’un barrage contre l’Autriche (1-0, 5-0) pour participer à la seconde phase finale de son histoire que la Corée du Sud atteignait sans batailler comme...