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Actualités - Reportage

Violon d’Ingres ...Alain Brenas : le professeur est un rêveur(photo)

Il aime le mot, l’image, la matière. Alain Brenas, directeur de création de Bates Levant, doyen de l’école de cinéma et d’audiovisuel et chef du département publicité à l’Alba, photographe, sculpteur, porte en toute discrétion toutes ces fonctions avec une passion intacte et bien partagée. st-ce le fait de continuer à évoluer dans un univers universitaire qui lui donne cet air d’étudiant toujours ravi de traîner dans les couloirs de sa fac à la recherche d’encore plus ? Le visage encadré par de grandes lunettes rondes qui évoque Harry Potter quelques années plus tard, le cheveu plus blanc, Alain Brenas ressemble toujours aux photos de son enfance qu’il a réunies pour son bonheur dans un album personnel, « imprimé en édition très limitée » parce qu’il aime caresser sa nostalgie autant que le papier, l’image et l’imprimé, autant que les différents matériaux qu’il se plaît à sculpter. C’est un peu comme si toutes ses passions, avec celle de la communication, s’y exprimaient noir sur blanc, mais avec cette pudeur qui le caractérise. Car des passions, il en a, nombreuses. Celles dont il a fait un métier ou plusieurs, la publicité, le graphisme et l’enseignement, tous liés par le fil visible de la constance. Et celles qu’il pratique en promeneur solitaire, les dimanches, pour le plaisir de modeler la matière, la sculpter, sans doute une autre manière de l’imprimer et l’immortaliser. La communication, il en a fait un langage, un moyen et une fin qui parlent de l’essentiel, loin des bruits du monde de la publicité et ses projecteurs qu’il choisit éviter. Un monde visuel à partager Il a de qui tenir, Alain G. Brenas, G pour Gabriel, son père, pionnier de la pub au Liban, dès 1936, petit-fils d’une femme photographe avant le temps, qui l’a sans douté aidé à constituer ses premiers albums. Il donnera ses premiers cours de photo aux élèves du Collège protestant, fera son tour du monde universitaire où il étudiera la publicité et l’art graphique à Met de Penninghen Paris, puis à l’École des beaux-arts à Lausane. De retour au Liban, son nom sera tour à tour associé à Intermarkets dont il sera le directeur photo puis le directeur de la création, à Hotshop, Trust Advertising et enfin Rouge et Associés devenu Rouge Associés puis Bates Rouge et enfin Bates Levant. Son nom sera également et surtout associé à l’Académie libanaise des beaux-arts dont il crée le département publicité, graphisme et audiovisuel. « Ce qui m’intéresse le plus aujourd’hui dans l’enseignement, précise-t-il, c’est organiser, créer des programmes, établir des contacts avec l’extérieur. Au niveau de l’agence, nous sommes reconnus pour l’édition sous toutes ses formes, car on croit beaucoup dans l’expression par l’imprimé. Je suis entouré de gens qui partagent ce même plaisir de mettre en page, manier la typographie et les différents supports.» Manier les supports, une approche presque sensuelle qui rejoint quelque part son amour pour la photographie et la sculpture dont il regrette la faible production. Quelques rares expositions ont en effet permis à de rares privilégiés d’apprécier les photographies et les sculptures de l’artiste. «La sculpture est pour moi une façon de donner du relief à la photo», des galets ramassés au bord de la mer et retravaillés, transformés par la magie du toucher en personnages, des femmes souvent, puis coulés dans du bronze, des moulages à partir de plâtre et de résine, mystère et boule de gomme autour des ombres en trois dimensions qui en ressortent, corps sans tête, «pour faire rentrer l’expression du visage», étranges petits personnages sans identité mais dont on imagine toutes les histoires. «J’ai la chance de venir tous les jours au bureau et d’aimer ça», conclut Alain Brenas, heureux. Petite indiscrétion qui s’échappe de son dernier album photo, il en a cinq à ce jour, et un bonheur qui dure encore. Carla HENOUD
Il aime le mot, l’image, la matière. Alain Brenas, directeur de création de Bates Levant, doyen de l’école de cinéma et d’audiovisuel et chef du département publicité à l’Alba, photographe, sculpteur, porte en toute discrétion toutes ces fonctions avec une passion intacte et bien partagée. st-ce le fait de continuer à évoluer dans un univers universitaire qui lui donne cet air d’étudiant toujours ravi de traîner dans les couloirs de sa fac à la recherche d’encore plus ? Le visage encadré par de grandes lunettes rondes qui évoque Harry Potter quelques années plus tard, le cheveu plus blanc, Alain Brenas ressemble toujours aux photos de son enfance qu’il a réunies pour son bonheur dans un album personnel, « imprimé en édition très limitée » parce qu’il aime caresser sa nostalgie autant que le papier,...