La clôture défensive qu’Israël construit le long de la Cisjordanie pour prévenir les attentats palestiniens suscite l’hostilité des pays arabes, la défiance des États-Unis et des réactions négatives jusqu’en Israël. Pour le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, dont l’organisation compte 22 membres, le chantier ouvert dimanche par Israël pour boucler au moins en partie la Cisjordanie n’annonce rien d’autre qu’un « nouveau Mur de Berlin ». « La menace terroriste qui plane sur Israël nous oblige à ériger un obstacle continu pour stopper les infiltrations de terroristes dans notre territoire », avait déclaré dimanche le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer. Il inaugurait les travaux de construction de cette clôture sophistiquée, dotée d’instruments de surveillance électronique, et qui suivra grosso modo le tracé des quelque 350 kilomètres de la « ligne verte », y compris autour de Jérusalem. En plusieurs endroits, la clôture pénètre en territoire palestinien. Pour le président égyptien Hosni Moubarak, cette clôture défensive « n’est pas utile, elle ne garantira pas la sécurité » d’Israël. « C’est le processus de négociations visant à parvenir à une solution juste et globale qui préservera la sécurité, pour tous. Rien d’autre, ni ce mur ni quoi que ce soit d’autre ». « Des barbelés et des blocs ne garantiront pas la sécurité d’Israël, et l’apartheid qui avait cours dans le sud de l’Afrique ne réussira pas à Israël », a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal. Appui tacite de la Maison-Blanche Cette protection est décriée à la fois par les Palestiniens et par l’extrême droite israélienne, pour des raisons opposées. « Cette muraille de séparation constitue une épouvantable agression, c’est un acte de racisme sioniste et d’apartheid », a affirmé le président palestinien Yasser Arafat. « Il est hors de question, quelles qu’en soient les circonstances, que nous acceptions un tel projet », a-t-il mis en garde. Mais pour l’extrême droite israélienne, la barrière présente le risque de matérialiser définitivement une frontière entre Israël et un futur État palestinien, qu’elle refuse d’accepter. La séparation aura aussi pour effet d’isoler d’Israël les nombreuses colonies juives qui sont éparpillées en Cisjordanie. À Washington, le département d’État s’est déclaré hostile au projet s’il revient à fixer, sans négociation, la frontière entre l’État hébreu et un futur « État palestinien ». « Les questions relevant du statut final, comme les frontières, doivent être résolues par la négociation », a déclaré le porte-parole du ministère Richard Boucher. « Nous nous sommes toujours opposés aux tentatives unilatérales de prendre des décisions sur ces sujets, et notre position n’a pas changé ». Quant à Laura Bush, l’épouse du président George W. Bush, elle n’a pas hésité à se démarquer de l’appui mesuré exprimé par la Maison-Blanche à cette construction. « Je ne vois pas comment une clôture peut être un signe durable de paix », a-t-elle déclaré. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, avait apporté un appui tacite à la décision du gouvernement israélien, affirmant : « Israël a le droit de se défendre », et « prend les mesures qu’il estime nécessaires ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La clôture défensive qu’Israël construit le long de la Cisjordanie pour prévenir les attentats palestiniens suscite l’hostilité des pays arabes, la défiance des États-Unis et des réactions négatives jusqu’en Israël. Pour le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, dont l’organisation compte 22 membres, le chantier ouvert dimanche par Israël pour boucler au moins en partie la Cisjordanie n’annonce rien d’autre qu’un « nouveau Mur de Berlin ». « La menace terroriste qui plane sur Israël nous oblige à ériger un obstacle continu pour stopper les infiltrations de terroristes dans notre territoire », avait déclaré dimanche le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer. Il inaugurait les travaux de construction de cette clôture sophistiquée, dotée d’instruments de surveillance...